Dans son mandement l'archevêque avait parlé en général
de cette guerre déloyale, injuste, peu chrétienne que l'on fait à des catholiques et même à des membres du clergé sous le couvert d'un secret hypocrite que l'on reçoit et que l'on communique sans le moindre remords; il avait mis ses diocésains en garde contre un désordre grave dont une discussion récente et notoire avait révélé une fois de plus l'existence au milieu de nous. Il avait bien le droit comme tout autre, de déclarer dans une lettre que M. Hamel n'avait rien perdu de son estime et de sa confiance. »
S. G. revient ici à sa prétention qu'elle avait « comme tout autre » le droit d'intervenir. Nous avons répondu (N° 82) à cette exorbitante prétention.
85. « L'archevêque expose deux motifs que M. Landry ne trouve pas de son goût, mais qui n'en sont pas moins solides au jugement de tout homme loyal et désintéressé.
a) « Je vous connais (M. Hamel) de trop vieille date et vous » ai vu de trop près à l'œuvre pour ne pas continuer de croire à » votre orthodoxie et à la vérité de votre parole. Et tous ceux » qui vous connaissent seront de mon avis. »
M. Landry appelle cela un principe étonnant qui rend manifeste au public l'aveugle confiance que Sa Grandeur por'e à M. Hamel. »
Et, en effet, c'est un principe étonnant dans la bouche d'un archevêque. Comme le dit plus loin (N° 102) S. G., « il s'agis- » sait ici d'une conversation entre deux personnes dmit l'une
affirme et l'autre nie que certaines choses aient été dit » comment constater les faits? »
Rien de plus facile pour l'archevêque. La confiance en M. Hamel remplacera la justice impartiale que S. G. doit aux doux parties et l'archtevêçpie de Québec donnera à son grandvicaire cette compromettante lettre qu'un ami peut écrire, mais qu'un juge n'oserait jamais signer.
8G. « Est-ce qu'il n'arrive pas tous los jours que devant les tribunaux les bons antécédents d'un accusé soient pris en considération et forment une présomption qui suffit quelquefois pour le faire absoudre? Au contraire, les mauvais antécédents n'entrent-ils pas beaucoup dans l'appréciation de la culj abilité? »
Cette présomption dont parle ici S. G. ne peut §tre invoquée que si la preuve véritable manque. Mais un homme aurait les meilleurs antécédents possibles, il jouirait de l'entière ccufiance de ses supérieurs, tout cela ne l'empêcherait pas d'avoir commis un vol si on le prend un beau jour les mains dans la bourse de son voisin.
D'ailleurs, en fait d'antécédents, — si la doctrine de S. G. vaut quelque chose — ceux du Dr Landry peuvent sans crainte être comparés à ceux de M. Hamel; ils valent pour le moins tout autant, et cela seul aurait dû arrêter S. G. et l'empêcher de donner publiquement le soufflet à un homme qu'elle a vu aussi à l'œuvre et de bien près encore.
87. « M. Landry lui-même, par une étonnante contradiction, cherche aussitôt à s'appuyer sur ce même principe des antécédents pour prouver que l'archevêque a tort d'avoir confiance en M. Hamel. Il porte en effet contre ce monsieur quatre accusations dont il prétend pouvoir donner la preuve aussitôt que Sa Grandeur l'archevêque de Québec le lui permettra. Le tribunal devant lequel la cause est portée n'a pas besoin de la permission demandée. M. Hamel saura bien se défendre et prouver que ces quatre fois-là encore on a dénaturé ses paroles, comme on a dénaturé celles de bien d'autres et même celles de l'archevêque; nous allons le voir à l'instant.
S. G., pour prouver ensuite la vérité de son assertion, en appelle au témoignage de l'archevêque de Québec, qui naturellement, étant le même personnage, dit la même chose.
88. h) «j On m'a si souvent prêté à moi-même, dit l'archevê- » que dans sa lettre, des intentions auxquelles je n'ai jamais songé, » des paroles que je n'ai jamais proférées, des actes qui n'a- » vaient pas même le mérite de la vraisemblance, que pour ce » qui me regarde, je ne m'étonne ni me soucie guère de tous » ces cancans. On va même jusqu'à m'en faire un reproche. Ce » n'est pas que je reste indifférent aux brèches que font à la v
» rite, ;à la charité et à la justice ceux qui inventent ou propa- » gent des accusations mal fondées.
» C'est toujours un grand malheur et souvent un véritable scan-
» dale qu'on ne saurait trop déplorer. La renommée au cent bouches » les colporte et les amplifie, de sorte que bon nombre de per- » sonnes d'ailleurs bien intentionnées finissent par dire : il faut » bien que ce soit vrai, puisque tout le monde le dit. C'est aussi » sur quoi l'on compte pour le succès de ces œuvres de ténèbres. » M. Landry trouve cela compromettant et incompréhensible. Le tribunal en jugera. »
Ce n'est pas tout à fait ces dernières paroles que no as avons trouvées compromettantes et incompréhensibles; S. G. le sait. Ce qui est vraiment compromettant pour l'archevêque et incompréhensible pour nous, c'est le fait que S. G-. ait cru devoir descendre dans la presse et écrire une lettre destinée à devenir publique, lorsque au moment même où cette grave démarche a été entreprise, il y avait devant le tribunal (de l'cfiicialité mie lettre (N° 29) qui devait faire prévoir que ie tribunal de l'archevêque serait saisi de la question jetée en pâture au public par M. Hamel lui-même.
89. « Oui, œuvres de ténèbres, continue l'archevêque, car pen- » dant des mois et même des années entières, on .confie à tout » venant le secret perfide et l'on se garde bien de le dévoiler à » celui-là seul à qui on pourrait le dire sans péché et avec es- » poir de faire cesser le désordre que l'on croit exister. On se » fait étrangement illusion en croyant servir la religion de cette » manière. »
Le tribunal jugera si l'archevêque avait ou non le droit d'écrire ainsi jà l'occasion de faits notoires révélés par une discussion publique dans les journaux. »
Cette dernière prétention de S. G. a déjà eu sa réponse N « 22 et 82;. Et c'est là toute la défense que S. G. peut faire valoir, après cinq mois de réflexions, pour justifier sa compromettante lettre du 4 juin 1883. Avec l'archevêque de Québec, f\( us disons : Le tribunal jugera.