‹ Vers l'abîme (volume 2)Chapitre 84 sur 102 · Les intentions que M. Hamel prête au Dr Landry · texte numérisé non relu

Les intentions que M. Hamel prête au Dr Landry

» Pendant dix ans, M. le Dr Landry est convaincu qu'il connaît contre un grand vicaire un fait grave, tellement grave que lorsqu'il se décide à parler, autant qu'on peut en juger, il en parle à tous ceux qui vont le voir, même accidentellement (et ce, non sous forme de dénonciation évangélique, mais comme triste nouvelle). M. Hamel cherche la raison du silence de 10 ans comparée à ce qui set dit depuis 7 à 8 mois et il n'en trouve aucune de plausible. »

C'est pour cela probablement qu'il se permet de lui en. prêter de son invention.

261. « La raison du danger que la dénonciation évangélique vînt à nuire à M le Dr Landry n'est pas venue à. .l'esprit de M. Hamel, qui avait une trop haute idée de l'honorabilité et de la respectabilité du Dr Landry, pour croire que ce Monsieur pût être; sen sible à la perte de quelques piastres. »

La perte de quelques piastres n'était pas du tout le danger que courait M. Landry, car le Dr Landry, bien que professeur honoraire, ne relirait aucun émolument quelconque de l'Université.

262. « M. Hamel, toujours sous la même impression par rapport à M. le Dr Landry, s'est demandé si oe Monsieur n'aurait pas été arrêté par la crainte de nuire à M. Hamel lui-même. Mais en présence des dénonciations qui se faisaient en conversation privée, et qui étaient bien plus nuisibles à M. Hamel par leur caractère clandestin, puisqu'elles l'empêchaient de se défendre, M. Hamel dut abandonner cette idée ».

Nous ne comprenons pas l'acharnement que met M. Hamel à vouloir trouver un motif quelconque à l'acte du Dr Landry. Ce qui est certain, c'est qu'il lui faut absolument trouver quelque chose.

263. « Dans l'impossibilité de supposer à M. le Dr Landry aucun motif non avouable, il a bien fallu chercher ailleurs. Or, en dehors de M. le Dr Landry, il y a à Québec un groupe de personnes, ayant aux yeux des microscopes qui leur font voir des montagnes là où il n'y ia| que des grains de sable, vraie organisation à l'affût pour découvrir des difficultés religieuses et en faire naître au besoin. Un certain nombre de membres de ce groupe entouraient M. le Dr Landry. D'un autre côté, ce n'est pas faire injure à M. le Dr Landry que d'admettre que la maladie et- les souffrances ont produit sur lui cet affaiblissement physique et moral qu'elles produisent, dans les mêmes circonstances, sur tout le monde, et cela sans qu'il soit nécessaire de croire, que cet affaiblissement aille jusqu'à lui faire perdre la raison (oe que M. Hamel n'a ni pensé, ni dit).

Pures suppositions que tout cela. Où est la preuve qu'un certain nombre du groupe dont parle M. Hamel entouraient le Dr Landry. Nous nions énergiquement cette fausse assertion. Nous nions également que les souffrances physiques aient amené chez le Dr Landry cet affaiblissement moral, que M.

Hamel met voisin de la folie. La supposition est inexacte et elle n'est pas généreuse.

264. « Eh bien! en présence de ces faits et en l'absence d'autres explications plausibles, il était tout naturel de croire que M. le 'Dr Landry, porté naturellement par son propre cours d'idées à sympathiser avec ces personnes, s'était laissé influencer par elles. La grande respectabilité de M. Landry, ses grands bienfaits envers les communautés religieuses, en faisaient une autorité précieuse qu'on n'avait eu garde de négliger. — C'est donc à ces personnes que M. Hamel songea à attribuer la grosse part dans la détermination de M. le Dr Landry à parler après an silence de dix ans. »

Sur la pente des suppositions, M, Hamel glisse à son aise. En l'absence d'explications plausibles, il offre les siennes. Elles n'ont, après tout, crue la valeur des suppositions. Le tribunal ne peut que les mettre de côté.

265. « Encore M. Hamel, pour donner à M. le Dr Landry l'occasion de nier cette influence, si elle ri'èxisTtaif pas, s'est-il contenté de l'indiquer d'une manière dubitative, en disant que. tout en ne voyant pas d 'autre explication, il serait heureux d'apprendre qu'il se trompait dans ses conjectures.

Il în'y a donc pas dans celte partie de la lettre de M.. Hamel d'odieuses calomnies à l'adresse de M. le Dr Landry. Il y a simplement indication dubitative d'une explication plausible et faute d'autre, retombant plus sur un certain groupe d'amis que sur M. le Docteur lui-même; et encore la forme donnée à celle explication appelait-elle une déclaration contraire, dont d'avance M. Hamel se déclarait satisfait, si elle était donnée. — De fait, bien que M. le Dr Landry n'ait donné aucune explication de son silence de dix ans suivi de ses accusations et se soit contenté de nier les explications suggéré, s par M. Hamel, celui-ci a accepté purement et simplement la négation de M. le Dr Landry dans tout ce qui concernait personnellement M. le Docteur, H n'a plus insisté sur ce point, dans ses lettres subséquentes. »

Nous avons déjà répondu a ces prétentions de M. Hamel (N L51, L52 e\ L53),

266. « Nota. Monsieur A.-C.-P.-R, Landry fait semblant de croire que M. Harael, par ces mots « un certain parti » désigne le parti conservateur, et par l'autre le parti libéral. M. A.-C.-P.-R,. Landry sait mieux que cela. Il sait que M. Hamel n'a pas de parti politique; et il sait aussi, que sous la plume de M. Hamel ce certain parti désignait le groupe d'hommes à idées exagérées dont la Vérité est l'organe. »

M. Landry accepte volontiers les explications de M. Hamel. Ce qui a contribué puissamment à faire croire à M. Landry que M. Hamel visait ie parti conservateur, c'est la phraséologie même employée : « et certain parti, dit-il, pourra continuer de se vanter qu'il n'y a pas de prêtres francs-maçons de son côté, mais qu'il y en a de l'autre. »

Il s'agit de prêtres francs-maçons appartenant à un parti et n'appartenant pas à l'autre. Or, s'il était agi uniquement du groupe, nous ne pensons pas que M. Hamel se fût exprimé die la sorte; nous savons, d'ailleurs, que M. le grand-viaire n'ap.partient pas au parti conservateur, nous savons aussi que les libéraux réclament M. Hamel comme un des leurs. Mais, poiisque M. Hamel veut appliquer ces paroles au groupe qu'il dénonce, nous n'avons aucune objection à ce changement qui donne à ce certain parti une importance qu'il ne pensait pas avoir.

Ne us laisserons au» groupe d'hommes à idées exagérées, et dont l'organe est la Vérité, la tâche facile de se défendre contre les imputations de M. Hamel.

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