‹ Vers l'abîme (volume 3)Chapitre 14 sur 33 · ÊTRE IMPOSSIBLE A UN MOMENT DONNÉ · texte numérisé non relu

ÊTRE IMPOSSIBLE A UN MOMENT DONNÉ

Quel soufflet, je le demande, monsieur le Directeur, pouvait être plus insidieusement infligé à NN. SS. les Evêques, et, dans la pereonne de leurs Evêques, à tous les catholiques du pays ?...

Tel est, ajoute M. Ouimet, l'esprit de nos lois scolaires, qui ne veulent que des écoles confessionnelles ! »...

« Pas d'école sans enseigneme/it religieux. » — Mais, dirons-nous, que sera, que pourra bien devenir l'enseignement religieux, si les écoles dépendent de l'Etat, si les parents chrétiens et même les évêques n'ont plus de droits à exercer dans « une matière » comme l'éducation, « où, pourtant, la Religion a à jouer le premier rôle * ? si des lois sur l'éduca-

tion, c'est-à-dire sur la formation chrétienne des enfants^ peuvent être présentées à la législature et être sanctionnées par le pouvoir civil, sans avoir été approuvées par l'Autorité ecclésiastiqua, ni même lui avoir été soumises ? Et telle est la formule du gouvernement, des instituteurs, de M. Ouimet, et de son département !...

Et c'est dans un pa^"s catholique comme le nôtre qu'un pareil langage se ferait entendre, sans soulever de toutes parts des protestations indignées !

Voilà, certes, matière à de sérieuses et utiles réflexions pour tous nos concitoyens : ii s'agit de l'éducation, de la plus importante des grandes questions sociales qui se débattent aujourd'hui.

Je suis intimement convaincu, ^Monsieur le Directeur, que notre avenir national dépend surtout du soin que nous mettrons à maintenir l'éducation de nos enfants sous le contrôle de la famille et de l'Eglise, en tenant strictement l'Etat et ses fonctionnaires hors de V école.

Voilà pourquoi, bien que n'ayant pris aucune part ni à la politique, ni aux affaires publiques depuis près de trente ans, j'ai cru devoir attirer l'attention de mes concitoyens sur ce qui se trame contre l'éducation chrétienne du peuple canadien en certains quartiers, et, en particulier, sur ce dont M. le surintendant Ouimet est capable lui-même sous ce rapport.

En vous demandant pardon pour cette lettre vraiment trop longue, je vous prie d'agréer, iMonsieur le Directeur, otc.

Montréal, 8 jaavier 1&85-

Jeax-Baptiste.

U Etendard insérait ie 16 janvier, même année, à propos de la correspondance de Jean-Baptiste :

NOTRE SYSTÈME d'ÉDUGATION' : COMME^-T IL EST I>-TERPRÉTÉ ET MIS E>- OPÉRATIO>- PAR LE BUREAU DE l'jXSTRUCTIOX PUBLIQUE

Notre correspondant Jean-Baptiste est certainement l'un des hommes les plus éclairés de notre province... Sa volumineuse lettre

contient de précieuses informations et des appréciations non moins précieuses,..

La question qui se pose au public est toujours la même : Quels sont les droits respectifs de l'Eglise, de la famille et de l'Etat en matière d'éducation ?

En France, la libre-pensée et après elle la franc-maçonnerie qui s'est constituée l'exécutrice des volontés de l'athéisme et de l'impiété, ont entrepris de créer, en faveur de l'Etat, un droit supérieur sur l'éducation. C'est le Césarisme sous sa forme la plus hideuse. Leur but évident a été de soustraire l'âme des enfants à la salutaire influence de l'Eglise, aussi bien qu'à la direction du père de famille. On a établi l'athéisme social dans le gouvernement de l'Etat ; au moyen du monopole de l'Etat on entend le propager, par l'enseignement, au cœur même des populations. Et combien, hélas ! ne réussit-on pas, malheureusement ! Voilà que la France dégénérée offre, dans plusieurs des sphères de son organisation sociale, des signes évidents de décadence et un retour prononcé à la barbarie payenne. Les persécutions religieuses accomplies depuis 5 ou 6 ans au nom de l'Etat, c'est-à-dire au nom de la nation, l'impiété triomphante, la tyrannie sauvage du libéralisme impie qui y règne en maître, des scènes de mœurs comme en présentent les procès Clovis Hughes, Savary, etc., et les sympathies bruyantes qui se manifestent pour les criminels de tout calibre : tout cela constitue des indices manifestes d'une effroyable décadence morale.

La question est de savoir si nous allons suivre notre vieille mèrepatrie dans toutes ces aberrations.

Eh bien ! pour tout juge parfaitement compétent, il y a des raisons de le crainare. S'il est vrai que ceux qui sont à la tête de notre administration scolaire sont généralement de bons catholiques et que, par conséquent, l'on doive supposer que les mtentions sont bonnes, leurs actes au moins sont très dangereux. De fait, ils sont, dans une certaine mesure, les mêmes que ceux par lesquels on a réussi, dans plusieurs pays catholiques de l'Europe, à déchristianiser l'éducation. L'on travaille avec une persévérance incroyable à réaliser ici les programmes maçonniques du fameux F.*. Macé. On poursuit d'une aveugle prévention, sinon d'une grande haine, les écoles dites congréganistes : on travaille à séculariser l'enseignement. Surtout, comme le démontre notre correspondant, on défend unguibus et rostre le principe de la suprématie de l'Etat dans l'enseignement. Si, de fait, l'on veut bien mettre des prêtres à la tête des écoles normales, on persiste à les y considérer comme fonctionnaires de l'Etat, placés sous son contrôle. On veut bien agréer les conseils et les observations de l'Autorité ecclé-

siastique : mais on maintient le principe que le bureau d'éducation n'est pas obligé de les suivre et qu'il ne relève que de l'Etat.

Avec des gouvernements animés de bonnes intentions, cet état de choses peut, pratiquement, ne pas produire dans l'enseignement de résultats immédiatement mauvais. Mais le faux principe est posé ; en vertu de ce principe, on pourra, quand on voudra, ignorer l'Eglise, son autorité et sa doctrine, A la place du prêtre, on pourra mettre un athée. Comme de raison, on n'en viendra pas là de suite. On n'y est pas non plus arrivé brusquement en France, en Belgique, etc. On commencera à donner la suprématie à des laïques, excellents catholiques si l'on veut, mais dont la suprématie sera une affirmation du contrôle laïque et la négation du contrôle de l'Autorité ecclésiastique. D'un autre côté, on substitue l'autorité de l'Etat à celle du père de famille ; autorité d'abord exercée par de bons catholiques, mais qui, plus tard, exercée par des libres-penseurs, achèvera de détruire l'autorité paternelle et l'influence de la famille chrétienne dans l'éducation.

De cette façon, on détruit petit à petit le principe catholique en matière d'éducation, lequel peut se résumer comme suit :

1» L'Etat hors de l'Ecole ;

20 L'éducation des enfants placée sous le contrôle des pères de famille agissant sous la direction, l'enseignement et la haute autorité de l'Eglise.

Le Journal des Trois-Rivières (5 février) ajoutait sur le même sujet :

La Déclaration Mousseaii^ surtout teUe qu'interprétée et accentuée par la Déclaration Ouimet {Rap. officiel du Surintendant de l'Instruction publique, année 1881-82) constitue à nos yeux la plus sanglante injure qui, de mémoire d'homme, ait été lancée à la figure de nos évêques et de la nation par des fonctionnaires de l'Etat. Oui, répétons-le, les Déclarations Mousseau et Ouimet, voilà des pièces, chefs-d'œuvre d'un libéralisme aussi fourbe qu'audacieux, qui passeront certainement à l'Histoire, où elles demeureront comme un monument de honte pour l'école libérale qui les a inspirés.

Le moins que des catholiques puissent faire, c'est de protester hautement et énergiquement contre de telles indignités. Canadiens, dégageons notre responsabilité !

Protestons de toutes nos forces contre des actes officiels qui

s'émettent et dierchent è s'imposer en notre nom. Que l'Etat et ses fonctionnaires rentrent dans leur sphère légitime f Qu'ils sortent de. l'école qu'ils ont injustement envahie en foulant aux pieds les droits inviolables de la famille et de l'Eglise en matière d^éducation !

Le mouvement vers le laîcisme, on le voit, s'accentue visiblement ; le danger grandit ; soyons sur nos gardes ! Que tout bon citoyen observe bien ce qui se passe autour de lui et qu'il ne néglige aucune occasion de dénoncer les laïciseurs et d'arracber les masques.

Les intrigues sont à l'ordre du jour au département de l'Instruction publique ; mais les intrigants se trompent, s'ils espèrent échapper à la censure en payant d'audace...

Ce qu'il nous faut désormais,, ce sont des bills d'éducation qui nous rapprochent n^n de l'idéal maçonnique, mais de l'idéal chi^étien, des bills qui reconnaissent expressément les droits de la famiUe et de l'Eglise, qui reconnaissent surtout les droits inhérents à la charge épiscopale et fassent disparaître de notre Code ces lacunes et ces équivoques dont certains hommes entendent tirer parti pour la réalisation de leurs mauvais desseins.

Qui ne voit l'absurdité et le danger de donner à l'Etat un contrôle plus ou moins étendu sur la formation chrétienne de l'enfance, de mettre de simples laïques sur un pied d'égalité avec les évéques dans un Conseil chargé de diriger l'éducation ?

Quelle confiance peuvent inspirer à un catholique certains membres du Conseil, tels que MM. P. S. Murphy, A. Jette,' P. J. O. Chauveau et Gédéon Ouimet ?

Personne n'ignore ce que sont ces messieurs : P.. S. Murphy, le malhonnête instrument dont a voulu se servir pour consolider à Montréal la machine libérale appelée la commission scolaire unique ; P. S. Murphy, qui calomnie et vilipende nos Religieux, nos religieuses, nos prêtres et même nos évêques ; qui est connu de tous a Montréal comme un catholique de nom seulement, — l'honorable A. Jette, celui-là même, qui en plein palais de justice, alors même qu'il défendait une cause catholique, se déclara l'ad- "

- Ui -

mirateur enthousiaste des « immortels principes de 89 » {sic) ; et qui prit soin, un jour que pour tromper les catholiques il simulait une conversion, de faire savoir aux siens qu'il continuait de s'entendre avec les anciens du parti rouge, avec les Dorion, les Laflamme, les Doutre, etc., — M. Chauveau, soi-disant conservateur, vieux coryphée de l'école libérale canadienne, qui, non content d'avoir implanté parmi nous la plupart des principes des lois et des institutions scolaires dont la franc-maçonnerie a doté notre malheureuse mère-patrie, s'efforce encore aujourd'hui, en inspirant à d'autres son esprit de laïcisation, d'empêcher tout retour de la part de nos concitoyens à des pratiques et à des lois plus en harmonie avec nos vieilles traditions nationales et les enseignements de l'Eglise en matière d'éducation, — enfin M. Ouimet, dont l'esprit est assez connu aujourd'hui,, grâce à ses bills frauduleux et à son inqualifiable hostilité envers nos congrégations enseignantes.

Encore une fois, quelle confiance de tels hommes peuvent-ils inspirer à, des catholiques, lorsqu'il s^agit d'éducation, de formation chrétienne ?

Il nous est absolument impossible de comprendre comment même le laïque le plus orthodoxe et le plus pieux pourrait légiti' mement liguTer comme V égal des éçêques dsins, un Conseil d'éducation quelconque : et l'on voudrait nous voir garder le silence et notre sang-froid à la vue des personnages susdits mis sur un pied d'égalité avec nos évêques dans le Conseil de l'Instruction publique, et ayant comme NN. SS. voix délihérative dans des questions qui touchent de si près à la vie intellectuelle et morale de nos enfants, à Favenir de nos familles, de la patrie et de la religion !

Nous reconnaître des laïques, surtout de tels laïques, comme de& auxiliaires éclairés et compétents^ dont la sagesse mettrait le gouvernement à Vahri de toute erreur, une matière aussi importante^ dans une matière où dans la religion a à jouer le premier rôle ?

Non, jamais l

Pour atteindre leurs fins, les insinuations perfides, les affh^ma-

lions audacieuses, les basses calomnies ne coûtaient guère à ces laïques réformateurs. Nous avons eu en France la stupéfiante cabale dont les catholiques furent victimes en la personne du frère Flamidien ; certaine loge de Montréal pour disqualifier les congressistes eucharistiques n'ourdit-elle pas un complot dont l'infamie est dans les manières maçonnique. Et voici ce qu'à l'époque on trama contre les Frères des Ecoles chrétiennes au Canada.

C'est le R. F. Arnold, des Ecoles chrétiennes, directeur de l'école de la paroisse Sainte-Anne, à Montréal qui s'adresse aux membres du Conseil de l'Instruction publique. La protestation se passe de commentaires.

Aux honorables membres du Comité catholique du Conseil de V Instruction publique.

Honorables Messieurs, Dans le Rapport de M. le Surintendant de l'Instruction publique, année 1882-1883, nous lisons ce qui suit :

« La proposition suivante est faite par l'honorable sir N. F. Belleau :

« Que le Comité regrette infiniment de lire dans VEtendard, novembre 89, publié samedi dernier, une grave accusation faite par M. P. S. Murphy, lequel aurait cherché, l'automne dernier, à séparer les Frères Directeurs des écoles chrétiennes du Frère Provincial des dites écoles, qu'il représentait comme ayant été blâmé par un des évêques de la Province à une réunion du Conseil de l'Instruction publique ; que cette accusation est une injure et un manquement aux convenances, aux usages et aux bons rapports admis et tacitement convenus dans toutes les communications, soit confidentielles, soit d'une manière collective par et entre les membres de ce comité, le secret étant toujours supposé à moins d'une entente contraire. »

« L'honorable juge Jette, secondé par le Dr. Painchaud, propose en amendement :

« Que M. Murphy ayant déclaré au Comité qu'il n'avait jamais dit qu'un évêque de la Province avait blâmé le Frère Provincial des Ecoles chrétiennes, ainsi que rapporté par le Fr. Arnold dans une lettre publiée par le journal \ Etendard, et que les propos ainsi rapportés n'ont jamais été tenus à aucune séance du Comité, celui-ci accepte la dite déclaration et refuse de s'occuper davantage de ces prétendues révélations de conversations privées »

« Cet amendement est adopté à l'unanimité (1). »

Ce fait, rendu public par un document officiel, m'oblige, quoiqu'à regret, à revenir sur la conduite inqualifiable de M. P. S. Murphy, et de vous demander, Honorables Messieurs, que, en cette question, justice soit rendue à chacun selon ses dires et ses œuvres.

M. P. S. Murphy a l'honneur d'être membre du Conseil de l'Instruction publique ; votre serviteur n'est qu'un modeste religieux instituteur ; néanmoins, il a besoin, pour l'acquit de son devoir, d'une réputation intègre ; or, M. P. S. Murphy y a gravement porté atteinte dans son témoignage devant votre Comité : pour se couvrir d'une calomnie qu'il a commise envers notre cher Fr. Provincial, il s'en permet une nouvelle à mon égard.

Permettez-moi donc, Honorables Messieurs, de vous exposer avec toute la lucidité possible, un incident que M. P. S. Murphy semble embrouiller à dessein.

J'ai affirmé que, en 1882, M. P. S. Murphy m'a fait le récit d'une plainte d'un évêque contre notre cher Fr. Provincial ; M. P. S. Murphy nie ce récit : lequel de nous deux confesse la vérité ? lequel la trahit ? Ce qui va suivre vous permettra de résoudre la question.

En octobre 1882, M. P. S. Murphy vint un soir à Sainte- Anne et me parla de la session du Conseil de l'Instruction publique qui venait d'avoir lieu à Québec. Sans me préciser si le fait avait eu lieu en séance plénière du Comité catholique ou simplement en sous-comité, il me dit que notre cher Fr. Provincial avait été fortement blâmé par Mgr de Sherbrooke au sujet des articles qu'il aurait publiés dans le Monde de Montréal contre MM. les Commissaires d'écoles de cette ville ; que, s'il avait été alors en Canada, ces Messieurs l'auraient fait arrêter et jeter en prison ; ce qui aura lieu, ajouta-t-il, si jamais il y rentre. Ils l'eussent déjà fait si Mgr de Montréal ne fût intervenu dans cette affau-e et n'eût demandé qu'il n'y eût aucune poursuite contre notre cher F. Provincial, à cause du scandale qui en résulterait pour son diocèse.

Dans une visite que deux confrères et moi, nous fîmes quelques jours après à M. P. S. Murphy au sujet de nos écoles, ce Monsieur ramena encore cette même question et nous tint les propos les plus outrageants pour notre cher frère Provincial et pour NN. SS. les évêques de Montréal et de Saint-Hyacinthe, ainsi que le prouvent les trois documents suivants :

l*' Le soussigné déclare solennellement que lors d'une visite qu'il fit de juin 1882, à M. P. S. Murphy, Commissaire des Ecoles catholiques

(1) Rapport du surintendant de l'Instruction publique de la Province de Québec -année 1882-1883, p. 385.

de Montréal, il entendit de la bouche de ce Monsieur des paroles fort irrespectueuses à l'égard de Nos Seigneurs Fabre et Moreau, qui étaient traités de nullités et de notre cher Fr. Provincial qu'il noua représentait comme l'auteur des troubles que souffrent MM. les Commissaires d'Ecoles de Montréal, et un sujet compromettant pour notre Institut. De telles appréciations me parurent inspirées par un bien mauvais esprit et me scandalisèrent dans la bouche d'un Commissaire d'Ecoles catholique, et n'eurent d'autre effet que de fortifier en moi le respect envers Nos Seigneurs de Montréal et de Saint- Hyacinthe et mon attachement à notre cher Fr. Provincial qui se dévoue d'une manière si admirable aux intérêts de la religion et de notre Institut.

Cette déclaration, je la fais solennellement, la croyant consciencieusement vraie, et en vertu de l'Acte passé dans la trente-septième année du règne de Sa Majesté pour la suppression des serments volontaires et extra-judiciaires.

Et j'ai signé :

Montréal, 13 juUlet 1884.

Fr. Maurilius, Directeur de V Ecole S oint- Joseph^

Attesté devant moi à Montréal, ce 17^ jour du mois de juillet, 1884. Signé : A. C. Décary, C. C. S., N. P.

2^ I, the undersigned, Brother Narcissus Denis, Director o£ the Bishop's Academy, \Iontreal, do solemnly déclare the following :

In a conversation I had in June 1882, with P. S. Murphy, Esq,, Catholic School Commissioner for the City of Montréal ,the said Commissionner made use of very unbecoming language in référence to our Brother Provincial and several of the Roman Catholic Bishops of this Province.

Amongst other things, he said, ist that our Provincial was unworthy of our confidence, as he was the cause of the troubles that exist hère about school matters, and that twenty years would not suffice to repair the injury he did to the Institute of the Brothers of the Christian Schûols since his arrivai in Canada ; 2nd that the Bishops of Montréal and Saint- Hyacinthe were useless members in the CouncU of Public Instruction, and were it not for him (Mr. Murphy) the district of Montréal, would be entirely neglected at the Council.

I make this solemn déclaration conscientiuosly believàng it to be

true, and by virtue of an Act passed in the thirty-seventh year of the reign of Her Majesty, entitled, Act for the suppression of voluntary and extra-judiciary oaths.

Bro Narcissus Denis.

Declared before me at Montréal, this 25th July A. D. 1884.

Signed : A. B. Brogan, Notary Public for the Province of Québec, District of Montréal.

Tourmenté par la manie de calomnier et de poursuivre notre cher frère I\I. P. S. Murphy varie ses thèmes afin de leur donner une ampleur plus imposante. Dans le récit qu'il me fit à Sainte-Anne, il ne mit en scène que deux Evêques, Mgr Racine et Mgr Fabre : tous deux reconnaissent culpabilité en ce cas, mais diffèrent sur la mode réparation, le premier invoquant contre l'accusé la rigueur des lois humaines ; le second invoquant, dans l'intérêt de la paix de son diocèse, les lois de la charité chrétienne. Auprès d'un autre confrère, frère Andaine, directeur à Sainte-Marie de la Beauce, ]M. P. S. Murphy met en scène un troisième évêque que, par prudence, il ne nomme pas et qui serait, dit-il, disposé à renvoyer tous les Frères de son diocèse, s'il pouvait commodément les remplacer. Mais laissons la parole à ce confrère :

3" Je, soussigné, Fr. Andaine, Directeur du Gjllège commercial de Sainte-Marie de la Beauce, déclare solennellement que, lors d'un voyage que je fis l'an dernier à Montréal pour relever devant la Commission royale des choses inexactes affirmées devant la dite Commission par M. P. S. Murphy, Commissaire des Ecoles cathohques de ladite ville, ce Monsieur me tint contre notre cher Fr, Provincial des propos étranges et, dans un but manifeste d'exciter du trouble et des divisions parmi nous, me dit que, dans un entretien qu'il eut avec un évêque de la Procinve de Québec, cet évêque dit à M. P. S. Murphy qu'il renverrait tous les Frères de son diocèse, s'il pouvait les remplacer, me promit des récompenses pour tous les élèves de notre collège de Sainte-Marie, et sur toutes ces communications me pria instamment de garder le silence.

Cette déclaration, je la fais solennellement la croyant consciencieusement vraie, et en vertu de l'Acte passé dans la trente-septième année du règne de Sa Majesté pour la suppression des serments volontaires et extra-judiciaires.

Et j'ai signé :

Fr. AxDAiNE, Directeur.

Affirmé solennellement devant Nous, Notaire, soussigné, résidant à Sainte-Marie de la Beauce, ce seize du mois de juillet, mil huit cent quatre-vingt quatre.

Signé : Thos. Lessard, N. P.

n ne peut être question ici, honorables Messieurs, ni de Mgr de Sherbrooke, qui n'a pas de nos Frères dans son diocèse, ni de Mgr de Montréal, qui nous donne chaque jour des preuves si sensibles de son inaltérable dévouement. C'est donc un troisième Evêque qui partage les sentiments hostiles de M. P. S. Murphy contre notre cher frère Provincial. Il faut avouer que si notre respect filial et notre attachement à notre vénéré supérieur n'ont point été altérés, on n'en peut faire aucun reproche à M. P. S. Murphy,

Malgré la déclaration faite par notre cher frère Provincial dans sa note à M. Coursol, président de la commission royale, de n'avoir « ni écrit ni inspiré un seul des articles du Monde contre MM. les commissaires d'écoles de Montréal » (1), M. P. S. Murphy s'obstine à l'accuser et laisse rarement échapper une occasion de lancer contre lui, devant ceux de nos Frères qu'il rencontre, les propos les plus injurieux.

L'affidavit ci-après justifiera ma proposition :

Le soussigné certifie solennellement que le 20 juin 1884, assistant à la distribution des prix de l'Ecole Belmont, rue Guy, Montréal, M. P. S.

(1) M P. S. Murphy aurait du comprendre que tout le temps que dura la polémique du Monde, le frère Provincial accompagnait le frère Assistant aux Etats- Unis, à Baltimore, à Saint-Louis et à la Nouvelle-Orléans. A quatre joars de distance de Montréal, pouvait-il échanger dans le Monde des articles tous les quarantehuit heures ?

Murphy, Commissaire des Ecoles catholiques de la dite ville, lui a tenu des propos fort irrespectueux à l'endroit du cher Fr. Provincial, •'^u'il a qualifié d'étranger et auquel il attribue les difficultés qu'ont rencontrées les Commissaires des Ecoles catholiques de Montréal.

Malgré la déclaration formelle qu'a faite le cher Fr. Provincial dans sa note à M. Coursol, président de la Commission royale, de « n'avoir ni écrit ni inspiré aucun des articles publiés par le Monde au sujet des écoles de Montréal, » M. P. S. Murphy m'a affirmé que ces articles viennent de la rue Cotté ; qu'il peut prouver que ce sont les Frères qui les portaient au Monde et qu'il n'est nul besoin d'enquête sur ce point.

Après cette accusation fort gratuite, M. P. S. Murphy m'a recommandé instamment de ne révéler à personne les communications qu'il venait de me faire, ajoutant naïvement que si j'en parlais à quelqu'un « il ne m'aimerait pas. »

Ces déclarations, je les fais solennellement comme étant en tout conformes à la vérité et en vertu de l'Acte passé dans la trente-septième année du régne de Sa Majesté pour la suppression des serments volontaires et extra-judiciaires.

Fait aux Trois- Rivières, ce 13 août 1884,

Fr. SiGEBERT-KiNG,

Sous-Dir. de Saint-Joseph.

Pris et reçu devant moi aux Trois-Rivières, le 13 août 1884. Signé : G.-A. Bourgeois, J. P.

Du reste, honorables Messieurs, ce langage de M. P. S. Murphy n'a pas lieu d'étonner après celui qu'on l'a vu tenir contre NN. SS. les évêques devant trois religieux et même devant des séculiers, ainsi que l'a prouvé la Déclaration faite par M. le D^" Desjardins à la commission royale.

Pour atténuer sa faute, M. P. S. Murphy déclare, devant le Comité du Conseil de l'Instruction publique, que les propos dont parle sir N. F. Belleau « n'ont jamais été tenus à une séance du Comité. »

Par cette excuse, un point paraît acquis : M. P. S. Murphy a accusé le cher frère Provincial, mais il ne l'a pas fait « à une séance du Comité. »

Une telle déclaration ne semblerait rien moins qu'une échappatoire pour éviter la juste sévérité de la proposition de sir N. F. Belleaa, et on se demande ce que vaut cette dénégation en face des affidavit qui confirment la version de VEîendard. Si M. P. S. Murphy a parlé sincèrement devant le Comité, je le prie respectueusement de donner sa déclaration sous la forme juridique adoptée par ses contradicteurs.

Mais admettons un instant, honorables Messieurs, que, en cette dernière hypothèse, M. P. S. Murphy parle selon la vérité et que l'accusation qu'il a portée contre naive cher frère Provincial, l'ait été privément ; ce fait, pour cela, ne serait pas moins odieux de la part d'un commissaire d'écoles catholique, d'un membre du Conseil de-l'Instruction publique contre un religieux représentant d'un supérieur d'Ordre, et dont l'unique tort, tort impardonnable, paraît être d^'avoir démasqué, en 1880, les indélicatesses de M. P. S. Murphy, d'avoir dévoilé, et les tentatives de MM. les commissaires pour nous imposer leurs livres et leurs méthodes, et l'équité qu'ils gardent dans la répartition des deniers publics entre nos écoles et les écoles laïques. En ce cas même, les dires de M. P. S. Murphy ne seraient pas moins une noire calomnie, puisque Mgr de Sherbrooke, dans une lettre au cher frère Provincial, nie le fait qu'affirme M. P. S. Murphy. Quod gratis asseritiir, gratis negatur, dit Sa Grandeur.

Sur les explications d'une seule des parties intéressées, M. P. S. Murphy, votre Comité tire des conclusions qui me paraissent très indulgentes : « il accepte, dit-il, la déclaration et refuse de s'occuper davantage de ces prétendues révélations de conversations privées. »

Permettez-moi, honorables Messieurs, quelques réflexions sur «es indulgentes conclusions :

l** Selon M. P. S. Murphy devant le Comité, ces révélations sont privées ; selon M. P. S. Murphy devant mes confrères et moi, elles sont publiques : Je vous laisse, honorables Messieurs, à. décider où le témoignage de M. P. S. Murphy inspire plus de confiance : à Montréal, où il cherche à semer la zizanie dans notre

paisible famille, où à Québec, quand il cherche à imputer sa propre faute à votre humble serviteur.

2^ On ne saurait voir une conversation prwée dans l'entretien de M. P. S. Murphyavec Mgr de Sherbrooke ; l'origine, le but et les circonstances de cette communication —lui donnent un caractère public ; et si M. P. S. Murphy a parlé ainsi à Mgr de Sherbrooke, rien n'empêche d'admettre qu'il a pu parler de même à d'autres évêques, et, sans s'exposer aux dangers d'une accusation publique, atteindre sa fin qui était d'aliéner le cher frère Provincial dans l'esprit de l'Episcopat de la Province. Une telle conduite, au dire de sir N. F. Belleau, n'en serait pas moins indigne d'un membre du Conseil de l'Instruction publique, puisqu'elle est « une injure et un manquement aux convenances, aux usages et aux bons rapports admis et tacitement convenus dans toutes les communications, soit confidentielles soit d'une manière collective par et entre les membres du Comité le secret étant toujours supposé à moins d'une entente contraire. »

L'entente n'a pas eu lieu puisque l'acte de M. P. S. Murphy est l'objet d'une proposition de blâme ; par conséquent, M. S. P. Murphy a assumé à sa charge outre une calomnie contre le cher frère Provincial « un manquement aux convenances, aux usages et aux bons rapports admis » entre les honorables IMembres du Conseil de l'Instruction publique.

3° Si le Comité chargé d'examiner la proposition de sir N. F. Belleau avait pris le témoignage des deux parties intéressées, il se fût montré moins indulgent pour un collègue. Par ce moyen, il aurait acquis la conviction qu'un fait accompli en de telles circonstances n'est point un acte privé^ mais un vrai acte public. j\ul doute à cet égard si on pèse les raisons suivantes :

— Il est inadmissible que M. P. S. ]\Iurphy ait fait confidence à Mgr de Sherbrooke des méfaits supposés du cher Provincial pour que Sa Grandeur gardât sur ce un silence absolu ; mais, au contraire, pour qu'Elle dénonçât le coupable à la vindicte de tout l'Episcopat de la Province.

— Ce n'est pas un seul évêque qui est informé de ces méfaits,

mais trois : Mgr de Sherbrooke qui demande la prison pou'' le coupable, "Mgr de Montréal qui plaide indulgence et un troisième évêque qui renverrait tous les Frères de son diocèse s'il pouvait les remplacer. C'est presque la moitié de l'Episcopat de la Province.

— L'intervention de l'évêque a été encore invoquée devant la commission royale. Là, ce qui est très grave, M. P. S. Murphy a déclaré, sous la foi du serment, le fait qu'il nie aujourd'hui devant votre Comité.

« Il dit que le Fr, Réticius, provincial des Frères, avait publié des correspondances dans les journaux accusant les Commissaires de négligence coupable surtout en rapport avec l'école Sainte-Brigide. Le témoin, pour expliquer la conduite de la Commission à l'égard de cette école et des accusations du Fr, Réticius, rapporte une conversation qu'il aurait eue à une des assemblées du Conseil de l'Instruction publique, à Québec, avec l'un des évêques. Pendant cette conversation, cet évêque a dit qu'il croyait que les accusations du Fr. Réticius n'étaient pas fondées et que la Commission aurait eu raison de poursuivre le Fr. Réticius pour diffamation et de le poursuivre en même temps au civil (1). »

Notre cher frère Provincial écrivit alors à M. le Président de la commission royale le priant de lui communiquer le texte de la déposition de ^I. P. S. Murphy. Cette lettre fit comprendre au témoin calomniateur dans quelle impasse il s'était imprudemment engagé ; il voulut biffer la partie compromettante de son témoignage, ce à quoi s'opposèrent énergiquement plusieurs personnes. Le Monde et VEtendard relatent cet incident en ces termes : « M. Davidson, qui occupait le fauteuil, annonça qu'il avait reçu une lettre du Frère Réticius, où celui-ci proteste contre certaines parties du témoignage de M. P. S. Murphy. Le Frère Réticius mentionne surtout la partie du témoignage où M. Murphy parle des conversations qu'il aurait eues avec les Frères

(1) Monde, 17 février 1883 ; Etendard, 17 février 1883.

au sujet des écoles ; il demande en même temps qu'on lui fasse parvenir une copie de cette déposition.

M. Davidson dit que M. Murpky avait demandé à biffer les parties de son témoignage où il parle de sa conversation avec Vévêgue.

M. Monk, avocat de la Commission, proteste contre les termes de la lettre du frère Réticius (1). »

Le Post confirme en ces termes la relation du Monde et de VEtendard : « Mr. Murphy said : I wish to withdraw, whatever I stadet about my conversation with the Bishop referred to as it took place in the Council chamber and should be held private (2).»

M. Monk proteste contre la communication à la presse de la lettre du cher frère Provincial. Incriminer la forme pour distraire du fond, c'était un tour d'avocat ; mais si la forme péchait, la meilleure leçon à faire à l'auteur n'était-ce pas de livrer la lettre à la presse ? M. Monk s'en est bien gardé ! Accuser la forme, tel a toujours été le grand argument de ceux qui ne peuvent attaquer le fond. « C'est violent, dit-on, c'est inopportun. »

M. Davidson comprit la pensée de M. Monk et écrivit, le 19 février, au cher frère Provincial :

« I hâve communicated the same (the letter) to my brother Commisioners and in reply beg to say that at the session of the Commission held on Satuday afternoon last Mr. Murphy made déclaration that he wished to withdraw and withdrew the statements made the préviens day in référence to certain conversation alleged to hâve taken place, and statements made thereat in référence to yourself. »

Cette réponse équivoque ne donnait qu'une partie de la vérité ; un témoin la compléta en ces term.es par une note adressée le 20 au cher frère Provincial :

« Le lendemain de son témoignage, M. P. S. Murphy déclara qu'il voulait retirer ce qu'il avait dit à votre sujet « parce qu'il ne croyait

(1) Monde, 21 février 1883.

(2) The Post February 19th, 1883.

pas devoir révéler une conversation qui avait eu lieu dans la chambre du Conseil de l'Instruction publique et qui devait rester privée. » Mais il ne m'a pas dit qu'elle ne fût absolument correcte et conforme à la vérité. En sorte que la Commission royale devra rester sous l'impression qu'il a dit la vérité. »

Il semble inutile, honorables Messieurs, de faire ressortir ce qu'il y a de perfide dans la conduite de M. P. S. Murphy en cette circonstance : il lance d'abord le trait de la calomnie, puis il l'enionce davantage sous le masque d'une feinte rétractation.

M. P. S. Murphy récuse le témoignage de V Etendard ; récusera-t-il aussi celui du Monde et du Post ?

Récusera-t-il aujourd'hui son témoignage du 16 février 1883 ?

Voici ce qu'il disait, sous le foi du serment, devant la Commission royale :

« About that time (1) there arrived from France the Brother Provincial Reticius, a stranger who knew nothing about the country and he commenced abusing us, the School Commissioners, and lay éducation in the newspaper. This caused a grat deal of ill-feeling ail around. In a conversation held lately about this in the Council of Public Instruction one of the Bishops présent advised us to take a Criminal action against Brother Reticius for slander and a civil action for libel. This Bishop said : / understand he is writing another pamplhet against you ! The only way to stop Mm is to hâve him arrested. Mon avis est de le faire arrêter.

Et le jour suivant, 17 février, M. P. S. Murphy reparaît devant la Commission et demande à faire entre autres corrections la suivante :

« I wish to whithdraw whatever I stated about my conversation with the Bishop referred to, as it took place in the Council chamber and might be considered as private. »

Abrité derrière sa feinte rétractation, protégé par la note de M. Davidson, M. P. S. Murphy semble hors de toute atteinte.

(1) En 1880.

C'est en vain que le cher frère Provincial demande justice ; ses lettres s'égarent ou demeurent sans réponse ; ce n'est qu'à la dernière heure, qu'il peut faire parvenir à M. Q)ursol la note dans laquelle il expose les faits et relève les accusations injustes portées de divers côtés contre notre Congrégation.

Le même défaut de véracité se retrouve chez M. P. S. Murphy, dans son témoignage touchant l'école Sainte-Brigide. Il accuse le R. M. Lonergan, curé de cette paroisse, d'un détournement de $ 400 ; puis il ajoute :

« Ayant été aux renseignements auprès des Frères, j'ai appris qu'ils n'avaient jamais reçu l'argent en question et que la somme avait été consacrée par le curé à des réparations. Les Frères m'ont prié de ne pas révéler cette affaire (1). »

« Le Fr, Andaine (2), paraît devant la Commission et se plaint de la déposition de M, Murphy, qui est inexacte à propos de la question de deux nouvelles classes à Sainte-Brigide pour lesquelles la Commission avait donné de l'argent. M. Murphy dit que ces paroles n'ont pas été entrées dans sa déposition. S'il les a prononcées, il les retire. « Le président de la Commission lit la déposition et y trouve les paroles inoriminées (3). »

Maintenant, honorables Messieurs, vous avez entendu le récit véridique des faits, vous avez' lu les documents authentiques qui se rattachent à l'incident motivant la proposition de sir N. F. Belleau au Conseil de l'Instruction publique. Je vous laisse le soin, après avoir mûrement pesé toutes choses, de qualifier une telle conduite de la part d'un commissaire d'écoles catholique, d'un membre du Conseil de l'Instruction publique qui se dit être, depuis 1868, l'âme du mouvement scolaire à Montréal (4) et qui, pour satisfaire une basse haine, forge de toutes pièces

(1) Monde, 19 février 1883.

(2) Le frère Andaine était directeur à l'Ecole Sainte-Brigide au moment où le détournement de § 400 aurait eu lieu et, naturellement, c'est lui qui aurait demandé à M. P. S. Murphy « de ne pas révéler cette affaire. ?

(3) Monde, 22 février 1883.

(4) Déposition de M. P. S. Murphy devant la Commission royale, et Déclaration de M. le Dr. Desjardins à la même Commission.

l'histoire de Québec, la colporte insidieusement parmi nous, auprès de nos directeurs, afin de les indisposer contre leur bien-aimé Supérieur et ne craint pas d'affirmer, sous la foi du serment, un fait invraisemblable que nie formellement Mgr de Sherbrooke ; qui ose faire à des religieux de semblables confidences, de semblables promesses et leur demander sur tout ceci le secret vis-àvis de leur Supérieur ; qui, enfin, pour se couvrir auprès du Conseil de l'Instruction publique, et échapper à la juste sévérité de la proposition de sir N, F. Belleau, n'hésite pas à m'imputer la faute dont il s'est tendu coupable, et à me faire infliger, dans un document officiel, répandu par toute la Province de Québec, une note diffamante tendant à me représenter comme un calomniateur.

J'ignore, honorables Messieurs, quelle ligne de conduite notre cher frère Provincial tiendra dans cette affaire. Mais il me semble que vous trouverez modeste ma demande d'une note rectificative dans le prochain rapport de M. le Surintendant de l'Instruction publique.

Espérant que votre équité ne refusera point satisfaction à des prétentions si modérées, je vous prie de daigner agréer les sentiments de profond respect avec lesquels (1).

J'ai l'honneur d'être honorables Messieurs, votre très humble et très obéissant serviteur.

Frère Arnold de Jésus,

Directeur de la Communauté de Sainte Anne, Montréal.

Montréal, 15 septembre 1884.

(1) Cette satisfaction ne fut pas accordée à notre connaissance.

Page 1