XV. — BUT QUK POURSUIT LK LIUÉrALISMK
Sans nul doute, pour les libéraux d'aujourd'hui, comme pour les révolutionnaires, le but est le même ; il n'y a de différence que dans les moyens d'y arriver, et ce but est toujours de chasser Dieu de la terre, afin de régner en sa place sur l'humanité I On pourra voir dans la suite de ce discours leurs divers moyens d'action.
Mais, dira-t-on, comment le libéralisme moderne avec ses doctrines anodines, son parlementarisme et sa politique, prétend-il détrôner Dieu?
CE QUE c'kST que LE LIBERALISME
Pour arriver à une réponse qui ne laisse aucun doute, remontons un peu plus haut, à quelques considérations générales qui apporteront peut-être un peu de lumière dans la présente question.
Le Seigneur, en appelant à l'existence tous les êtres qui composent l'univers, leur a assigné un but à chacun ; il les a soumis à des lois. Ces lois, expressions de sa sagesse, de sa bonté et de sa puissance, soutiennent et dirigent les créatures, elles les font arriver à leur destinée providentielle. Qui n'a observé les admirables elîels de ces lois dans la nature, dans la structure et la vie de l'insecte, comme dans le mouvement régulier des astres à travers l'espace. C'est à la grandeur, à la sagesse profonde, k la perfection de ces lois posées par l'Auteur d« toutes choses, que nous devons le bel ordre qui existe dans toute la création pour sa conservation et pour le service de l'homme. Ces lois purement physiques et physiologiques ont toujours suffi aux myriades d'êtres qui n'ont pas reyu le don d'une âme intelligente et libre. Mais en créant l'homme à l'image de la divinité. Dieu lui donnait rinlelligence et le libre arbitre ; il lui assignait, comme aux autres êtres déjà créés, une fin, et lui donnait des lois qui étaient en harmonie avec sa destinée providentielle et la dignité de son âme immortelle. Pour le chrétien éclairé 4es saintes lumières de la foi, il n'y a ici nulle difficulté. L'homme
102 ŒUVRES ORATOIRES DE M^"" LAFi.KCH?:
n'est pas fait pour la terre ; il no fait qu'y passer, sa vraie pairie, c'est le ciel ; la société ici-bas n'est établie de Dieu que pour aider Thomme à parvenir à sa haute destinée. Or, toutes les lois que le Seigneur a imposées à l'homme ou à la société, soit écrites, soit traditionnelles, soit naturelles, soit suinaturelles, ont été faites pour arriver là. Telle est la vérité pure et simple sur cette question, vérité aussi éclatante que le jour. Mais l'houime tt les sociétés, par uno conséquence absolue du librearbilre, ne suivent pas nécessairement comme les autres créatures les lois que Dieu a imposée?. Ils peuvent pécher, prévariquer; de fait, ils pèchent et prévariquent ; Omnis homo mendax ; et, de la sorte, ils amènent le trouble, la perturbation au milieu d'eux, en se détournant de leur un. Mais Dieu, dont la sagesse est impénétrable et la boulé infinie, n'a pas voulu laisser le genre humain, le plus beau de ses ouvrages, exposé à manquer son but, et à arriver, par ses transgressions et ses excès, à une ruine complète. Il a établi, pour remédier à ce danger, une puissance régulatrice et protectrice, une société spirituelle. Biais visible, devant renfermer dans son sein tous les hommes et possédant, de droit et de fait, une constitution divine el un pouvoir souverain. Ce pouvoir, doux et fort comnie celui de la divinité qu'il représente, a le droit et la mission de commander indistinctement aux sujets et aux princes^ aux individus el aux peuples ; de les gouverner tous avec une pleine et entière liberté, pour tenir par son action bienfaisante, autaut qu'il est possible, sans la destruction du libre arbitre, le genre humain dans sa voie véritable, lui faire ti'averser sûrement les périls du temps et le rendre au port de la céleste patrie. Cette grande société spirituelle, inutile de le dire, c'est l'Eglise de Jésus-Clirist, l'Eglise catholique. Le pouvoir dont nous parlons, c'est celui qui réside dans la personne du Souverain Pontife. La voix sublime du Vicaire de Jésus-Christ portera jusqu'aux extrémités du monde, aux grands comme aux petits, aux sociétés comme aux individus, la lumière et la vie. Aussi, c'est ce que proclamait solennellement N. S. P. Pie IX, dans son Encyclique du 8 décembre 1864. 11 disait : Salutaris illa vis quatn caiholica Ecclesia, ex divini $ui auctoris inslitictione et mandalo, li^ hère exercere débet usque ad coiisummaliGuem seculi iio7i viiniis erga siîigulus homines, quam «rga ualiones, populos suminosiiue eorum principes. « Celte autorité forte et salutaire, l'Eglise doit, bur l'ordre et d'après l'inalilulion de son divin Auteur, l'exeicer librement jusqu'à la Dn des siècles, non seulement à l'égard des individus, mais encore à l'égard des nations et des peuples et de leurs souverains. »
AUX ZOUAVES PÛNTIFiCAUX CANADIENS 103
Or, celle aulorilé salutaire de l'Eglise, (jui lie toule la société chrétienne et la son lient dans sa marche, dé|»luît à l'homme orgueilleux, choque le prince superhe, irrite le grand ennemi du genre humain. Satan s'agite et se venge ; il pousse les individus, les princes et les sociétés à hriser les liens, à rejeter le joug de celle aulorilé sainte. Voilà pourquoi nous entendons de foules parts, et depuis si longtemps, ce cri étourdissant : Dirumparrms vincula eorum, et projiciamus a?iohis juffiwi ipsorum (Ps. 2), tel que prédit par le prophète. Brisons les liens que nous imposent les prêtres, les évêques, le Pontife romain ; déharrassons-nous tout à fait de leur joug; revendiquons nos libertés, nos droits inaliénables, les libertés de l'homme, les libertés de l'Etat. Ainsi, c'est là une tactique merveilleusement calculée ; ce n'est pas à Dieu directement, on feint de le respecter, qu'on veut en ce moment faire la guerre, c'est à l'autorité de l'Eglise, à son droit de gouverner le monde, à l'autorité de l'Eglise qui dit à l'homme : Dieu est la fin suprême; et à la société : Ta fin est d'aider l'homme pour arriver plus sûrement à Dieu. Ainsi, et veuille z le bien remarquer, s'affranchir de l'autorité salutaire par laquelle l'Eglise dirige môme dans l'ordre temporel l'homme et la société vers leurs fins, telle est l'essence même du libéralisme, telle esl la nature du combat d'aujourd'hui. C'est aussi de ia sorte que notre S. Pontife Pie IX a caractérisé, dans l'Encyclique dont nous venons de parler, la tendance des erreurs de notre temps ; Quœ falsœ ac perversœ opmiones eo niagis detestandx sunt qiiod eo potissimum spectantut impediatur et amoveatur salutaris illa vis quam cat/toUca
ecclesia eo^ercere débet, etc. « Ces opinions fausses et perverses
dit-il, sont d'autant plus détestables qu'elles tendent à empêcher et à écarter l'action de cette puissance salutaire que l'Eglise catholique doit librement exercer sur les peuples et sur les princes, comme sur les individus, jusqu'à la fin du monde. » Or, si ce n'est plus l'Eglise, mes frères, qui conduit dorénavant le monde, qui le conduira? Les passions humaines, au profit de l'enfer, comme au temps du paganisme ; alors, que devient le règne de Dieu parmi les hommes?
Arrêtons-nous ici à considérer comment procède l'esprit du mal, dans cette lutte hypocrite, comment il subordonne le spirituel au temporel, l'éternité au présent, pour régner lui-même en dominateur.
104 CEUVlîES ORATOIKES DE Ji\^' LAFLÈCHE
XV^I. COMMENT LE LIBéRALlSMK ATTAQUE I.'ai;TOHITÉ DR l'ÉGLISK
Nous verrons qu^il s'efTorce, premièrement, d'empêcher l'autorité de l'Eglise d'être reconnue dans l'ordre temporel, c'est le travail qui fc fait depuis plusieurs années ; deuxièmement, de la faire disparaître au milieu des nations, moyen radical qui est l'objet de toutes les violeiitps attaques de l'heure actuelle. Les paroles énergiques de notre Saint-Pontife : ut impediahir et amoreatur salutnris illa vis, afin d'entraver et d'écarter cette salutaire j)uissance, etc., nous peignent avec une admirable perfection les péripéties du combat.
BMPéCHBR l'église d'ÉTRE écOUTJîB
Les maladies de l'Ame ont leurs phases diverses, comme les maladies du corps. On peut donc être libéral à plusieurs degrés. Aux libéraux avancés qui n'ont plusaucun respect pour l'Eglise, leur mère, l'ennemi apprend la liberté de penser dans toute sa plénitude. Pour ceux-ci cela suffit, ils sont des soldats déjà prêts à toute éventualité. Mais pour le grand nombre de ceux qui écoutent encore l'épouse de Jésus-Christ, il faut recourir à une autre tactique. C'est pour eux spécialement, c'est pour les surprendre que le démon se glisse insidieusement dans un ordre de choses en apparence tout à fait inofTensif, dans l'ordre politique. Ces hommes, sans défiance du côté du libéralisme, n'osent pas rejeter privément et individuellement l'autorité de l'Eglise, cette penséelà seule leur fait horreur ; le démon les amène pourtant à la rejeter de fait sans qu'ils s'en doutent, en leur faisant, à leur insu, servir ses intérêts, collectivement avec leurs frères dans les atTaires de l'Etat. Le gouvernement de la chose publique, d'après la forme des constitutions modernes, regarde tout le monde ; le libéral modéré recueille souvent, à titre de citoyen, le fruit défendu qu'il n'osait toucher, à titre desimpie fidèle, la liberté de se conduire en dehors des enseignements de l'Eglise. El celte tactirpie est-elle autre chose qu'une ruse du serpent pour tromper les imprévoyants et les présomptueux, et arriver au même résultat? C'est pourtant à l'aide de cet anneau monstrueux que Satan menace d'entraîner une partie des enfants do l'Eglise hors de son sein, et de bouleverser toute la société. Oui, veuillez particulièrement le remarquer, nous l'avons déjà dit en d'autres termes, mes frères, considérer la société comme une chose purement terrestre et sans aucun rapport avec la destinée des êtres qu'elle renferme, voilà l'erreur fondamentale
que l'ennemi s'efîorce d'inculquer dans les esprits, et c'est le pur libéralisme. De celte erreur, comme d'une source, découle une multitude d'autres opinions fausses, qui inondent le monde, pervertissent les intelligences, ébranlent l'ordre social. C'est de là que viennent les doctrines erronées de la séparation de l'Kglise et de l'Etat, de la suprématie de l'Etat sur l'Eglise, de la liberté de l'Etat vis-ù-vis do l'Evangile, de la liberté d'enseignement indépendamment de l'Eglise, de la liberté des cultes sans égard à la vérii.é. de la liberté de la pensée et de la parole, de la liberté illimitée de la presse, de la liberté de gouverner sans tenir compte de la fin de l'homme, de la liberté de s'associer sans considéralion du but, de la légilimilé des faits accomplis, le socialisme, le communisme, enfin toutes les libertés que l'bomme animal ou terrestre, dont parle saint Paul, peut désirer; libertés dont le bruit remplit l'univers et qui ne soni autres que des libertés de perdition... Oui, celui qui admet que la société doit être dirigée par lé pouvoir civil, sans égard à la vie éterpelle, destinée à Vhomme, est un libéral, dans le sens propre du mot, et, s'il est logique, il doit accepter les libertés funestes que je viens de nommer avec leurs conséquences jusqu'à la dernière. Ce travail ne s'accomplit pas toutefois en un instant dans les intelligences, il demande le temps elles circonstances. Mais il est diverses idées qui ne tardent pas à se fixer dans les esprits prévenus, la doctrine libéralisle, c'est-à-dire, celle qui veut une société purement terrestre et sans rapport avec la fin de l'bomme ; telles sont les opinions fausses qui prétendent que l'aulorilé vient du peuple, que l'bomme est libre de ses actes en matière politique et que le prêtre n'a pas droit d'intervenir dans cet ordre de choses, etc., etc. De ce moment, il se forme dans l'âme du fidèle, pour ces idées, si agréables à l'orgueil humain, une sorte d'engouement, une opiniâtreté semblable à celle que produit l'hérésie dans l'âme de ses adeptes. La lumière se retire de l'intelligence devant les ténèbres de l'erreur, et s'il n'y a pas au cœur une grande vertu d'obéissance, l'âme chrétienne est désormais soustraite à l'action de l'Eglise. Le catholique n'entend plus la voix de sa mère. Il -est aux mains du libéralisme et aux mains de Satan. C'est ainsi que s'opère la surdité d'une société chrétienne en matière sociale, que la puissance salutaire de l'Eglise est arrêtée par ces doctrines spécieuses et perverses, impediatur salutaris illa vis, comme dit le S' Père, et que la catholicité perd le cœur et les bras de ses enfants. El encore une fois, que devient le règne de Dieu au milieu de celte indépendance de l'orgueil fomenté par Vinnocent libéralisme !
lOO CEUVRES ORATOIRES DE WS"" LAFLÈCHK
Mais qu'y a-l-il donc de vraisemblable dans les doctrines libérales,
pour qu'on s'y laisse prendre si facilement? La société serait-elle
donc une chose purement terrestre, où rien ne doit entraver les passions? Serait-il vrai que le pouvoir civil, qu'on honore tant en ce monde, ne fût pas là pour aider à conduire les hommes à une fin plus noble que celle des animaux, vivre, boire et manger? 0 doctrine dégradante du libéralisme, que tu es méprisable! Comment des enfants de Dieu que tu détournes des cieux et que tu prosternes dans la poussière, peuvent-ils se glorifier de toi et t'appeler progrès ! A quoi peuvent tendre^ en effet, les sociétés qui ne regardent plus au ciel, si ce n'est à se courber vers la terre, à poursuivre exclusivement les faux biens du monde, à se repaître de sensuelles jouissances? 0 libéraux, qui ne voulez législater que pour la patrie terrestre, vous oubliez l'avertissement de la sagesse éternelle qui dit : « Vous n'avez point ici-bas de cité permanente, mais vous en cherchez une dans un temps à venir ». L'homme n'est pas seulement un corps, sachez-le donc; mais il estsurtout une âme, une âme immortelle, et c'est à ce titre qu'il mérite principalement vos respects et votre attention.
Maintenant, comment l'Eglise peut-elle être séparée de l'Etat, comme dit le libéralisme? Les hommes forment l'Etat, et ce sont les hommes que l'Eglise est chargée de conduire à Dieu, et on veut qu'ils soient séparés ! N'est-il pas évident que c'est là une grossière utopie? L'Eglise est l'Ame, l'Elat, le corps de la société humaine. Ces deux choses, quoique parfaitement distinctes, doivent cependant être parfaitement unies, pour donner la vie aux nations et aux peuples. L'union de l'âme et du corps est une loi primordiale de la nature ; elle s'applique au^:si bien à la vie sociale des peuples qu'à la vie naturelle des individus. L'Etat sans religion n'est pas viable ; la séparation dans cet ordre de chose, c'est la mort. Et quel peuple si sauvage, quelle nation si barbare, ont jamais méconnu cette grande vérité : l'ordre religieux est la base de Vordre social? Les peuples païens, quoique assis dans les ténèbres, l'avaient vue, ils la proclamaient bien haut. Une de leurs célébrités disait : « On bâtirait plutôt une ville en l'air que de fonder un Etat sans religion ». Les révolutionnaires de 93 ont essayé, dans leur égarement, de réaliser cette utopie. Vous savez à quels résultats ils arrivèrent : après avoir renversé l'autel du vrai Dieu, ils ont adoré une idole, et en arrachant le peuple français des bras de l'Eglise, ils l'ont prosterné aux i)ieds de la déesse Raison. Voilà, redisons-le, la leçon qu'ils nous ont donnée.
AUX ZOUAVES PONïlFlCALX CANADIENS 107
Mais l'Eglise ne peut-elle pas rester libre dans l'Etat libre? Question insidieuse, erreur fataledont l'ennemi se plaît à bercer les libéraux qui ne veulent pas faire complètement divorce avec la religion. Qui sera libre quand l'Eglise et l'Etat léglslateront en sens inverte sur une même matière? et qui cédera ? Sera-ce la iorce ou la vérité? Et quand l'Etal défendra ce que l'Eglise ordonne, et que l'Eglise ordonnera ce que l'Etal défend, que feront les sujets? Il n'est peut-être rien de plus subversif de tout ordre et de plus anti-social que ces doctrines libérales, en apparence si modestes. Qu'on le remarque bien. Lorsque l'Etat, car il veut désormais enseigner en vertu de la grande liberté d'enseignement, aura appris aux sujets à ne plus écouler l'Eglise, ceuxci ne trouveront plus rien dans leur conscience qui les oblige d'obéir à l'Etat. Du même coup, les sujets s'afïrancbiront des deux autorités prolectrices de l'ordre el ne reconnaîtront plus d'autres maîtres que leurs passions. Voilà pourquoi il faut aujourd'hui des millions de soldais et des milliers de canons, dans les contrées où l'on débite depuis longtemps ces belles doctrines.
Le peuple, cependant, n'esl-il pas vraiment souverain, selon la formule sacramentelle du libéralisme, et le pouvoir n'a-t-il pas en lui sa source? La foi nous enseigne absolument le contraire, en nous disant que l'autorité vient de Dieu : Omnis poiestas a Léo. Indépendamment de celle parole sacrée, aux yeux de la simple raison, cette doctrine est pleine d'absurdités. Un homme ne peut être appelé à ordonner et à obéir en même temps. Le cœur humain étant ce qu'il est, quand la chose serait possible, elle ne serait pas praticable. D'ailleurs, si celui qui doit être gouverné commande, où sera l'obéissance? Une seule chose s'explique raisonnablement dans cette formule subversive, c'est l'ambition de ceux qui la proclament. Oui, l'ambitieux seul peut dite avec un certain sens au peuple de commander et d'obéir à la fois, de commander, pour l'élever ; et d'obéir, pour le servir. Jamais néanmoins le caractère monstrueux de la révolution n'apparaît mieux que dans ces projets étranges où le laïque est assis dans la chaire de Moïse, le sujet au timon de l'Etat, le Pontife et le Prince debout dans la foule, et où l'on veut obliger la société de marcher la tête en bas.
Mais arrêtons-nous, c'en est assez sur ces doctrines. Qui ne voit combien elles sont folles, absurdes, contradictoires, en même temps que pernicieuses ! Non seulement elles font le danger des états, mais la honte de la laison. C'est pourtant à l'aide de ces erreurs et d'autres semblables que le libéralisme s'clforce de paralyser l'action bienfaisante
de l'Eglise sur la société. (Jue de libéraux cesseraient de l'être s'ils réfléchissaient !
Revenons à la seconde et dernière période de la lutte actuelle, caractérisée par celle parole du S' Père, ut amoveatur, faire disparaître la puissance salutaire de l'Eglise.
Ce n'est pas assez pour le libéralis-ne d'empêcher l'Eglise d'être entendue d'une multitude de ses enfants ; un trop grand nombre l'écoutent encore, et gênent le triomphe d'une civilisation sans Dieu ; il faut lui fermer la bouche, et si elle ne se tait pas, la faire disparaître d'icibas, tel est le suprême effort du combat présent.
Nous voyons ici que le libéralisme change de ruie ; de pacifique, il devient agressif. En peut-il être autrement, puisque l'ancien serpent, qui en est l'auteur et le directeur, ne cesse de faire la guerre à Dieu ? Satan ne sème dans le champ que pour récolter. Le libéralisme donc ne revendique tant de libertée que pour enlever celle de l'Eglise, il ne prend de si larges coudées que pour mieux l'élreindre et l'écraser. Voyez cependant la prudence du serpent dans la lutte. Tant que le nombre de ses adeptes est peu considérable dans un état, il s'avance doucement et sans bruit, comme nous l'avons dit ; il n'attaque pas ; il se contente d'insinuer ses idées, c'est l'époque de Viynpedtatur ; se croit-il sûr de la force publique, alors il dresse sa tête hideuse, il bave, il siffle la charge et se précipite sur sa victime, c'est l'époque de l'amoveatur.
L'attaque a ici deux caractères principaux : ôter à l'Eglise ses moyens moraux et ses moyens matériels d'existence, c'est par là que l'ennemi espère l'étendre sans vie sur le carreau. Nous allons le voir.