JUBILÉ SACERDOTAL DE M^"" CAZKAU
c'est le Jubilé et la cinquantième année. » En effet, le don d'un prêtre selon le cœur de Dieu est cerlainement une faveur signalée, et lorsqu'il a été donné à un prêtre d'exercer son activité et son zèle pour le salut des ànaes pendant une longue suite d'années, rien d'étonnant de voir les populations qui en ont bénéficié, se lever comme un soûl homme et dire de lui ce qui a élé dit de son divin Mafire : Pertransit hetiefa-' ciendo. « 11 a passé en faisant le bien (Act. Ap. X. 58). »
Le Sacerdoce est donc naturellement le sujet sur lequel doit se porter notre attention en cette circonstance et qui nous donne !a véritable signification de cette solennité. Pour nous faire une juste idée de la dignité sacerdotale et de la grandeur du bien que le sacerdoce procure à l'homme, il suffit de considérer le Prêtre dans ses rapports avec Dieu et ensuite dans ses rapports avec l'homme.
Ce sujet est d'autant plus opportun que nous traversons une époque où les ennemis de l'Eglise attaquent le sacerdoce catholique avec une violence extraordinaire, et oti ils s'efforcent, par le mensonge et la calomnie, de le décrier aux yeux des peuples et de le ruiner dans la con- Bance des fidèles eux-mêmes. Il est rationnel de porter la défense là où se produit l'attaque, et de relever aux yeux des enfants de l'Eglise la grandeur et la sublime dignité de l'élat sacerdotal, en leur rappelant le profond respect qu'ils doivent avoir pour les ministres de Jésus- ClirisL, la confiance et l'amour qu'ils doivent nourrir dans leur cœur pour ceux qui sont les Coopérateurs de Ditu dans l'œuvre de leur salut et leurs Pères dans la Foi.
I. Qu'est-ce donc que le Prêtre aux yeux de la Foi ? Quelle idée les hommes doivent-ils s'en former ?Questions impor tantes, e( que saint Paul a résolues en deux mots : Sicnos exutimet liomo ut tninistros Christi, et dispensatores mysterioriim Dei. « Que l'homme nous regarde comme les ministres de Jésus- Christ, et comme les dispensateurs des mystères de Dieu. » Telle est la dignité véritable du Prêtre, et la haute idée que les homme en général, et à plus forte raison les chrétiens, doivent en avoir. Le Prêtre est le Ministre de Jésus-Christ I Le Prêtre est le Dispensateur des dons de Dieu I Dignité sublime et bien au-dessus de toutes les dignités do la terre. « Omnis namque Pontifex ex hominibus assumptus pro Jiominibus conslituitur in ei's quse sunt ad Deum. Car tout Pontife pris d'entre les hommes est établi pour les hommes dans les choses qui ont rapport à Dieu (Heb. V. I). »
Le sacerdoce est donc une dignité qui élève celui qui en est revêtu au-dessus des autres hommes et même au-desîus des anges, puisque le
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même Apôtre dit en parlant des Prêtres : Ne save.i-vous pas que nous jugero7is les anges, (1 Cor. VI. 3.)el que celui qui juge est plus grand que celui qui est jugé ?
Mais qui sont donc les hommes privilégiés qui doivent être élevés â cette sublime dignité du Sacerdoce ? Ceux-là seuls que Dieu y appelle «l pas d'autres. Nec quisquam sumit sihi honorem ; sed qui vocalur a Deo tanquam Aaron. « Or personne n'a le droit de prétendre à un tel honneur ; mais il faut être appelé de Dieu comme Aaron (Heb. V^ 4) ». Et N.-S.-J.-C. dit aux premiers prêtres de la loi évangéliqiie : Non vos me elegistis ; sed ego elegi vos et posui vos ut catis et fructum afferatis. « Ce n'est pas vous qui m'avez choisi, mais c'est moi qui vous ai choisis ; et je vous ai établis, afin que vous alliez et que vous portiez du fruit (Jean. XV. 16.) ».
Dans le ministre de J.-C, il faut considérer: 1" la vocation ; 2° la consécration ; 3° les pouvoirs dont il est revêtu.
Il faut d'abord considérer la vocation. Cette vérité nous rappelle une loi bien importante de la Providence, à laquelle un grand nombre d'hommes ne donnent pas assez d'attention. La violation de celte loi entraîne bien des misères et des souffrances dans la société, et quelquefois la met en de graves dangers. La société est un corps moral dont les individus sont les membres. Or, dans tout corps, il y a diversité de membres, et chaque membre a des fonctions spéciales à remplir. C'est précisément la comparaison dont se sert l'Apôtre saint Paul pour nous faire comprendre la diversité des dons faits aux individus dans la société religieuse, selon la vocation à laquelle chacun est appelé. H en est de même dans la société civile. Si chaque citoyen est au poste auquel la Providence l'a appelé, il aura les talents, les aptitudes, tous les dons nécessaires pour en bien remplir les devoirs et en exercer convenablement les diverses fonctions : tout le corps social en bénéficiera. La paix, la prospérité, le bonheur y régnera. Mais, au contraire, supposer un corps dans lequel les diiïérents membres seraient déplacés, dans lequel, par exemple, les mains seraient h la place des pieds, et les pieds à la place de la tête, comment croyez-vous qu'un corps ainsi organisé pourrait agir, et tendre vers sa fin ? N'esl-il pas bien évident qu'il serait dans l'impossibilité de remplir convenablement aucune fonction ? que son état habituel serait le trouble, la souffrance et bientôt la mort. Tel est inévitablement le sort qui attend les sociétés dans lesquelles celte loi de la Providence est méconnue, où l'on voit les médiocrités ot les incapacités arriver aux postes qui demandent le talent,