DISCOURS PRONONCÉ A CETTE OCCASION
Les Canadiens Français n'ont jamais rougi de leur foi, ni renié leurs origines en face du conquérant ombrageux ou sectaire. Au contraire, ils affirmaient en toutes circonstances leur invincible fidélité à l'une et aux autres, ne dissimulant nullement leur ferme confiance de réparer par les œuvres qui prospèrent dans la paix les rigueurs que leur valurent les hasards de a guerre.
Périodiquement, les descendants des anciens preux, qu'ils eussent les uns continué la garde vigilante au foyer laissé par les aïeux, ou les autres, cherché dans l'Ouest lointain ou dans les Etats de la Grande République des terres nouvelles pour de nouveaux foyers, de loin en loin, disons-nous, ces rudes pionniers avaient besoin de se concerter, de se sentir les coudes pour la continuité de leurs efforts et l'aboutissement de leurs desseins grandioses. Ils se réunissaient en leurs Congrès en grande pompe, avec un grand entrain et une franche gaieté. Là rien d'hostile à l'ordre des choses établi. Le (iouverneur Général était ordinairement de la fête, l'autorité ecclésiastique y figurait à côté des autorités civiles, il y avait force musiques et fanfares, messes solennelles avec chants mélodieux, et la prière préludait aux travaux qui étaient l'etTort de tous organisé pour conquérir au profit de la race l'avenir meilleur.
Mgr Lallèche, invité à prendre la parole dès la première séance à la suite d'autres personnages illustres, dont le marquis de Lore, Gouverneur Général d'alors, tint à son auditoire ce langage :
Messeigneurs (I), Mesdames, Messieurs,
L'orateur qui vient de vous adresser la parole, M. Mallef, vous a
parlé dr> l'émigration des Canadiens-Français ; ux Etats-Unis. 11 vous a
parlé do cotte plaie terrible de noire pays ; il en a sondé la profondeur
avec toute l'habileté d'un médecin expert ? Il a dit avec des paroles tou-
(1) Mgr ïashchereau et Mgr Racine.