‹ Vers l'abîme (volume 4)Chapitre 43 sur 77 · AUTORITÉ DES DOCUMENTS PONTIFJCAUX · texte numérisé non relu

AUTORITÉ DES DOCUMENTS PONTIFJCAUX

ïiom du Père et du Fils el du Saint-Esprit. C'est l'enseignement vorbal qu'elle donnait, son divin Maître ne lui en avait pas prescrit d'autre. "Son enseignement était certainement infaillible, el cependant il n'y avait pas encore de Nouveau .Testament écrit, Notre-Seigueur n'ayant pas jugé à propos de confier au papier un seul mol de sa doctrine sainte. Où seriez-vous, Frères-séparés, si l'Eglise n'eût jamais constaté l'inspiration des Ecrivains sacrés? Voire erreur serait dans le néant d'où elle n'aurait jamais dû sortir.

L^Eglise annonçait donc la vérité au monde : or, parmi ceux qui enseignaient et gouvernaient le troupeau de Jésus-Christ, il y en eut quatre qui voulurent fixer par l'écriture une partie de cet enseignement qu'ils avaient donné de vive voix, et ils écrivirent les quatre Evangiles. Ce n'était pas nécessaire pour le salut du monde, mes frères, mais c'était un grand bienfait : la connaissance de Jésus-Christ se répandit ainsi plus sûrement et plus rapidement.

Saint Luc, qui avait déjà écrit l'un des Evangiles, écrivit aussi les Actes des Apôtres après l'Ascension de Jésus-Christ. Saint Pierre, saint Paul, saint Jeun, saint Jacques et saint Judes écrivirent des lettres que les fidèles conservèrent avec un soin religieux, et saint Jean écrivit sa sublime Apocalypse.

Or, l'Eglise qui continuait à enseigner le monde, décida que les quatre Evangiles, les Actes des Apôtres, les Eptlres ou lettres dont je viens de parler, et l'Apocalypse avaient été écrits sous l'inspiration de l'Esprit-Saint, absolument comme les Prophéties, les Livres de Moïse et les Livres Sapientiaux ; elle ne pouvait se tromper sur un point de cette importance, ces livres occupèrent donc un rang à part, et formèrent le Nouveau-Testament ou deuxième partie de la Bible,

La première partie de la Bible renferme la loi de Moïse et toutes les prophéties concernant le divin Rédempteur. Ces livres accuseront éternellement le peuple déicide, car Notre-Seigneur Jésus-Christ y est désigné d'une manière tellement frappante, qu'on ne pouvait s'y tromper. Et cependant par un aveuglement sans exemple, et par une permission expresse de la divine Providence, les juifs sont encore aujourd'hui les ^gardiens fidèles de ces livres : ils les conservent avec un soin jaloux, et ils rendent ainsi, sans le vouloir, un témoignage incontestable à la divinité de celui qu'ils ont crucifié.

Nous prouvons la divinité de Jésus-Christ par l'Ancien Testament, mais nous ne prouverons pas àpriort l'autorité de l'Eglise ni son infaillibilité par le Nouveau Testament. La raison en est facile à saisir :

?30 ORUVRES ORATOIRES DE M»' LAFLÈCllE

c'est l'Eglise elle-même qui nous a donné le Nouveau-Teslament, et c'e!*t par elle seule que nous pouvons connaître la valeur et l'autorité de ce livre divin. L'autorité de l'Eglise précède pour nous l'autorité du Nouveau Testament \je ne croirais pas à i' Evangile, dit saint Augustin, ii l'autorité de l'Eglise ne me portait à y croire. Comment donc prouver que l'Eglise a été fondée parJ.-C? La fondation de l'Eglise par Jésus-Christ, c'est un fait qui remplit le monde : il s'impose à l'intelligence comme les rayons du soleil s'imposent à l'œil de l'homme. C'est un fait divin portant avec lui son évidence.

Puisque notre divin Sauveur a fondé une Eglise pour continuer son enseignement jusqu'à la fin des siècles, cette église est nécessairement infaillible, car l'infaillibilité est le caractère essentiel de l'enseignement divin.

Ainsi, nous ne tombons pas dans le cercle vicieux dont les prolestants nous ont accusés tant de fois : nous ne prouvons pas l'Eglise par la Bible et la Bible par l'Eglise. Mais maintenant que nous avons le Nouveau-Testament et que, sur l'autorilé de l'Eglise, nous le reconnaissons comme la parole de Dieu, nous pouvons bien le prendre pour base d'argumentation, et démontrer ainsi d'autres vérités bien importantes.

L'Eglise est infaillible ; mais cette infaillibilité ne réside-t-elle que dans l'ensemble de l'Eglise? Faut-il que tous les pasteurs soient réunis pour pouvoir annoncer la parole de vérité sans crainte d'erreur?

J'ouvre le Nouveau Testament, et je trouve au chapitre vingtdeuxième de l'Evangile selon saint Luc ces paroles remarquables : « Simon, Simon, Satan a demandé à vous cribler tous, comme on crible le froment : mais j'ai prié pour toi en particulier, afin que la foi ne défaille point : lors donc que tu auras été converti, confirme tes frères » (Luc XXII, 31, 32). Quand Notre-Seigneur Jésus-Christ adresse une prière à son Père, il est nécessairement exaucé ; il a dit lui-même : pour moi je sais que vous m'exaucez toujours ; eh bien ! il a demandé d'une manière expresse que la foi de saint Pierre ne faillît jamais, donc maintenant la foi de saint Pierre ne peut plus faillir. Pour avoir la vérité d'une manière infaillible, nous ne sommes donc pas obligés d'attendre que l'Eglise nous parle dans un concile général : il suffit que le successeur de Pierre ouvre la bouche, qu'il exerce sa charge de docteur de l'Eglise universelle, alors il ne pourra se tromper dans son enseignement.

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