‹ Vers l'abîme (volume 4)Chapitre 44 sur 77 · AUTORITÉ DES DOCUMENTS PONTIFICAUX · texte numérisé non relu

AUTORITÉ DES DOCUMENTS PONTIFICAUX

Les autres pasteurs, ses frères dans l'épiscopat, peuvent errer dans la foi, niais pour que l'Eglise n'ait rien à craindre, Pierre est chargé de les confirmer. G^lui qui est chargé par Dieu de confirmer les autres dans la foi, n'est cerlainement pas chancelant lui-même.

En fondant son admirable Eglise, Jésus-Christ a fait comme le sage architecte qui bâtit sa maison sur le roc, de manière que ni la violence des tempêtes, ni le soulèvement des flots ne puissent l'ébranler. Aussi, quand il vil pour la première fois celui qu'il voulait choisir pour être le fondement et le chef de sou Eglise, changea-t-il mystérieusement son nom de Simon en celui de Pierre. Plus lard, lorsque Pierre eut fait le premier cette solennelle confession de la divinité de Jésus-Christ : a V^ous êtes le Christ, le fils du Dieu vivant, » Jésus lui adressa ces paroles étonnantes, et dans sa personne à tousses successeurs dans le gouvernement de l'Eglise : « Tu es Pierre et sur celle pierre je bâtirai mon Eglise, et les portes de l'enfer ne prévaudront point contre elle; je te donnerai les clefs du royaume des cieux ; tout ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les cieux, et fout ce que tu délieras sur la terre sera délié dans les cieux » (Malt, xvi, 18, 19). On peut persécuter saint Pierre, on peut le dépouiller de ses propriétés, on peut le traîner en exil, un vil soldat peut le frapper comme on a frappé son divin Maître, on peut même le faiie expirer sur un gibet d'ignominie ; mais lui faire enseigner l'erreur, jamais ! La pierre fondamentale de l'Eglise ne peut être ébranlée.

Malgré l'évidence des texies de l'Ecriture Sainte, quelques théologiens mal inspirés voulurent mettre en doute rinfaillibililé personnelle du pape ; ils trouvaient exorbitant de reconnaître un pareil privilège à un homme seul, et ils réservaient celte prérogative à l'Eglise réunie en concile. Eh bien .'celle Eglise s'est réunie autour du vénéré Pie IX de sainte mémoire ; les chemins de fer, les bateaux à vapeur ont transporté des quatre points cardinaux les évéques au centre de la catholicité, et le Vatican a contemplé l'assemblée la plus imposante qui se fût peut-être jamais vue dans le monde ; or là, au milieu de la joie universelle, le Concile a proclamé que le Pape, quand il définit ex-cathedra une doctrine sur la foi ou sur les mœurs, jouit personnellement du privilège de l'infaillibilité. En ma qualité d'évêque des Trois-Rivières, j'ai participé moimême à celle définition solennelle, et c'est un événement qui comptera toujours parmi les plus beaux et les plus chers souvenirs de ma vie. Jésus-Christ avait bien dit qu'il ne nous laisserait pas orphelins : son Esprit est donc toujours au milieu de nous ; il inspire tous les successeurs

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de saint Pierre, et sans entendre les tonnerres du Sinaï, nous avons la mênne certitude que les anciens Hébreux sur l'enseignennent des vérités de la foi et de la morale.

Le privilège de l'infaillibilité confié au pilote qui conduit la barque de Pierre sur la mer orageuse de ce monde a quelque chose d'analogue à cette force mystérieuse et infaillible eu son genre, qui dirige toujours la boussole du marin vers le pôle magnétique et lui indique sûrement la route qu'il doit tenir, pour échapper aux écueils et arriver au port vers lequel il tend. Que les catholiques soient dans une paix profonde, la barque de Pierre vogue vers le port de la véritable vie, et elle ne déviera jamais un seul instant de sa route.

Maintenant nous pouvons dire quelle est la nature et l'autorité du grave document que nous allons vous lire et que nous nous proposons de vous expliquer.

Les documents qui viennent du Souverain Pontife ne sont pas absolument comme les Evangiles ; on ne peut pas dire que ce soient des écrits inspirés ; ils ont cependant un caractère divin. C'est une parole humaine qui a mission et autorité pour enseigner la parole divine et l'imposer à la foi de l'homme. Quand vous entendrez lire l'Encyclique Humanum genus, mes frères, ne croyez donc pas entendre seulement la parole d'un grand philosophe et d'un profond théologien ; ne voyez pas dans ces lignes simplement l'œuvre du génie humain : il y a beaucoup plus que cela dans cette Encyclique. C'est l'œuvre d'un homme assisté si particulièrement du Saint-Esprit, qu'il ne peut tomber dans l'erreur en vous exposant la doctrine de la foi et des mœurs. C'est la parole du Vicaire de Jésus-Christ vous annonçant avec une certitude infaillible, certaines vérités qui intéressent au plus haut point votre salut éternel, et vous indiquant la conduite que vous avez à tenir pour éviter les dangers imminents auxquels vous êtes exposés, et qui peuvent vous conduire au malheur éternel.

Quel respect ne devez-vous pas avoir pour celte parole sainte? Avec quelle soumission ne devez-vous pas accepter son enseignement?

Nous vous expliquerons ce document en détail : vous tâcherez donc d'en pénétrer le véritable esprit, et vous suivrez en toute simplicité les directions qu'il vous donne pour mettre en sûreté le salut de vos âmes, dans les jours mauvais que nous traversons.

Les hérétiques ont-ils rien de comparable à cet enseignement de saint Pierre? Le protestant vient toujours nous présenter sa bible ! Vous le savez bien, ù Frères-séparés, nous avons la Bible ; nous l'éludions et la

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méditons niiil ot jour ; c'est même de nous que vous l'avez prise, car vous n'ôles que d'hier. Pour nous, nous la respectons, nous savons d'où elle vient et quelle eu est l'uulorité ; mais vous, vous n'êtes pas même capables de prouver que la Bible, voire unique appui, est la parole de Dieu. C'est un texte que vous livrez à tous les mécréants et à tous les imposteurs, qui peuvent l'altérer et le modifier à leur guise, ainsi qu'ils l'ont déjà fait ; qui peuvent lui donner les interprétations les plus déraisonnables, sans qu'il y ait personne parmi vous qui puisse les reprendre ou les corriger. Vous avez jusqu'à soixante interprétations différentes sur les paroles de l'institution de la sainte Eucharistie : ceci est mon corps ; les uns disent : ces paroles signifient que le corps de Jésus-Christ est dans le pain ; les autres disent non ; ceci exprime simplement (|ue le pain est la figure du corps de J.-G. ; d'autres donnent sans sourciller des interprétations encore plus absurdes que celles-là ; et quand vous aurez discuté bien longtemps, à quoi arriverez-vous ? à une opinion humaine et trompeuse, ainsi que vous l'avouez vous-mêmes ! Vous êtes au XIX* siècle, et vous demandez encore avec Pilale : qu'est-ce que la vérité? Le Catholique s'en va trouver l'homme pour qui Notre-Seigoeur a prié afin que sa loi ne défaille point ; il lui demande : comment faut-il donc interpréter ces paroles de la cène : cpci est mon corps 1 Pierre lui répond : après ces paroles de la consécration il n'y a plus de pain, mais c'est le corps de Jésus-Christ qui est présent sous les apparences du pain. Le catholique a reçu la parole de vérité, c'est Jésus-Christ qui lui a parlé par son Vicaire, il rentre donc dans la paix. 0 Frères-séparés, c'est avec un sentiuient de pitié profonde qu'il vous entend discuter sans but et sans fin. Lui qui marche sûrement aux rayons du soleil de justice, il vous plaint de marcher aux pâles rayons de la raison humaine et d'aller trébuchant à chaque pas.

Quelle que soit la personne que l'on place sur le siège de saintPierre, la parole de Notre-Seigneur retentit, toujours vraie, toujours puissante : « Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon église, et les portes de l'enfer ne prévaudront point contre elle ».

Disons-le donc, mes frères ; il fait bon d'être catholique, d'être dans la lumière et la vérité !

Noire-Seigneur s'étant rendu un jour sur le sommet du montThabor, avec ses disciples bien-aimés Pierre, Jacques et Jean, voulut récompenser leur foi et leur amour et pour cela il se transfigura en leur présence. Son visage parut brillant couime le soleil, et, en même temps. Moïse et Elie parurent et conversèrent avec lui.

Pierre, ébloui de ce spectacle divin, transporté de joie et de crainte, dit à Jésus : Maître, il fait bon de rester ici ; faisons-y trois tentes : une pour vous, une pour Moïse et une pour Elie. Ainsi parlait Pierre, le premier pape.

Mes frères, cette montagne élevée, où paraissent dans leur beauté et leur éclat Jésus-Ghrisl, Moïse et Elie, l'Ancien et le Nouveau Testament, c'est la sainte Eglise Catholique. Nous qui sommes sur cette montagne, nous qui sommes environnés des splendeurs de l'enseignement infaillible, nous devons nous écrier avec saint Pierre : Maître, il fait bon d'être ici !

Par des instructions spéciales, je tâcherai d'ouvrir de plus en plus vos yeux à cette pure lumière, et de vous faire estimer davantage le bonheur que nous avons d'avoir été conduits sur la sainte montagne, préférablement à tant d'autres peuples, et d'être comptés au nombre des privilégiés de Jésus-Christ. — Ainsi sùit-il.

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