DOCTRINES DB LA FRANC-MAÇONNERIE
« aussi bien que l'aulorité établie pour les enseigner, avec les autres « secours donnés du ciel en vue de sauver les hommes, c'est contre elle, « que les adversaires déploient le plus d'acharnement et dirigent leurs a plus violentes attaques. »
Voilà quelles sont les doctrines de la Franc-Maçonnerie. Ces paroles du pape sufCisent, sans doute, pour convaincre les catholiques; mais il est intéressant de voir que les Francs-Maçons eux-mêmes avouent la même chose, « Notre ennemi », disait le Fr. Conrard en 1872, « est l'Eglise Romaine, Catholique, Papale, Infaillible, avec son organisation compacte et universelle. C'est l'ennemi héréditaire et implacable. > € Où frouvez-vous » disait en 1881 le Fr. Bélat, « parmi les hommes faits, pour les esprits murs, une pareille école de progrès, une semblable diffusion de lumière? Sera-ce l'enseignement religieux, les leçons données, par les membres des cultes divers dans leurs chaires respectives qu'on pourra donner comme l'équivalent de la Franc- Maçonnerie? Ah! ici, tous les sentiments intimes, toutes les consciences protestent contre une telle assimilation. Les temples catholiques ou protestants ou israélites! les religieux! mais, nos frères, c'est contre eux précisément, c'est contre l'œuvre sacerdotale de tous les temps, de tous les pays que la Franc-Maçonnerie s'est fondée, c'est contre eux qu'elle livre ces combats séculaires qui ont fait gagner au progrès, réfugié sous nos bannières, tout cet espace de champs et de soleil où il se déploie et s'étend aujourd'hui. » Ces paroles affreuses ont été publiées dans l'un des journaux qui sont reconnus comme les organes de la Franc-Maçonnerie.
Un franc-maçon belge (1) disait à son tour : « C'est par cette plénitude d'organisation que la Franc-Maçonnerie est en état de rivaliser avec sa grande ennemie, l'Eglise de Rome. »
Jamais aucun franc-maçon n'a protesté contre ces paroles qui ont été publiées dans des journaux et dans des livres ; elles ont été acceptées partout comme la juste expression des doctrines et des sentiments delà Franc-Maçonnerie.
L'enseignement de l'Eglise s'appuie sur la Révélation, mais comme l'Eglise est la gardienne de la vérité, elle accorde et défend les justes droits de la raison humaine.
Vous vous en souvenez, je vous disais dans ma dernière instruction que Dieu, pour nous instruire des vérités éternelles, nous a donné deux
(l)Fr. Goblet d'Aviella.
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livres, dont l'un est le livre de la Nature. En parcourant les pages dece livre, l'homme peut s'élever par sa raison jusqu'à la connaissance de Dieu. Cette connaissance, il est vrai, n'est pas bien précise, mais elle peut être suffisante pourconduire certains hommes à leur fin dernière. J'aime à vous dire aujourd'hui ce que l'Eglise, au concile du Vatican, a décrété sur ce sujet. Je me contenterai de citer le canon du saint concile, car la Constitution elle-même serait trop longue à citer : « Si quel- « qu'un dit que le Dieu unique et véritable, notre Créateur et Mattre, « ne peut pas être connu avec certitude, par la lumière naturelle de la « raison humaine, au moyen des choses qui ont été créées; qu'il soit « anathème. »
Mais pourquoi celte définition ?
H y avait en Europe de prétendus philosophes qui disaient aux catholiques : « vous autres qui vous appuyez sur la parole de Dieu, vous devriez voir qu'il n'y a pas de proportion entre un être infini et la pauvre raison humaine, et qu'ainsi l'homme est incapable d'arriver jusqu'à la connaissance de Dieu ; or, il n'est pas raisonnable que l'homme en appelle au témoignage d'un être qu'il ne connaît pas, car la connaissance doit précéder l'assentiment de la raison, » Ainsi parlaient ces philosophes^ et l'Eglise, gardienne de la vérité, a pris la défense de la raison humaine qu'on abaissait injustement.
C'est une chose qui vaut la peine d'être considérée, mes frères, savoir, si nous pouvons connaître par les seules lumières de la raison celui qui nous a faits; savoir s'il existe un être qui a droit à nos adorations et qui peut nous précipiter en enfer pour n'avoir pas exécuté ses volontés.
Saint Paul a examiné cette question par rapport aux païens de son temps. Il avait paru de grands génies chez les nations païennes; certains philosophes grecs ont abordé toutes les grandes questions accessibles à la raison humaine ; ils ont raisonné habilement, mais ils n'ont pas tiré les conclusions pratiques des vérités dont ils avaient la connaissance. Saint Paul parlant donc de ces philosophes, dit qu'ils sont inexcusables, "parce qu'ayant connu Dieu, autant qu'on peut le connaître par ses œuvres, ils ne Voyit pas servi cotnme Dieu.
L'étude de la nature, et en particulier l'étude du corps humain élève l'homme vers Dieu ; le prophète royal a dit : Les cieuv racontent la gloire de Dieu ; et un savant ancien, après avoir décrit le corps humain, s'écriait : C'est \u\ hymne que ie viens de chanter en l'honneur du Créateur.
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C'est donc une vérité reconnue que l'homme, parle secours de sa raison, peut s'élever à la connaissance de Dieu.
Pour la connaissance des choses que l'homme ne peut atteindre de lui-même. Dieu a donné un autre livre, la Bible, qui parle le langage des choses surnaturelles. C'est encore ce qu'a défini le concile du Vatican : (( Si quelqu'un dit qu'il ne peut pas se faire, ou qu'il ne con- • vient pas que l'homme soit instruit par la révélation divine, de Dieu « el du culte qui doit lui être rendu, qu'il soit anathème.
« Si quelqu'un dit que l'homme ne peut pas être divinement élevé à « une connaissance et à une perfection qui dépasse sa nature, mais « qu'il peut et doit arriver de lui-même à la possession de toute vérité» « et de tout bien par un j)rogrès continu, qu'il soit anathème. »
Ainsi, pour un catholique, il ne peut pas y avoir d'hésitation sur ces deux points : 1 ° la raison mène à Dieu ; 2" Dieu nous conduit ensuite par sa parole à la connaissance des vérités surnaturelles (1).
Quoi de plus raisonnable que cela, mes frères? Quand vous voulez aller en Europe, vous montez dans un vaisseau où se trouve un homme instruit et expérimenté, qui pourra vous conduire. Mais avec sa science et son expérience cet homme a encore un petit instrument bien nécessaire, une boussole qui, dans tous les temps, indiquera la route sans jamais se tromper. Nous avons tous un grand voyage à faire, mes frères ; nous allons des bords du néant au rivage de l'éternité, et nous traversons la mer du len)ps. Notre vaisseau c'est l'Eglise, notre pilote c'est le Pape, et la boussole c'est l'Infaillibilité doctrinale, c'est cette assistance continuelle de l'Espril-Saint, qui empêchera toujours le pape de nous faire prendre une fausse roule sur la mer que nous traversons.
Si vous voulez voyager dans le pays de la science, c'est encore la même chose : il faut un guide, il faut un mattre. C'est donc la loi de la nature, que nous nous laissions guider par quelqu'un dans notre pèlerinage ici-bas. Or le 'premier principe des naturalistes, cest qu'en toutes choses la nature ou la raison hu7naine doit être maîtresse et souveraine. Les naturalistes méprisent donc les lois de celle nature qu'il» prétendent mettre au-dessus de tout.
Voici ce que dit sur le même sujet le saint Concile du V^alican :
« Personne n'ignore qu'après avoir rejelé le divin magistère de l'Eglise « et laissé ainsi les choses de la religion au jugement de chacun, les
(1) Il a été parlé de cela dans une autre conférence ; mais vu les développements nouveaux qui sont donnés ici, les lecteurs nous saurons gré de n'avoir rien retranché.
« hérésies proscrites par les Pères de Trente, se sont divisées peu à peu « en sectes multiples séparées, et se combattant entre elles, de telle sorte « qu'un grand nombre ont fini par perdre toute foi en Jésus-Christ, u Elles en sont venues à ne plus tenir pour divine la sainte Bible elle- « même, qu'elles affirmaient autrefois èlre la source unique et le seul a juge de la doctrine chrétienne, et même à l'assimiler aux fables my- «c Ihiques. »
A l'époque où nous en sommes rendus, il y a trois courants : le Catholicisme, le Rationalisme et le Protestantisme. Le Catholicisme repose sur la Révélation, le Rationalisme sur la Raison humaine, et le Protestantisme est un demi-rationalisme. En efîet, il admet la révélation, mais c'est pour la soumettre ensuite à la raison humaine dans l'interprétation qu'il en laisse au jugement ])rivé de chaque homme.
Ces sectes qui disaient : la Bible, rien que la Bible, sont venus à se demander : Comment donc puis-je prouver que la Bible vienne de Dieu ! Ne pouvant trouver de réponse à cette question, car pour en trouver une suffisante, il aurait fallu venir dans l'Eglise catholique, elles sont tombées dans le doute et de là dans le rationalisme.
J'ai entendu avec beaucoup d'intérêt la discussion de ces grandes questions par des hommes éminents, dans le dernier concile œcuménique; un évêque y a proclamé que l'incrédulité, le rationalisme qui nie crûment tout l'ordre surnaturel, est venu du principe proleslanl dont on a tiré les dernières conséquences.
On peut donc dire qu'aujourd'hui deux croyances se partagent l'univers (car le protestantisme occupe une place relativement petite dans le monde) : le Catholicisme qui croit au surnaturel, et le Rationalisme qui ne croit qu'à la raison humaine.
Le concile du Vatican, après avoir constaté que beaucoup de protestants en sont venus à douter de l'inspiration de la Bible elle-même, continue ainsi : « C'est alors qu'a pris naissance et que s'est répandue au « loin dans le monde cette doctrine du rationalisme ou du naturalisme, c qui s'attaquant par tous les moyens à la religion chrétienne {larce « qu'elle est une institution surnaturelle, s'etlorce avec une grande ar- « deur d'établir le règne de ce qu'on appelle la raison pure et la nature, « après avoir arraché le Christ, notre seul Seigneur el Sauv^eur, de l'âme « humaine, de la vie et des mœurs des peuples. Or, après qu'on eut « ainsi délaissé et rejeté la religion chrétienne, après qu'on eut nié Dieu « et son Christ, l'esprit d'un grand nombre s'est jeté dans l'abîme du « panthéisme, du matérialisme et de l'athéisme, à ce point que, niant