‹ Vers l'abîme (volume 4)Chapitre 51 sur 77 · X. Du fondement de ]a société domestique · texte numérisé non relu

X. Du fondement de ]a société domestique

Quod ergo Deus conjunxit homo non

separet.

Ce que Dieu a uni, que l'homme ne

le sépare pas. Matth. XI.X, 6.

Mes frèrks, Il y a une espèce de proverbe qui dit que les hommes possédant la vérité sont moins bons que leurs doctrines, et que les hommes qui sont dans l'erreur sont souvent moins mauvais que les erreurs qu'ils professent : ainsi en est il de la Franc-Maçonnerie. Les principes de cette société sont horribles ; mais parmi ses membres il se trouve des hommes qui sont meilleurs ou moins méchants que la société dont ils font partie. Est-ce qu'il faut, a cause de cela, ne rien dire contre la

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Franc-Maçonnerie, la laisser tranquillement faire son œuvre ? Ce serait Ik un grand malheur, mes frères ; aussi, pour notre pari, ne cesserongnous jamais de la dénoncer.

Léon XI 11 pose comme vérité fondamenlale (|ue la doctrine des francs-maçons repose sur le Rationalisme et le Naturalisme. Le Rationalisme met la raison humaine au-dessus de toute autorité, et refuse d'admettre la Révélation. En toute chose il ne veut se fier qu'aux lumières de la raison, et rejette tout l'ordre surnaturel. Le Catholicisme admet bien les lumières de la raison ; c'est ainsi que je vous ai prouvé qu'on pouvait arriver par la raison humaine à la connaissance de Dieu ; mais en même temps il admet que la Révélation est venue au secours de la raison, pour dévoiler à l'homme les choses qui sont au-dessus de notre nature.

Le Naturalisme est une erreur touchant la fin de la société : il met tout le bonheur auquel l'homme aspire dans les choses d'ici-bas, dans la nature ; tandis que le Catholicisme place le vrai et souverain bonheur dans les choses surnaturelles.

C'est une chose remarquable que Notre-Seigneur, dans l'admirable sermon de la montagne, parle presque continuellement du bonheur. Huit fois de suiteil commence ses phrases par le mot bienheureux. Ceci nous fait toucher du doigt cette vérité sur laquelle j'ai appuyé tant de fois danslecours de mes instructions, savoir que l'homme cherchecontinuellementle botiheur, et qu'il n'a réellement rien autre chose à faire ici-bas.

Il est de la dernière importance de bien savoin où se trouve ce bonheur, et comment nous pouvons y arriver ; et nous devons plaindre sincèrement ceux qui se laissent tromper dans cette recherche.

Notre divin Sauveur pose la base du vrai bonheur, en disant : Bienheureux les pauvres d'esprit parcequ'ils verront Dieu. Bienheureux les pauvres d'esprit, c'est-à-dire ceux qui sont détachés des choses de la terre. 11 dira plus tard : Que sert à l'homme de gagner tout l'univers, s'il vient à perdre son âme ? Et sous l'Ancien Testament, le sage Salomon avait senti la môme vérité, il était roi puissant, il était comblé de richesses, il n'avait refusé aucune jouissance ni à ses yeux, ni à ses oreilles ; or, après tout cela, il écrivit un livre qui commence par ces mots : Vanitas vanitatum et omnia vanitas ; vanités des vanités, tout n'est que vanité. 11 reconnaît que la nature, les richesses, les plaisirs, les honneurs ne peuvent nous rendre heureux. Le Naturalisme s'appuie donc sur un principe faux, en mettant le bonheur uniquement dans les choses de la vie.

En quoi consiste le bonheur pour l'homme ? Il consiste à établir le règne de Dieu en nous. C'est ainsi que les saints ont lait, et ils ont trouvé tout le bonheur dont on peut jouir sur la terre ; mais surtout ils se sont assuré le bonheur éternel pour l'autre vie. Les méchants ont l'ait une expérience en sens contraire : ont-iis trouvé le bonheur dansle crime ? Non, mes frères ; le bonheur n'est pas pour les impies. Au moment où ils s'abandonnaient le plus librement à toutes leurs inclinations mauvaises, ils ont senti un chagrin intérieur, ce que nous appelons le remords ; ils ont éprouvé un dégoût insurmontable, parce que leur prétendu bonheur n'est en rien proportionné aux aspirations de l'âme humaine.

Continuant à mettre en regard l'Eglise et la Franc-Maçonnerie, nous allons commencer aujourd'hui à comparer leurs doclrinps sociales, en commençant par les doctrines sur la société domestique.

La société domestique repose sur le mariage ; par conséquent, il faut nous demander ce qu'est le mariage pour le Catholique et ce qu'il est pour le Franc-Maçon. Nous serons obligés de faire des citations un peu longues, mais vous ne vous en plaindrez pas, mes frères, parce qu'il est bien important que vous ayiez le texte même des documents. Cela est d'autant plus nécessaire, qu'il y a, sur ces question», un plus grand nombre d'idées fausses répandues même parmi les Catholiques, m A peine avions-Nous mis la main au gouvernail de l'Eglise », dit le Souverain Pontife, « que Nous avons clairement senti la nécessité de ré- « sister à un si grand mal et de dresser contre lui, autant qu'il serait «possible. Notre autorité apostolique. — Aussi, profitant de toutes le» « occasions favorables, Nous avons traité les principales thèses doclri- (( nales sur lesquelles les opinions perverses de la secte maçonnique (( semblent avoir exercé la plus grande inQuence »...

« Relativement à la société domestique, voici à quoi se résume l'en- « seignement des naturalistes. Le mariage n'est qu'une variété de « l'espèce des contrats ; il peut donc être légitimement dissous à la vote lonté des contractants.

(( Les chefs du gouvernement ont puissance sur le lien conjugal, « Dans l'éducation des enfants, il n'y a rien à leur enseigner méthodi- « quement ni à leur prescrire en fnil de religion. C'est affaire à chacun « d'eux, lorsqu'ils seront en âge, de choisir la religion qui leur plaira, c Or, non seulement les francs-maçons adhèrent entièrement à ce» « principes, mais ils s'appliquent à les faire passer dans les mœurs et « dans les institutions. Déjà, dans beaucoup de pays, mêmes calho-

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