‹ Vers l'abîme (volume 4)Chapitre 52 sur 77 · DE LA SOCIÉTI^: DOMESTIQUE · texte numérisé non relu

DE LA SOCIÉTI^: DOMESTIQUE

(( liques, il est établi qu'en dehors du mariage civil il n'y a pas d'union « légitime. Ailleurs, la loi autorise le divorce que d'autres peuples « s'apprêtent à introduire dans leur législation le plus tôt possible, « Toutes ces mesures hâtent la réalisation prochaine du projet de « changer l'essence du mariage et le rôduire à n'être plus qu'une union « instable, éphémère, née du caprice d'un instant, et pouvant être dis- « soûle quand ce caprice changera. »

Pour les iVancs-maçons, le mariage n'est donc qu'un contrat civil semblable à tous les autres contrats ; sur lequel, par conséquent, on peut revenir pour n'importe quelle raison. Commonl n'arrivaient-ils pas il cette conclusion, eux pour qui la plus haute autorité est la raison humaine?

Chaque fois que les francs-maçons se sont vus en force dans un pays, ils se sont hâtés d'y établir le mariage civil, le mariage en dehors de toute participation religieuse. Un homme qui prend une femme est pour eux tout simplement comme un homme qui engage une servante : il peut la renvoyer quand il lui plaft ; il peut en engager deux, trois, six mème^ s'il le veut. Or, cette doctrine est directement condamnée dans le saint Evangile. Voici en effet ce que nous lisons dans saint Mathieu : « Des pharisiens vinrent aussi à Jésus pour le tenter, et iis lui dirent : « Est-il permis à un homme de renvoyer sa femme pour « quelque cause que ce soit? Il leur répondit: N'avez-vous point lu que « celui qui créa l'homme au commencement créa un seul homme et (( une seule femme, et qu'il dit : Pour cette raison, l'homme quittera « son père et sa mère, et il demeurera attaché à sa femme ; et ils seront « deux en une seule chair » (Matth. xix, 3-5). Voilà comment Notre- Seigneur nous apprend à considérer le mariage, voilà comment il nous en donne l'origine.

Ru effet, si nous consultons la Révélation primitive, nous voyons que Dieu créa d'abord un homme seul. Ce premier homme n'avait d'autre roi que le Dieu qui venait de le créer ; il n'y avait pas encore de société domestique ni de société civile, mais il y avait déjà la société religieuse. Adam, le premier homme, s'entretenait avec Dieu ; il parlait non seulement dans son cœur, mais en émettant des sons par sa bouche, ainsi que nous faisons aujourd'hui.

Comment prouver qu'Adam parlait, même avant la formation d'Eve, la première femme ? Nous le prouvons par l'Ecriture Sainte. « Le Seigneur Dieu, » dit la Genèse, ayant donc formé de terre tous les ani- « maux terrestres, et tous les oiseaux du ciel, il les amena devant

320 œUVRES ORATOdlliS DE M^' LAFLÈCBE

« Adam, afin qu'il vtt comment il les appellerait ; et le nom qu'Adam « donna à chacun des animaux est le nom même qu'il a porté » (Gen. Il, 19). Adam parlait donc, puisqu'il adonné à chaque animal le nom sous lequel on a continué à le désigner.

Dieu, de plus, avait donné à Adam des connaissances profondes sur l'histoire naturelle, car il appela d'un nom qui leur convenait, tant les animaux que les oiseauco du ciel et les bêtes de la terre.

Vous allez maintenant voir clairement le plan divin, mes frères : Dieu avait institué la société religieuse, il va instituer la société domestique, mais pour montrer l'union qui devra exister dans cette société, il veut que les deux personnes qui la composent d'ahord procèdent d'un même principe. « Et le Seigneur Dieu envoya donc à Adam un profond j^om- « meil ; et lorsqu'il était endormi, il tira une de ses côtes, et mit de la « chair à sa place. Et le Seigneur Dieu, de la côte qu'il avait tirée «d'Adam forma la femme, et l'amena à AdRm».(6'en. n, 21, 22). L'homme et la nouvelle épouse que Dieu lui a formée ne sont donc, en quelque façon, qu'un même être. Et Adam apercevant Eve, dit : Voilà Vos de mes os, la chair de ma chair ; celle-ci s'appellera d'un nom qui marque l'homme, parce qu'elle a été prise de l'homme. D'après tout ce que nous venons de voir, le principe fondamental du mariage, c'o^iVunité. Dieu n'a pas fait deux femmes pour un homme, mais utie s^de femme pour un seul homme ; c'est là le principe.

Quand deux personnes se présentent pour contracter mariage, on demande leur consentement libre, car le mariage est l'acte de deux êtres libres ; mais une fois que leur consentement est donné, c'est Dieu qui les unit : leur contrat est alors indissoluble parce qu'il est divin. Ce n'est pas un contrat humain, c'est un contrat qui repose sur la volonté divine et que Dieu seul pourrait briser.

Le mariage chrétien, on le voit, repose sur deux principes : l'unité et l'indissolubilité ; la polygamie est opposée à l'unité et le divorce à l'indissolubilité.

Le pape, dans l'encyclique Humanum genus, nous montre comment les hommes, pour avoir méconnu ces deux principes, sont tombés dans des désordres épouvantables. Chez les païens, le débordement des mœurs en était venu à un tel point, que les hommes sérieux en étaient consternés. Au milieu de tout cela, le père exerçait dans sa famille un despotisme atroce ; ainsi, chez les Romains qui se considéraient pourtant comme le peuple le plus civilisé de la terre, le père avait droit de vie et de mort sur sa femme et aussi sur ses enfants. Quand on ne fait

DE LA SOCIÉTÉ DOMESTIQUE 3il

ptus reposer sur Dieu le contrai malriinonial, on tombe dans des égarements et des excès qui font frémir. Le chef de l'Eglise élève donc la voix : il expose les devoirs que les Catholiques ont à remplir ; il expose les conséquences auxquelles nous mène l'oubli des principes catholiques, sur un sujet aussi important. II rappelle que, quand Jésus est venu sur la terre, l'humanité paraissait plutôt un vil troupeau qu'une réunion d'hommes créés à l'image de Dieu.

Voilà qu'on renouvelle les erreurs dont le Christianisme avait purgé la terre : le mariage n'est plus qu'un contrat humain, les gouvernements établissent le divorce ; les mômes principes amènent les mêmes conséquences, les mêmes causes produisent les mêmes effets : la femme retournera à l'esclavage d'où l'Eglise l'avait miséricordieusement retirée, et l'enfant ne sera plus qu'une victime du despotisme paternel.

Mais qui doit déterminer les lois auxquelles seront soumis ceux qui contractent mariage*^ Mes frères, Jésus-Christ a laissé ce soin à son église et à elle seule. Le mariage est une chose sainte, un sacrement, il n'est pas sous la juridiction civile. L'Eglise seule a le pouvoir d'établir des empêchements qui diriment le mariage, et de dispenser de ces empêchements au besoin. L'Kglise seule peut juger des causes matrimoniales, déterminer, par exemple, s'il y a eu mariage ou non dans telle circonstance donnée. Les gouvernements auront beau faire des lois sur le mariage, établir certains empêchements et en retrancher certains autres, leurs législations sont nulles devant Dieu et n'oblii^eront jamais en conscience.

« Le mal s'augmente », dit Léon XIII, « de tous les périls qui me- « nacent la société domestique et la société civile. Ainsi que Nous « l'avons exposé ailleurs, tous les peuples, tous les siècles s'accordent à « reconnaître dans le mariage quelque chose de sacré et de religieux, « et la loi divine a pourvu à ce que les unions conjugales ne pussent « être dissoutes. Mais si elles deviennent purement profanes, s'il est « permis de les rompre au gré des contractants, aussitôt la constitu- « tion delà famille sera en proie au trouble et à la confusion • les « femmes seront découronnées de leur dignité ; foule protection et toute « sécurité disparaîtront pour les enfants et pour leurs intérêts ». Oui pour comprendre toute la perfidie de la secte mar-onnlque, souvenezvous que partout et toujours, même chez les infidèles, le mariao-e a été considéré comme une chose sacrée, qui attirait les bénédictions du ciel. Les francs-maçons violent donc d'une manière étrange la loi divine avec leur mariage civil où ne se môle pas une pensée religieuse.

La fin du mariage n'est pas sealement de propager le genre humain, mais c'est encore de donner des saints au ciel : c'est ici la lin élevée du mariage. Parents chrétiens, vous ne devez pas penser seulement à conserver la vie corporelle de vos enfant» et à leur donner des richesses, vous devez avoir un but plus noble et plus sublime : leur donner en héritage des principes chrétiens qui leur feront acquérir le bonheur du ciel. Voilà le but, il est noble, il est sublime ; et l'un des moyens d'y parvenir est de garder l'unité dans la famille ; alors la famille spra compacte, et l'on trouvera le bonheur à son foyer. Il faul resserrer les liens de la famille; alin que les enfants soient attachés à leurs parents, et qu'ils trouvent ainsi une sauvegarde au milieu des dangers de la vie.

Saint Paul établit l'ordre de subordination qui doit exister dans la famille ; le chef naturel de la famille, c'est l'homme. Epoui^ vous êtes maître dans votre maison, mais votre femme n'est pas votre esclave ; Dieu a fait la première femme d'une des cèles de l'homme, pour faire comprendre qu'elle doit être sa compagne.

Epouse, vous devez la soumission à votre mari ; il a reçu en partage la force, l'intelligence pour les alTaires importantes; il doit vous protéger et subvenir à vos besoins; vous, votre rôle est dans l'intérieur de la famille, un rôle de paix et d'affection. Les âmes des enfants vous sont spécialement confiées, c'est vous qui les formerez à la vertu, ne croyez pas que votre œuvre soit sans importance.

Que les femmes aiment leurs maris conjme l'Eglise aime Jésus- Christ ; que les maris aiuient leurs femmes comme Jésus-Christ «itue son Eglise.

Résumons en quelques mots la doctrine que nous venons-d'expo ser :

1° Le mariage est une chose sacrée, qui tombe sous la puissance de l'Eglise seule; et tout gouvernement qui veut créer des empêchements de mariage empiète sur les lois de l'Eglise ;

2° Le mariage est un et indissoluble, el la famille est une soc'iéié stable et permanente, sous ]e conirùle de l'Eglise; tout gouvernement qui établit des lois de divorce empiète sur les droit» de l'Eglise et se fait l'ennemi de la famille. Un représentant du peuple ne peut donner un vote en favour de l'établissement de semblables lois, et il ne peut contribuer à les appliquer, une fois qu'elles sont établies, pour la dissolution (l'un mariage ;

.'i" Dans les procès sur des questions matrimoniales, il s'agit unique-

Page 1