SECONDE PARTIE
Mais pendant cette petite trêve où la miséricorde de Dieu a placé notre courte existence, l'enfer n'est pas resté oisif. Satan ne se décourage jamais en voyant se multiplier ses défaites. Au contraire, ses noirs projets n'en deviennent que plus audacieux et plus gigantesques. C'est ce que nous annoncent les événements présents auxquels nous allons maintenant nous attacher.
Une nouvelle bataille est donc livrée à l'Eglise de Jésus-Christ.
Etant dans ces combats nouveaux non seulement les spectateurs mais aussi les intéressés, il nous importe grandement de bien connaître les combattants, le champ de bataille et le but de la lutte, pour voir clair dans la mêlée.
Or, il est inutile de se faire illusion, l'Europe est aujourd'hui divisée en deux camp^ plus distincts que jamais. C'eJ^t d'un côté le Pape, les Evéques avec leur clergé et tous les vrais chrétiens ; de l'autre, l'infidélité, le schisme, l'hérésie et l'impiété, triste phalange conduite par des princes qui se disent catholiques sincères, mais qui ne sont que des déserteurs et des traîtres. L'indifférence ne peut tenir entre ces camps. L'ignorance y tient à peine.
Le champ de bataille est le domaine temporel de l'Eglise, mais le véritable but de la guerre et l'abaissement de son pouvoir spirituel, la négation de ses droits éternels.
Ce n'est plus Vunité de Dieu, comme au temps des Césars; ni la divinité de Jésus-Christ, comme au temps des Ariens ; ni Vhéritage du Sauveur, comme à l'époque de Mahomet ; ni Vunité de l'Eglise, comme aux jours des Luther et des Calvin ; c'est la liberté de l'Eglise que l'ennemi attaque maintenant. L'enfer voudrait m'^ttre ses chaînes aux mains de l'Epouse de Jésus-Christ. Satan croit, dans son aveugle rage, que si le sol manquait tout à couj) à cette Reine des nations, il viendrait plus facilement à bout de la renverser ; il croit qu'il finirait par la traîner en esclavage, et par l'y étouffer de ses serres tyranniques. Afin d'arriver à son but dans la présente lutte, il a pris, pour arme principale, Vhypocrisie soutenue de la violence ; puis il a dressé ses plans, nommé ses chefs, distribué les rôles, préparé ses batteries. Et comme il
Vi ŒUVRES ORATOIRES DE M^' LAFLÈCHE
lui importait, plus que jamais, de ne pas être reconnu, des l'abord, il a jeté, par dessus tout, le manteau de la politique^ le plus grand et le moins froué qu'il lui restait. C'est dans ce:^ conditions que le feu vient de se rouvrir contre l'Eglise d? Dieu.
Ce qui oppresse le cœur fidèle, celte fois, ce n'est pas la fureur de l'attaque, ni l'habileté des ténébreuses manœuvres de Satan ; c'est l'ingvatilude de ceux qui servent les projets de cet ennemi ; c'est de voir ri<.glise^ notre bonne Mère, obligée de se défendre contre les premiers d'entre ses enfants; c'est de la voir humiliée, méprisée, dépouillée, avec préméditation, par des fils qu'elle a tendrement nourris entre ses bras, des fils forts, riches et puissants. La Providence lui avait donné un petit champ d'où elle lirait le peu de bien terrestre nécessaire à son existence, un petit domaine d'où lui venait le modeste vêtement dont elle use, pour paraître en présence des nations. C'était trop aux yeux de ces ingrats I 11 fallait lui ravir cette modique propriété et l'a jouter à leurs Etats, lui mettre sur les épaules les haillons de l'indigence, et la forcer à demander son pain. C'esl là ce qui serre le cœur de ceux qui n'ont pas encore perdu tout sentiment d'amour filial.
Voyons maintenant, en détail, les phases des divers combats commencés depuis quatre ans contre l'Eglise, et an fort desquels sont tombés les glorieux militaires que nous sommes venus recommander au Sfigneur dans nos prières, et par cette cérémonie.
En 1856, les grandes puissances de l'Europe se réunissaient en Congrès à Paris. C'est là qu'on trouve, arrivés à l'esprit des hommes, la pensée et le plan de la bataille telle qu'elle se livre actuellament. Qu'était-ce donc que ce Congrès de Paris?... Une guerre de géants venait d'élre terminée. Les campagnes de la Ciirnée regorgeaient de sang, étaient couvertes de cadavres. Les murs inexpugnables do Sébaslopol étaient renversés. Le puissant autocrate du Nord s'avouait vaincu. Il s'agissait d'assurer l'intégrité de l'empire Ottoman, de IVmpire antichrétien. C'était là tout, et on s'y attendait. Mais non. Quand l'empire de Mahomet fut remis sur ses bases, un fils de l'Eglise Catholique tout à coup se lève, devant ce tribunal composé d'infidèles, de schismatiques, d'hérétiques et de peu de catholiques sincères; il accuse... son Père, le Chef Suprême de l'Eglise, le Vicaire de J.-C; il l'accuse... de ne pas savoir goiiverner ses Etats, de tyranniser son peuple, d'être nne catise continuelle de troubles et d'alarmes pour l'Ilalie et l'Europe. Pour rendre son accusation plus plausible, il la fait peser sur les autres Souverains de l'Italie, dont il convoite les Etats aussi ardemment que
ceux de l'Eglise. A celte étrange inculpation, quelle est la voix qui s'rlèvera pour réclamer? Que va dire, que va faire le représentant de la Catholique France, lui qui préside à TAssemblée? 11 fait ce que lui a dit, ce qu'a si bien su faire, depuis, son maître : il lui laisse faire! I Mais le droit permet-il de citer un homme, et encore plus un Souverain devant ses égaux? Comment ose-t-on faire au Pontife-Roi un si grand et si indigne outrage? Mais c'est au Vicaire môme de Jésus- Christ, à la première dignité du monde que l'on insulte? Qu'importe le droit, la justice, la dignité et la vérité? Jl s'agit d'accomplir des faits. On a la force ; cela suffit. On demande donc des réformes au Pape, au Pape le meilleur, le plus doux, le plus sage des Souverains; des réformes inadmissibles, qui ne tendent à rien moins qu'à une véritable renonciation k la Souveraineté. Quelle dérision ! Ainsi, dans ce Congrès célèbre auquel l'Empereur des Français dicte des lois^ l'intégrité de l'empire Ottoman, empire anti-chrétien, est stipulée; la suppression de l'empire Chrétien personnifié dans le Souverain Pontife, Souverain des Etats de l'Eglise, et véritable Roi de la société humaine, est lésolue, implicitement admise ! Ces princes qui viennent de donner publiquement une leçon de conduite à leur auguste Père, vont tout à l'heure proclamer hautement qu'on ne doit pas se mêler des affaires d'autrui. N'en soyons nullement surpris. Il ne leur est pas plus défendu de violer les règles de la logique, que celles du droit, de la piété et de la justice.
Tel est le premier acte de cette grande tragédie dont le prochain dénouement épouvante le monde. Tel est le premier scandale qui y est donné, par les grands aux petits, dans le domaine de la morale.
Les choses vont ensuite s'apaisant peu à peu. La paix effrayée semble revenir un moment sur la terre.
En parlant de ce Congrès de Paris, de ces outrageantes réformes demandées au S* Père, on ne peut écarter de sa mémoire des souvenirs d'une date encore fraîche. C'est ce même Pontife, cet illustre Pie IX, qui montait sur le trône des Papes en 1846, justement 10 ans avant le fameux Congrès. N'écoulant que la bonté de son cœur, le S' Père accordait de grandes libertés pour apaiser les mécontents de son peuple. Les félicitations, les applaudissements, les acclamations des ennemis de la Papauté retentissent encore à nos oreilles. Il paraissait avoir comblé tous les vœux. Le lendemain de ce» réjouissances éphémères, le pre^mier ministre Rossi était assassiné, le gouvernement pontifical renversé, le même S' Père, Pie IX, obligé de se réfugier à Gaëte. Qui ne
se souvient de ces événements? Cela seul ne suffirait-il [)a9 pour montrer ce que l'on peut attendre de la Révolution. Lui accorde-t-on un pouce de terrain, elle en demande dix ; ces dix obtenus, elle s'en sert pour enlever le reste. Nous n'entendons blâmer en rien la conduite éminemment sage et prudente du Souverain Pontife ; nous voulons seulement constater que la Révolution est un monstre surla foi duquel on ne saurait compter. Et ne croirait-on pas au vertige, quand des princes, qui veulent passer pour des fils dévoués, demandent sérieusement, au S' Père, des concessions encore plus dangereuses que celles qui ont amené sa chute? Et n'est-ce pas à provoquer plus que la stupéfaction, de les voir s'adresser à Pie IX lui-même, à peine revenu de l'exil, à Pie IX qui a plus accordé de libertés dans les premiers jours de son règne, que le libéral président du Congrès dans toute sa carrière impériale.
Tout paraissait donc dormir dans le calme, quand au premier jour de l'an 1859, une parole de l'Empereur français, adressée à l'ambassadeur d'Autriche, retentit comme un coup de tonnerre d'un bout de l'Europe à l'autre. Cette parole annonçait la guerre. Personne n'en pouvait deviner la cause. Cependant tout le monde était convaincu qu'une guerre formidable était imminente, L'Episcopat français s'alarme, et manifeste ouvertement ses craintes. Mais le puissant Empereur des Français, qui s'était montré jusque-là si loyal et si franc, se charge lui-même de le rassurer, et avec lui tout l'univers catholique. II déclare solennellement, à la face de l'Europe, qu'il ne va pas en Italie faire l'œuvre de la Révolution; et il proteste que tous les droits du S' Père, comme Souverain temporel, seront scrupuleusement respectés. Les inquiétudes se calment, sans toutefois se dissiper entièrement. Les Evoques se rassurent, tout en engageant leurs ouailles k conjurer le Ciel de détourner la lempôte qui paraît vouloir se déchaîner contre l'Eglise.
Cependant l'Empereur prend le chemin de la Lombardie avec plus de cent mille hommes. En un iiislani, il s'est jeté sur l'Autriche. Le canon gronde en Italie. Bientôt les champs de Montebello, de Magenta, de Soiférino sont jonchés de cadavres ; le plus pur sang de la France inonde les sillons. La grande et généreuse nation perd 25 à 30.000 de ses enfants, et l'Autriche est reculée. L'Autriche tenait la Révolution enchaînée aux pieds des Alpes, depuis jilusieurs années ; la Révolution est débridée, mise en liberté, et voilà tout le résultat de cette belle campagne d'Italie. Ici, quelle cruelle déception pour les bons Catho-
li'ques, pour les véritables amis de l'ordre! Le puissant Empereur qui avait si vigoureusement étouffé la révolution en son pays, avait paru jusque-là l'homme de la Providence, le défenseur de l'autorité. On fondait en lui les espérances les plus belles. Sa parole et son génie avaient même suffi, auprès de plusieurs, pour justifier, jusqu'à un certain point, la guerre d'Italie que l'on ne s'expliquait pas. 11 faut maintenant que l'on se désabuse ! Hélas ! cet homme n'est plus le protecteur de la vérité ; il est le serviteur, ou déjà l'esclave de la Révolution. On le voit combattre avec le chef des révolutionnaires, à côté de Garibaldi encore tout couvert du sang français. Quel contraste! Dix ans auparavant, il avait attaqué cet aventurier sous les murs de Rome, pour venger des droits; aujourd'hui il lui bat la marche pour renverser des trônes. En effet, pendant que cet Empereur fait, à la manière des nations civilisées, une guerre qui a l'apparence de la justice, la révolution, à sa remorque, se rue sur les duchés. Les princes légitimes sont chassés, le désordre et l'anarchie les remplacent. Et aussitôt que la Révolution a pris son élan, que les obstacles sont renversés, que l'œuvre devient trop visible et compromettante, l'Empereur prudemment se retire, en avouant que la Révolution le déborde. Ah ! c'est en vain qu'il veut donner le change au monde catholique, par sa paix hypocrite de Villa-Franca, ?on traité dérisoire de Zurich, ses desseins sont compris. Non, la Révolution ne le déborde pas, elle le suit. Il dit que les droits des souverains seront sauvegardés ; cependant, de sa propre autorité et sans consulter les intéressés, il trace le plan d'une confédération, il otîre les honneurs d'une présidence. Inconséquence, hypocrisie que tout cela. Et que fait-il, au reste, pour exécuter ses traités ? Rien. Il laisse faire la Révolution. L'homme qui remuait toute la France en un jour, qui avait des milliers de soldats catholiques, et des milliards de francs à sacrifier pour le Sultan et pour une idée, n'a plus une amorce à brûler pour la justice, ne sait plus rien faire pour le S' Père, pour faire respecter le droit des souverains. Il sait faire des lois, au plutôt poser des principes qu'on croirait n'appartenir qu'à des rois barbares.
11 invoque une prétendue volonté générale des peuples, qui peut servir à tous les desseins : il veut légitimer les faits accomplis ; surtout il proclame la non-intervention, en face de l'iniquité et du crime. C'est dans l'application de pareils principes que l'on apprécie, à sa juste valeur, le catholicisme de l'Empereur des Français.
Les princes sont étonnés de cette nouvelle morale, et s'interrogent du
regard. La Révolution, sans discuter, la met à son profit : elle enlève les Romagnes et continue sa marche. La Catholicité tout entière se sent blessée. Les nations s'émeuvent, les fidèles frémissent, et s'apprêtent à voler au secours de leur Père opprimé et de la justice outragée. C'est alors que le fih dévoué de l'Eglise, levant plus haut le masque, et brandissant la terrible épée de la France dont sa main est armée, crie à l'Autriche, à l'Espagne et à tous les amis de l'ordre : a Non, vous n'interviendrez pas ; laissez faire ! » C'est-à-dire, laissez la Révolution lancer ses brigands sur des étals libres, porter une main sacrilège sur les biens de l'Eglise, perpétrer ses forlaits, jeter tout dans le désordre et la confusion : ce sont là des actes à ne pas contrôler ; bientôt ce seront de grands faits accomplis.
Voilà comment un malheureux prince, après avoir déchaîné la Révolution, en couvre les excès sous l'égide d*^ sa puissante protection. Fidèle au principe de ne laisser personne intervenir en faveur de l'Eglise, et de laisser agir ses ennemis, cet inique souverain donne, dans son propre pays, champ libre à la presse révolutionnaire et impie. Des journaux mensongers, des pamphlets calomnialeuis, de détestables écrits circulent librement en France. D'un autre côté, de crainte que la lumière et la vérité ne se fassent jour, il ferme 'a bouche aux hvéques, il supprime les plus vaillants champions de la presse catholique, disant toujours : « N'intervenez pas. » Quand il a enlevé à l'Eglise la faculté d'exhaler sa douleur, il s'en va vers le Souverain Pontife avec de perfides conseils. Ces conseils refusés ne tardent pas à se résoudre en une brochure sans nom, qui indique clairement le dénouement de toute la pièce. Et oserais-je dire ici, ce que des hommes éclairés ne craignent pas de formuler, d'après des faits non-équivoques ? J'ajouterais que le prince qui veut paraître si plein de sollicitude pour l'Eglise, ne paraît pas, absolument étranger à cet infâme guet-apens où sont tombés les généreuses victimes que nous pleurons aujourd'hui. Mais l'histoire, plus tard, nous dira mieux ce que l'on doit en penser.
Qu'il s'enveloppe d'un mystérieux silence, on le comprend ; mais ce n'est encore là qu'un voile d'hypocrisie, bien trop mince à la vérité. Quand les actions parlent d'elles-mêmes aussi haut, c'est en vain qu'on prétend qu'elles n'expriment pas la pensép et les affections du cœur. Sa conduite n'est qu'un tissu de contradictions, une suite d'infidélités à sa parole, qui étonnent et scandalisent les moins clairvovanls. Ne se souvient-on pas de ses fameuses promesses au Souverain Pontife, de sps belles garanties, diminuant comme le danger croissait ?
A-t-il cru, avec cela, en imposfir au monde chrétien ? Il a laissé des soldats à Rome ; mais ce service se réduit à tenir le S"^ Père dans une longue agonie. Non, sa politique dissimulée ne le sauvera jamais d'être placé au rang des persécuteurs de l'Eglise. Jl est étonnant seulement, qu'il ne voit pas le rocher de Sainte-Hélène se dresser devant lui comine un géant prophétique.
Des hommes en qui la charité surabonde veulent trouver dans ses velléités en faveur du S' Siège, une lueur d'espérance. Ils admettent qu'il peut encore marcher à la tête du parti de l'ordre, écraser la révolution, el devenir pour l'Eglise un instrument de triom[)he. Plaise au ciel qu'il en soit ainsi! Mais il reconnaissent également, qu'en suivant décidément le parti contraire, il peut ramener le chaos en Europe. Quoiqu'il en soit du potentat et de ses desseins, conservons une ferme espérance. Et pour reposer notre esprit fatigué du triste spectacle qui se déroule à ses yeux, rappelons-lui que le Seigneur peut toujours, comme autrefois, tirer du chaos l'ordre et la lumière. Quelque tempête que l'enfer puisse soulever, la barque qui porte le Christ ne sera jamais engloutie. Au moment où nous la croirons sur le point de sombrer, une voix puissante se fera entendre el dira à la mer: Calmes tes flots.
L'Empereur des Français après avoir présidé au première acte de la grande tragédie, joué lui-même le second d'une manière sanglante, devait laisser le troisième aux intéressés. Il avait frappé le grand coup, rompu les chaînes de la Révolution, brisé ses entraves, il ne lui convenait pas de souiller ses mains impériales dans le détail d'actions basses €t dégradantes ; c'était là le rôle de la lie révolutionnaire. Il pouvait seulement couvrir le tout de sa grande protection.
C'est alors que l'on voit apparaître plus spécialement, sur la scène, l'homme aux couleurs et à l'équipement du brigand, Garibaldi, dont la sinistre figure annonce le progrès du mal ; et derrière lui son maître, le roi de Sardaigne et de Piémont, qui n'a pas encore le courage d'avouer ses desseins parricides, mais en qui se découvre l'instinct du «acrilège, du meurtre et du pillage. Et le troisième afle est commencé.
11 faut d'abord se rappeler que depuis longtemps des sociétés secrètes minaient sourdement le beau pays de l'Italie. Cette contrée, favorisée du Ciel et de la nature, était le refuge d'un grand nombre de fainéants et d'ambitieux. Là, dans l'ombre se tramaient d'infâmes complots contre l'autorité souveraine, el surtout contre l'Egli^-e. Cet infernal tra-
vail était précipité par l'action de certains ministres dont l'odieuse conduite ne nous est que trop connue. Le Piémont connaissait cela, et il visait à diriger l'œuvre de destruction contre ses voisins, à son propre profit. C'était un moyen d'accaparer toutes les couronnes de l'Italie, depuis la tiare jusqu'aux petits diadèmes des ducs. Aussi, au lieu d'étouffer les serpents qui empoisonnaient de leur venin la morale et la société, il les réchaulTail sur son sein, pour les répandre dans les Etats d'alentour, et se phiindre ensuite des ravages qu'ils avaient causés. Les choses en étaient là, quand le Roi de Piémont se leva pour accuser, à la face du Congrès, le Souverain Pontife de maltraiter ses peuples. Sa politique fut comprise et encouragée par certaines puissances auxquelles souriaient, soit levain fanlome de Vujiilé Italienne^ soit le renversement du pouvoir temporel du S' Siège. Alors sa hardiesse et son hypocrisie ne connurent plus de bornes. La presse, les émissaires, l'argent, les promesses, les menaces : tout fut mis à l'œuvre pour soulever les populations, et les amener à satisfaire une ambition démesurée. Comme le pouvoir temporel des Papes a toujours été un des plus grands obstacles aux projets des méchants, sur la terre d'Italie, ce fut sur lui que l'on porta les plus grands coups. La presse révolutionnaire non seulement du Piémont, mais de toute l'Europe s'employa à vomir, contre le gouvernement Pontifical, toutes sortes de plaintes, d'insinuations malveillantes et de calomnies, dont quelques unes ont retenti jusqu'au milieu de nous.
On a dit, par exemple, que les Souverains Pontifes ne savaient pas gouverner leurs Etats !... Mais ils gouvernent le monde. El ils ne pourraient gouverner quelques provinces ? Comment n'entendraieut-ils pas i'art de conduire les hommes, ceux qui sont [)lacés, par la plus sage assemblée de l'univers, à la tète d'un gouvernement divinement institué pour répondre aux plus grands besoins de l'humanité? Et où les nations européennes, mômes celles qui se glorifient le plus de leur sagesse, ont-elles pris la science du gouvernement, si ce n'est de la Papauté? Combien de fois les Papes ont-ils remis les Princes de ces nations dans le droit chemin, après les avoir tiré elles-mêmes de la barbarie. Les Souverains Pontifes ne sont pas seulement les meilleurs gouvernants de leurs petits Etats, mais encore les régulateurs de toute la société humaine. Aussi, tous les plus éminents publicisles reconnaissent que la civilisation du monde est leur œuvre; et c'est un fait que les ennemis de l'Eglise ne peuvent s'empêcher d'avouer. Cependant, la calomnie du mauvais gouvernement des Papes n'en est pas
moins un des principaux chefs d'accusalion, que la Révolution met en avant pour arracher à l'Eglise ses Etals et sa liberté.
Quoiqu'il ne s'agisse pas ici, de justifier le gouvernennent papal, qui d'ailleurs n'a pas besoin de défense auprès des chrétiens qui croient encore à la sagesse de leur Père, mais simplement de faire l'histoire des intrigues de la Révolution ; arrêtons-nous, quelques instants de plus, à considérer une ou deux de ces autres accusations mensongères, inventées par l'ennemi pour révolter les âmes.
On a osé dire que le Pape maltraitait ses peuples, et qu'il était ennemi du progrès.
Ce n'est pas dans les journaux impies et les pamphlets de la Révolution, qu'il faut aller chercher la vérité ; nous la trouverons dans les statistiques, dans les écrits officiels, dans les rapports d'hommes consciencieux et bien renseignés, et surtout dans la bouche du Souverain Pontife qui doit connaître mieux que personne ses propres affaires, et dont aucun vrai fidèle ne révoquera en doute la véracité. Or, que nous disent ces autorités? Que le peuple romain est un des plus heureux. La vie est chez lui à grand marché. La plaie du paupérisme qui dévoré l'Angleterre, qui ronge plusieurs autres contrées, beaucoup de belles villes de ces pays si grandement civilisés, y est inconnue. Les établissements d'éducation et de bienfaisance y sont multipliés. Les taxes, ces lourdes charges imposées au peuple, y sont, de moitié, moindres que dans l'Empire français et la Grande-Bretagne. On y est surtout exempt du terrible impôt du sang : la famille n'y est pas décimée par la conscription et le recrutement, comme en France et ailleurs, où l'on enlève, chaque année, pour le métier des armes, la fleur de la jeunesse. Les secours religieux et les véritables, si propres à sécher les larmes, y sont répandus avec une profusion qui n'a pas d'égale. Rien ne parle mieux contre celte prétendue tyrannie du Souverain Pontife, que l'état de la force armée dans les domaines Pontificaux. C'est à l'aide de 400.000 à 500.000 baïonnettes qu'on maintient l'ordre dans ces Etats qui se vantent de marcher en tète des |)ays civilisés, et qui veulent se donner pour modèles au S' Père. Or, dans les domaines Pontificaux, la moitié moins de soldats, proportion gardée, suffit pour conserver la paix, malgré les menées continuelles des sociétés secrètes, et les turbulents émissaires payés par l'ennemi.
On veut faire passer les Papes pour ennemis du progrès. Ce ne peut être du progrès moral certainement, puisque c'est de la chaire de saint Pierre, comme d'un centre, que rayonne l'enseignement de la vérité et
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de la justice dans le monde. Quant au progrès matériel, dont il ne faut pas trop exalter l'importance, les faits prouvent que les Pontifes ne l'ont pas négligé. Quoiqu'ils n'aient jamais été très riches, leurs peuples ont néanmoins vécu dans l'aisance et le bonheur. Ils ont donné à l'agriculture et k l'industrie, selon leurs ressources. Pour ce qui est des arts et des lettres, ils en ont été les sauveurs et les plus grands protecteurs. Et si les ennemis de l'Eglise peuvent formuler si éloquemment aujourd'hui, leurs fausses accusations contre le gouvernement de ses Etats, c'est à la Papauté qu'ils le doivent.
Ces quelques paroles suffiraient pour montrer que la duplicité et la mauvaise foi régnent dans la presse révolutionnaire ; pour prouver que l'on en veut aux Souverains Pontifes, uniquement parce qu'ils ne consentiront jamais à sacrifier les biens de l'Eglise à l'ambition et à la rapacité des hommes, et parce qu'ils se refuseront toujours à admettre, au nombre des vérités que Dieu leur a confiées, des doctrines subversives de l'ordre social. Combien de fois les Papes, et notamment l'illustre Pie IX en ces jours, nont-ils pas élevé la voix, pour faire connaître à l'univers l'hypocrisie et la noire malice des ennemis du S' Siège. Et si l'on désire d'autres témoignages en faveur de la vérité, on pourra consulter la Civilta Catholica, journal italien digne de foi. l'historien Margottij et surtout les ambassadeurs français et anglais, le Baron de Rayneval et lord Normanby, celui-ci, un de nos frères séparés, que l'on ne soupçonnera pas d'indulgence.
Enfin, deux traits qui portent avec eux le cachet de l'évidence sur les indignes calomnies dont nous parlons, ce sont : le premier, l'attitude respectueuse et la belle conduite des populations à l'égard des Souverains Pontifes, lorsqu'elles sont laissées à elles-mêmes, comme quand Pie IX parcourut ses Etats, il y a quelques années ; le second, l'emploi que l'on a fait dernièrement de la ruse et de la violence pour forcer le peuple romain à sanctionner, par le vote, un état de chose qu'il n'approuvait pas.
Mais pourquoi donc encore, a-t-on menti avec tant d'audace contre le Souverain Pontife, et contre son gouvernement? Ah! c'est qu'il fallait tromperie monde avant la spoliation. Le Piémont voulait voler l'Eglise, mais avoir un prétexte. Sa tactique hypocrite était de produire des soulèvements, et d'en excuser la cause ; de plaindre les rebelles, et de crier contre les autorités; de s'apitoyer sur le sort du peuple, et de le délivrer des Ufrans, c'est-à-dire des autorités légitimes; puis de tout enveloj)per dans le suffrage] universel, fait en présence des armes, la
plus grande moquerie du xix" siècle. 11 devait arriver à raccomplissement de sa lâche, puissamment protégé qu'il élait par la politique de la France, et plus puissamment servi encore par une autre nation qui cfoit tout avoir à gagner, quand il s'agit d'humilier l'Eglise. Celle qui règne sur les mers, vil partir de ses ports des vaisseaux chargés d'hommes, d'armes et de munitions, pour aider les rebelles de la Péninsule ; l'or de ses enfants glissa dans les mains des conspirateurs ; et longtemi)s auparavant, ses doctrines pernicieuses avaient été infiltrées dans le cœur de quel(|ues-jns de nos frères d'Italie, et les avaient changés en des fils dénaturés. Mais détournons nos yeux de cespectacle.
A la vue de ce déluge d'iniquités et de bassesses, le Vicaire de Jésus- Christ, dès le printemps dernier, s'adressa à l'univers Catholique pour exprimer sa douleur et annoncer la tempête. Il comprit quelle guerre de perfidie on lui faisait. Sans secours humain, il était fermement décidé pourtant, à affronter l'orage et à résister, jusqu'à la mort. Néanmoins, sur des conseils, il consentit à former une petite armée pour protéger le reste de son territoire ; car il avait déjà perdu les Romagnes.
A son appel, un illustre général, le brave Lamoricière, vint mettre sa vaillante épée à son service: une foule de jeunes gens au sang noble, au cœur généreux et à la foi tive, quittant parents et patrie, volent sons ses drapeaux. Ces dignes descendants des Croisés s'organisent promptement pour secourir l'Eglise. Pie IX n'avait pas intention de se préparer à lutter contre un gouvernement régulier. Il voulait seulement déjouer les projets des ennemis en arrêtant le brigandage aux lignes, et en comprimant, à l'intérieur de ses Etats, les efforts inouïs des agents du Piémont. Celte petite mais noble armée, fui bientôt en état de remplir son importante mission. La Révolution le sentit et resta stupéfaite. Elle n'avait pas cru d'abord rencontrer là ,un obstacle sérieux : elle s'aperçut promplement du contraire. Les flots de sa bave impure vinrent expirer, pendant six mois, sur les limites du territoire gardé par celte vaillante armée.
Le torrent refoulé dut détourner son cours. Il y eut alors un moment de silence, un moment solennel. L'esprit du mal se prit à réfléchir. Un plan diabolique est inventé. Une immense conspiration est ourdie. Ses ramifications s'étendent sur toutes les parties de l'Italie qui restent à saisir. Le vent de la défection souffle dans tons les lieux, dans tous les rangs. L'argent est répandu à pleines mains pour tenter les âmes vénales. La trahison est [uatiquée sur une échelle jusqu'alors inconnue.
Pendant ce leinps là, Garibaldi, r honnête servileur du galant homme. vole les vaisseaux, les armes, les régiments de son maître. Le Piémont ne s'en aperçoit pas. Le héros fait voile avec ses pirates vers la cote de Sicile, vers Naples, vers le royaume d'un souverain avec lequel on était en paix parfaite. La semence de la trahison avait été jetée en bonne terre : la moisson était déjà mûre. Partout le redoutable général recueille les fruits de la lâcheté, de l'ignominie et du déshonneur, et il arrive à Naples chargé de ses lauriers. Cette conduite parut si inique et si révoltante aux yeux de l'univers que le Piémont en rougit, et n'osa l'avouer. Il rejeta tout sur le compte de l'habile général. Cependant, aussitôt que le brigandage eut complètement réussi, le Roi de Piémont lui-même, Victor-Emmanuel, n'eut pas honte de courir sur les lieux prendre, des mains de Garibaldi, les lambeaux du manteau royal d'un frère malheureux et trahi. Demandons-nous, ici, ce que sont devenus l'honnêteté, la justice et les droits, Car toute l'Europe resta muette devant ces attentats, moins l'Empereur des Français et avec lui l'Angleterre qui criaient toujours : « N'intervenez pas ».
Mais il n'était pas aussi facile de trahir Lamoricière et sa troupe. Le rôle à jouer devenait plus embarrassant pour le Piémont. La révolution n'osait remuer dans les Elats de l'Eglise: et Garibaldi qui avait vaillamment marché contre des généraux vendus, ne se croyait pas assez fort contre le vainqueur des Bédouins. Il n'y avait qu'un parti à prendre pour le Roi de Sardaigne : c'était de se déclarer franchement ; de démentir formellement par des actes toutes les paroles du passé, et de dévoiler ainsi son hypocrisie aux yeux de l'univers. Il fallait encore commettre le sacrilège, et tomber sous les coups de l'excommunication. Cependant, comme on convoitait ardemment les domaines pontilicaux, comme on avait étouffé presque tout sentiment d'honneur et de religion, on se décida promptement. Il fut arrêté qu'on se jetterait sur les Etals de l'Eglise et qu'on écraserait l'armée du S^ Père. Encore fallait-il procéder avec prudence. Car les troupes pontificales étaient j»eu nombreuses, à la vérité, mais vaillantes ; et le nom de leur général'effrayait à lui seul autant qu'une armée. Un eut donc recours aux moyens ordinaires, au mensonge et à l'hypocrisie. Le Piémont fait avancer 60.000 soldats sur le bord de la frontière, pour combattre le Père des Chrétiens. Une semblable démarche allait donner l'éveil. On se hâte d'écrire à Rome pour donner des assurances. On déclare solennellement qu'on n'a aucune intention hostile, (juo l'on veut seulement arrêter les agitateurs, prévenir les soulèvements. El pendant que le général du
S^ Père, croyant avoir à faire à un gouvernement civilisé, veille au maintien de l'ordre dans l'intérieur de l'état, et que sa petite armée est dispersée sur tout le territoire pontifical, le barbare roi de Piémont, sans déclaration de guerre, semblable à l'assassin qui s'est tapi derrière un ftjiiiil.ige pour attendre une victime, lance ses nombreux soldats sur les JClats de l'Eglise. {Ici rorateur s'arrête; et dans un rnouveryient plein d'énergie, il dit) : « Mes frères, j'ai vécu pendant douze ans au milieu des sauvages de l'Amérique du Nord. J'ai vu les farouches peuplades de l'Ouest. J'ai connu par expérience leur manière de faire la guerre. Eh bien ! je la retrouve au sein de la vieille Europe, pratiquée par ce souverain civilisé ! ! Ces infidèles n'ont pas d'autre code militaire, ils mentent pour tromper et surprendre leur ennemi. Alors ils regorgent, ils le massacrent, sans crainte de dangers ». Voilà comment agit Victor-Emmanuel. A cette nouvelle incroyable, le brave Lamoricière ne se déconcerte, ni ne s'<ffîraie. Il a compris son devoir : réunir ses troupes dans !e boulevard des Etats de l'Eglise, et résister jusqu'à l'extrémité. Il accourt, ou plutôt il vole vers Aucune. Mais, hélas ! déjà le passage était fermé. Une armée dix fois plus nombreuseque la sienne occupait la route. Que va-t-il faire? Mettre bas les armes ? Oh non! comme un autre Judas Machabée, il dit à ses compagnons : « Ne prenons pas ici la honte d'avoir fui devant nos ennemis, devant les ennemis de Dieu et de l'Eglise. La mort est préférable à la vue des maux qui vont accabler notre Père. Mourons, et n'imprimons pas de tache à notre nom ». Cette armée de héros se prépare à mourir. Officiers, so'dats profitent du peu d'heures qui restent pour se purifier dans le bain de la Pénitence et se fortifier à la table suinte. Ils vont prendre, à sa source, le courage qui fait afîronter la mort sans pâlir. Ils vont pui.-er là cette énergie que l'infidèle et le mécréant n'ont jamais connue. Le lendemain, avec lintrépidité du lion, la petite armée s'élance contre les bataillons épais entassés sur les collines de Gasielfidardo. Elle y répand pendant plusieurs heures le carnage et la mort. Enfin accablée par le nou)bre, elle reste en grande partie sur le champ de bataille. C'est là que vous voyez étendus, morts et blesses et baignant dans leur sang, les généreux militaires qui ont pris en main notre cause. Cependant leur habile général a traversé les lignes de l'ennemi : avec quelques compagnons il parvient à Aucune. Ici encore, une nouvelle infamie se piésente à nos yeux. Le général du Souverain Pontife est attaqué et pur terre et par mer. Des forces considérables, sans proportii)n avec ses rr'ssources, de toutes parts l'environnent. De tous côtés on lui lance, pea-
dant plusieurs jours, une grêle de bombes et de boulets. Néanmoins il tient jusqu'au dernier moment. Et quand tout est perdu, quand il a hissé le pavillon de la paix et que les négociations se poursuivent, l'ennemi, sans pudeur ni raison, jette encore longlemps contre ses soldats et contre la ville les projectiles les plus destructeurs. C'est j)ar ce dernier forfait, plus digne du sauvage que de l'homme civilis', que se couronne une campagne qui n'est elle-même qu'une série de crimes et d'attentats contre le Ciel et contre la terre. Ainsi fut surprise et anéanlie, une armée de héros accourus pour secourir leur Père. La défaite de ces braves, dont le souvenir attendrit jusqu'aux larmes, a été tout à la fois pleine d'horreur et pleine d'honneur : pleine d'horreur, car ils ont été indignement assassinés, suivant l'expression de leur général ; pleine d'honneur, car ils ont conquis dans leur sacritice ou leur trépas la gloire de l'immortalité. Mais cette défaite est néanmoins plus glorieuse que douloureuse: elle prendra place dans les fastes de l'Eglise à côté des traits qui commandent l'admiration des grandes âmes, et elle forcera, dans l'avenir comme aujourd'hui, les ennemis du catholicisme euxmêmes à s'incliner devant son éclat. Elle a servi, de plus, à démasquer complètement ceux qui, jusque là, n'avaient point osé marcher la figure découverte, dans le chemin de l'injustice.
L'Eglise après avoir perdu ses braves, a perdu les terres qui lui restaient. Elle a maintenant à peine où reposer sa tête. Les brigands qui l'ont dépouillée rôdent jusque sous les murs de la ville Sainte, et vont troubler notre vénérable Père jusque dans son deuil. Qu'adviendra-t-il de tant d'audace et d'iniquités? Ne nous troublons point et conservons la foi. Dieu ne permet l'humiliation de son Eglise que pour faire sentir davantage, quand il s'agira de l'exalter, la puissance de son bras. Aurions-nous oublié si tôt l'histoire des combats de l'Eglise. Ne tremblons que pour ses persécuteurs, dans l'appréhension des châtiments qui vont les frapper. Les foudres des vengeances célestes sont suspendues au-dessus de leur tête. Dieu les trempe au souffle de sa colère ; et quand il voudra les lancer, elles ouvriront des plaies profondes auxquelles ni la science^ ni la sagesse humaine ne sauront porter remède.