ORAISON FUNÈBRE DE M»"" TACDÉ
capable de délier devant Dieu et devant la conscience, les parents de «elle obligation rigoureuse; et toute loi, tout décret hunnain qui porte atteinte aux droits sacrés des parents dans l'éducation de leurs enfants est un attentat contre la loi naturelle et n'oblige en aucune manière en conscience devant Dieu ; de pareilles lois et décrets ne peuvent être misa exécution que par un abus étrange et tyrannique de la force.
Le Sauveur lui-môme a proclamé cette vérité au début de la prédication évangélique en disant que « l'homme ne vit pas seulement de pain,* mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu », c'est en réponse à la tentation du diable qui lui proposait de changer en pain les pierres qu'il lui présentait s'il était le Fils de Dieu. Le diable donc en cette circonstance propose au Sauveur le perfectionnement de la matière pour -répondre aux divers besoins de l'homme et même à ses agréments et ses plaisirs; tel était le programme du diable dans l'éducation qu'il fallait donnera l'homme. Notre-Seigneur ne nie pas que le perfectionnement de la matière ne soit réellement utile à l'homme, mais il proclame que cela ne suffit point. Ainsi toutes ces inventions merveilleuses dont notre •siècle est aujourd'hui si glorieux, les chemins de fer, les bateaux à vapeur, les télégraphes, les téléphones, sont sans doute choses fort utiles à l'homme mais cela n'est pas suffisant, et l'homme de génie qui trouverait le secret de transformer la pierre en pain, serait sans doute regardé comme l'un des plus grands bienfaiteurs de l'humanité; cependant il ne ferait que réaliser le programme du diable, et encore faudrait-il ajouter avec Notre-Seieneur, que cela ne suffit point.
Que faut-il donc encore à l'homme? Il lui faut le j)aiii de la parole de Dieu qui donne à son intelligence la lumière de la vérité et à son cœur la force de la vertu. En quelques mots donc, Nos Très Chers Frères, toute loi ou tout décret humain qui tend à gêner ou à supprimer la liberté des parents et de l'Eglise dans le contrôle qu'ils doivent exercer sur l'éducation morale et religieuse de leurs enfants, est un attentat contre la loi naturelle et contre la loi chrétienne; il y a plus : dans notre pays cette liberté des parents et de l'Eglise a été solennellement reconnue et garantie par les auteurs et les fondateurs de la (Confédération canadienne, qui n'aurait jamais été consentie sans cette garantie de l'Acte fédéral qui la constitue.
Ainsi donc pour nous. Canadiens catholiques toute telle loi ou décret constitue une troisième violation, celle de la Constitution de notre pays qui nous garantit solennellement le respect de cette liberté et de ces droits. Est-ce à dire pour cela que l'Etat n'arien à voir dans l'éducatioa
des enfants? Non, Messieurs el Chers Frères, l'Etat a un devoir bien important à remplir dans celle question de l'éducation des enfants, c'est d'aider les parents dans l'ordre naturel et de la grâce à remplir avec plus de facilité cette haute mission dont le Créateur et le Rédempteur les a investis; mais il ne doit jamais se mettre à leur place et se charger lui-même directement de cette éducation au détriment des droits des paronls.
Rien donc d'étonnant, avec la connaissance si claire de ces droite des parents et de l'Eglise que le Vénérable Archevêque, dont nous pleurons aujourd'hui la mort, ait trouvé tant d'énergie dans son cœur d'Evôque, de Pasteur el de Père, malgré son grand âge, l'épuisement de ses forces el ses souffrances, pour combattre celte erreur fondamentale qui n'allait à rien moins qu'à lui ravir la partie la plus faible de son troupeau, l'enfance que le Sauveur lui-même a bénie avec tant de bonté, et qu'il H recommandé avec tant de soin de laisser venir à lui.
Je ne crains pas d'affirmer ici que dans cette lutte héroïque, que vous connaissez tous comme moi, il n'ait acquis le mérite du martyre, puisque sans donie le rude labeur auquel il a dû se livrer, et les souffrance» morales auxquelles il était en proie, ont continué à aggraver considérablement le mal dont il souffrait et par là même à abréger ses jours. Il a donc, par là, donné la preuve de la charité la plus parfaite en donnant sa vie pour \p bien de son j>euple el surtout pour les enfants de son peuple.
Oui, Vénéré Collègue et Ami, vous avez pu, comme le grand apôtre des nations, dire, aux approches de la mort : « Je vois arriver le terme de macourso, mais j'ai combattu le bon combat, j'ai défendu elcon-^ervé la foi dans la mesure de mes forces, il ne me reste qu'à attendre la couronne de Justice que le Juste Juge ne manquera pas de m'accordor au jour où je paraîtrai devant Lui ». Nmis en avons. Vénérable Fière, la plus entière confiance et c'est là pour nous la ]»lus véritable el 1h p<u$ solide consolation dans la gratide douhnir que nous éprouvons au moment d'une séparation si douloureuse pour le cœur de tous vosenfants.
Adieu donc. Vénéré Frère, Adieu ! et au revoir dans un meilleur monde. Que celte espérance soit pour vous, ses dignes Collaborateurs, dans le ministère apostolique un adoucissement à votre douleur; que votre fidélité à suivre les sages avis qu'il vous a constamment donnés ne cesse de glorifier Dieu dans toutes ses œuvres. N'ayez toujours qu'un cœur ot qu'une Au\e pour continuer à travailler sous la direction sag© et prudente que ne manquera pas de vous donner le digne successeur