TROISIÈME DOCUMENT DE L'APPENDICE DU MÉMOIRE DE MGR LAFLÈCHE
L'Eglise, déclare l'auteur de cet écrit, a toujours maintenu une sage disposition due au Pape Pie IV. Dans ces derniers temps, Sa Sainteté Pie IX a ajouté la profession de foi aux dogmes de l'Immaculée (Conception et de l'Infaillibilité du Vicaire du Christ; preuve manifeste que Rome n'a jamais cessé d'exiger et exige encore que les professeurs des universités catholiques soient avant tout des catholiques dévoués à l'Eglise et à son Chef souverain.
Conséquemment à la profession de la foi catholique, les professeurs des différentes facultés doivent enseigner des doctrines saines, faire en sorte, et par leurs leçons et par leurs exemples, d'imprimer les maximes de la religion et des bonnes mœurs dans l'esprit des jeunes gens. Ils doivent aussi, chacun dans sa faculté, réfuter les erreurs et les systèmes qui tendent à gâter les jeunes gens.
Tout ce qui vient d'être rapporté a nécessairement trait au* Universités catholiques de l'univers entier; car on n'y voit d'émis que des principes généraux que Rome, dans sa grande sagesse, a gravés en lettres d'or sur le frontispice de toutes les Universités de l'Etat pontifical. Si Rome s'est toujours montrée, par le passé, si rigide, mais toujours si orthodoxe pour ses propres Universités, combien a fortiori doitelle se montrer soucieuse de l'inflexibilité de la doctrine de toutes les Universités qu'Elle érige canoniquement !
Il serait peut-être utile d'exposer ici l'historique des jeunes Universités françaises, afin de montrer combien elles sont en tout, point la fidèle reproduction de, ce qui se fait à Rome. Les Universités catholiques de Louvain, d'Angers, de Lille et de Paris ne laissent pas de marcher sur les brisées des Universités romaines, et en cela, elles ne font que se conformer aux sages prescriptions de Rome, parlant par ses papes et ses conciles.
Combien loin marche en arrière de ces belles institutions catholiques françaises l'Université Laval de Québec I Comme on s'y montre peu jaloux d'être comme de paraître catholique! L'idée première qui présida dans l'organisation de l'Université Laval, fut éminemment libérale : on voulait contenter tout le monde, protestants comme catholiques, et arriver ainsi à attirer le plus grand nombre d'élèves possible. On' voulut recruter des élèves à tout prix, n'importe la croyance. Pour y arriver plus sûrement, on crut rationnel de nommer des professeurs hérétiques et francs-maçons, et, par cette tactique, on cherchait à se concilier la portion protestante de la province de Québec.
Aussi, sur 26 professeurs qui ont paru dans les différentes; chaires des facultés de droit e,t de médecine, depuis la fondation de l'Université Laval, on compte 4 professeurs hérétiques francs-maçons, c'est-à-dire, près d'un sixième. La moyenne par année des élèves protestants pendant la même période, n'a été que 4 par 100, ou à peu près un élève protestant par vingt-
cinq catholiques ; preuve que l'importance qu'on donna alors à l'introduction de professeurs hérétiques dans une université catholique, n'avait pas sa raison d'être. Je ne sache pas qu'il fût alors question de tous les inconvénients qu'il y avait à faire de semblables concessions aux protestants en face d'une population très croyante. Mais les catholiques sincères, à la tête desquels se trouvait en masse le clergé de la province de1 Québec, ont, de suite, éprouvé de graves inquiétudes sur l'enseignement que recevait la jeunesse, de ces maîtres dangereux; et aujourd'hui, le libéralisme s'est allié au protestantisme pour envahir les chaires universitaires. Il n'est pas de véritable catholique qui exposât la foi des siens, en les soumettant à un contrôle aussi hétérogène qu'il est hétérodoxe et que l'Eglise réprouve.
Le professeur Langelier est 1 "avocat-né de V influence-induecléricale, et il est le premier qui, au Canada, ait eu l'idée de contester une élection sur le principe de l'influence indue du clergé. Il n'a fait en cela, du reste, que mettre en pratique un enseignement aussi peu catholique dans les cours qu'il donne à l'Université. Le professeur Flynn, à peine nomm" à la chaire de droit romain, contestait, à l'instar de son .confrère et ami M. Langelier, et pour son propre compte, l'élection de l'Honorable M. Fortin dans Gaspé, sur le principe de l'influence malsaine du prêtre dans les élections.
La faculté de médecine compte 8 professeurs dont doux protestants et 4 libéraux.
Dans la faculté de théologie, il y a 5 chaires actuellement en pleine organisation... Trois de ces Messieurs (prêtres) sont considérés comme les coryphées du libéralisme. Ils marchent à la tête de cette petite fraction du clergé de Québec, qui s'intitule « libéral ». La presse libérale et impie ne connaît, dan? le clergé d'autres soutiens, et un journal libéral so dit inspiré par quelques-uns de ces messieurs; et tout cela se voit aussi clairement, que le soleil en plein midi.
Tels sont les hommes qui ont en main l'espoir de notre
nationalité, et qui osent demander aux catholiques de leur confier l'éducation de leurs enfants.