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IX. — Conclusion de la première partie

Tels sont les faits et les observations que je prends la liberté de soumettre à l'attention de Vos Eminences sur les renseignements donnés au Saint-Siège en 1876 et 18b 1, et qui pnt servi de base aux instructions du Saint-Office données au Délégué apostolique du Canada et aux Décrets de la, Sacrée Congrégation de la Propagande du 13 septembre dernier. Il en ressort évidemment que ces renseignements sont (en bien des points exagérés, erronés, et même faux; c'est ce que prouvent les documents officiels que j'ai cités. J'ai aussi exposé dans sa triste réalité l'invasion formidable dans notre heureuse patrie des erreurs modernes qui désolent l'Europe, et les efforts lamentables que des hommes dévoyés font depuis des années pour les y implanter au cœur même de notre bon peuple.

Tant que les rangs du clergé ont été bien unis, il a été assez facile d'en arrêter les progrès; mais aujourd'hui il est impossible de se le cacher, ces subtiles erreurs ont pénétré jusque dans les rangs du Sanctuaire, comme le serpent dans le jardin d'Eden : c'est ce que disent les pères du cinquième concile providentiel qui nous permette d'enrayer ce fatal mouvévoyants, tant dans le clergé que parmi les laïcs, en sont-ils effrayés et tous s'accordent à dire, qu'à moins d'un secours providentiel qui nous permette d'enrayer ce fatal mouvement, nous avançons rapidement dans les voies révolutionnaires de la France et de la Belgique, et que nous tomberons plus tôt qu'on ne le pense dans le même abîme.

Pour quiconque sait observer la marche des faits et saisir le fil conducteur qui les dirige, il est visible que l'influence maçonnique est la grande force qui rallie les ennemis de l'Eglise au Canada comme ailleurs, et leur indique les points qu'il faut battre en brèche.

Et tout le monde sait que la grande force du catholicisme dans le Canada a été l'influence prépondérante du clergé,

c'est un fait patent de notre histoire. Eh bien, c'est à cette influence salutaire que s'attaque l'ennemi depuis une dizaine d'années, et c'est dans ce but qu'il a fait tant d'efforts pour induire le Saint-Siège en erreur sur le véritable état de.s choses en notre pays, et l'amener, s'il était possible, à quelque mesure qui pût lui être favorable, et surtout à fermer Ja bouche du prêtre.

Voici un extrait de la Patrie de Montréal du 12 décembre dernier qui laisse apercevoir ce plan bien clairement. Vos Eminences ont vu plus haut que ce journal est l'organe reconnu du parti libéral et qu'il est rédigé par un franc-maçon. Dans un article intitulé « La dernière lutte » il dit :

« Nous croyons, comme la plupart de nos amis, que les » récentes décisions de l'autorité romaine n'ont pas eu tout » l'effet qu'on en espérait. Croire que dans l'espace de quel- » ques semaines, on va dissiper des préjugés enracinés par » vingt-cinq années de lutte, rassurer les consciences, réta- » blir la paix et la concorde, c'était une illusion qui n'a germé » dans la tête de personne.

»... L'honorable M. Laurier (chef libéral) avait raison » de dire dernièrement, à une séance du « Club national » » que les dernier® décrets pontificaux n'auraient pas un effet t> immédiat.

» On ne peut pas exiger du clergé qu'il prêche la cause » du libéralisme. Nous avons obtenu justice à Rome, et nous » devons nous en tenir là pour le moment. »

Voilà comment le rédacteur franc-maçon de la Patrie et un des chefs libéraux interprètent les décrets du 13 septembre sur les élections; c'est la réhabilitation du parti libéral. D'après eux, les évêques et le clergé qui n'ont cessé depuis 25 ans de combattre les tendances dangereuses et les mauvais principes de ce parti anti religieux ont eu tort, ont fourvoyé le peuple, et il faudra du temps aux décrets mémo de Rome pour le ramener à des idées de paix et de conciliation.

C'est ainsi que la franc-maçonnerie essaie hypocritement de ruiner l'influence des évèques et du clergé par l'autorité du Saint-Siège lui-même, en interprétant à sa guise ses décrets.

Voilà, Eminentissimes Seigneurs, le mal dont l'Eglise du Canada souffre le plus et qui est pour elle le danger le plus grave ; et c'est du Saint-Siège que nous en attendons le remède et la guérison.

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