V. Un chapitre du programme d’idées associées
La lutte contre les intempéries
Ce besoin comprend surtout la lutte contre le froid, puis subsidiairement contre les températures trop élevées , aussi contre Vhumidité , le vent, etc.
V ordre des idées de Vannée est présenté comme suit :
(1) Tl est bien entendu que c’est à l’éducateur à choisir parmi les points énumérés ceux qui conviennent à l’âge et à la mentalité de ses élèves. D’une manière générale, plus la matière est objective et susceptible d’être directement expérimentée, plus elle est accessible aux débutants; plus par contre elle est difficile à concrétiser, plus il faut la réserver aux classes supérieures.
vers l’école rénovée
1er mois.
Phénomènes biologiques en rapport avec la lutte contre les intempéries.
(Observation des plantes, des animaux comparés à l’enfant.)
Rappel ou exposé avec démonstration du mécanisme de la nutrition, des combustions internes (digestion, respiration, circulation).
Influence de l’alimentation sur la température du corps.
Influence du froid et de la chaleur sur la peau; influence de l’eau froide ou de l’eau chaude sur la peau.
Influence de l’air en mouvement.
Influence du mouvement sur la température de certaines parties du corps.
Comparaison avec les plantes et les animaux.
Manière dont certaines plantes-types se préservent contre le froid, la chaleur, l’humidité, le vent.
Manière dont certains animaux-types se préservent contre les mêmes facteurs.
vers l’école rénovée
2e et 3e mois.
Les animaux et la lutte contre les intempéries.
a) Étude des animaux examinés et groupés en se basant sur les moyens de lutter contre le froid, la chaleur, l’humidité, le vent.
Exemples :
Pour le froid , animaux couverts de plumes, de poils; animaux ayant une couche de graisse; animaux se réfugiant dans la terre, dans les rochers, les arbres, etc.; se construisant des abris, etc. ;
b) Étude des animaux groupés en se basant sur l’aide qu’ils fournissent à l’homme pour se préserver des intempéries : animaux qui fournissent leur peau, leur fourrure, leurs poils, leurs plumes, leur soie, etc.
L’usage de la laine, fabrication de vêtements en laine. Élevage, récolte, filature, tissage (réaliser tout ce qui est possible) (1);
c) L’aide que l’homme donne aux animaux pour les préserver des intempéries.
(1) On peut, si on a le temps et si l’époque et le lieu s’y prêtent, étudier plutôt la lutte contre la chaleur; on peut aussi prendre la lutte contre la pluie et le vent et tous les moyens que possèdent les animaux pour lutter contre ces intempéries.
vers l’école rénovée
4e et 5^ mois (1).
Les minéraux et la lutte contre les intempéries.
Les minéraux examinés et groupés d’après leur utilité pour la lutte de l’homme contre les intempéries.
Exemples :
Pour le vêtement : ce qu’il y a de métallique dans les vêtements, les chaussures, etc. (la porcelaine des boutons; Frisage des épingles, aiguilles, les machines et leurs accessoires);
Pour l'habitation : tout ce que nous fournissent lés minéraux pour l’habitation; pierres brutes, pierres travaillées, pierres cuites, pierres artificielles, métaux, accessoires divers, outils, machines, etc.; la résistance des matériaux aux intempéries; facteur déterminant pour leur valeur d’utilisation, est également examiné.
Pour le chauffage : le pétrole, le charbon, le gaz, etc.
(1) Les minéraux précèdent les végétaux parce qu’à cette époque de l’année (janvier, février) on n’a pas a*sez de matériel végétal à sa disposition. Toutefois pour ce point spécial de la lutte contre les intempéries, il y aurait assez de matériel d’observation pour prendre les végétaux en hiver.
vers l’école rénovée
6e et 7e mois.
Les végétaux examinés et groupés d'après le point de vue préservation contre les intempéries.
a) Comment les végétaux luttent contre les intempéries, le froid, la chaleur, l’humidité, le vent.
Groupement des végétaux d’après ces critères ;
b) Comment l’homme tire parti des végétaux pour lutter contre le froid.
Exemples :
Pour le vêtement : le lin, le chanvre, le coton;
Pour Vhabitation : le bois, les tiges, les feuilles ;
Pour le chauffage : le bois, le charbon.
(Faire remarquer que le charbon n’est que du bois transformé.)
c) Comment l’homme aide les plantes à lutter contre le froid.
8e mois.
La lutte contre les intempéries et le milieu humain .
a) Le rôle de la famille dans la lutte contre les intempéries.
Idem chez les animaux (récapitulation des faits rencontrés et observations nouvelles).
Comparaison avec les plantes dans la protection des graines;
b) Le rôle de Vécole. Comment l’école est outillée pour lutter contre les intempéries : orientation, toiture, évacuation des eaux de pluie, système de chauffage, etc. ;
c) Le rôle de la société dans la lutte contre les intempéries : pour les enfants jeunes, les chauffoirs publics, la délivrance de charbon par l’administration communale, etc.; pour les plus grands (à partir de huit à neuf ans), le bureau de bienfaisance et les vêtements, les abris aux « sans abri », etc.; les crèches, les pouponnières, gardiennats, etc.
vers l’école rénovée!
9e mois.
La lutte contre les intempéries et les astres .
(A adapter à la mentalité des enfants.)
Rôle du soleil comme source de chaleur.
Étude des phénomènes provoqués par la chaleur des saisons. Les saisons.
U action de la chaleur du soleil sur les plantes (influence de l’exposition au midi, les plantes des pays chauds, les plantes en serre, en couche).
Sécheresse et conséquences.
V action de la chaleur du soleil sur les animaux (apparition des insectes au printemps, des oiseaux de passage ; la ponte chez les poules; les abeilles et le miel, etc.).
V action de la chaleur du soleil sur les minéraux : durcissement de l’argile, réduction en poussière du sable, désagrégation de certaines roches; évaporation de l’eau des océans, formation des courants marins, des nuages, des orages, etc. ; action sur l’air : courants d’air, vents, ouragan, tempête, etc.
L'action de la chaleur du soleil sur l'homme : peuples des pays très chauds ou très froids; conditions de vie quand il fait très chaud. Occupations en été. Dangers des coups de soleil, etc.
vers l’école rénovée
10« mois : Récapitulation, essais de synthèses
en tableaux, graphiques avec dessins, etc.
Cette esquisse rapide donne une idée approximative de la manière dont un point est envisagé et l’abondante source de faits, objets et expériences qu’il constitue.
Il va sans dire que, dans les exercices dits d’observation et de comparaison, une série d’autres faits et objets sont utilisés pour permettre de rendre l’acquisition des idées plus aisée et plus sûre.
De plus, à l’occasion des exercices divers d’association, le point est envisagé sous des aspects qui permettent à l’enfant de tirer parti des connaissances acquises par l’humanité grâce à la géographie et l’histoire, et on insiste sur les relations de cause à effet qui relient les faits.
Enfin, les exercices d’expressions concrète et abstraite permettent de fournir à l’enfant le moyen d’exprimer aussi exactement que possible les idées élaborées.
Nous n’entrerons pas ici dans le détail de ces exercices, cela dépasserait le cadre de cette étude. Nous profiterons d’une autre occasion pour nous étendre un peu sur la manière dont nous pratiquons notamment l’observation et le calcul, ainsi que les exercices divers d’association et d’expression.
On peut déjà, par l’exposé fait ici, pensonsnous, se faire une opinion, assez exacte, de ce que nous entendons par idée centrale et de la façon dont nous la développons.
L,a méthodologie moderne exige que l’école soit faite pour les enfants et que le programme soit adapté à leurs forces.
Dr DEMOOR et JONCKHEERE.
{La Science de V Education.)