Expressions
a) Concrètes : Travaux manuels divers ; modelage, travaux du papier, du carton, du bois.
Gymnastique utilitaire et eurythmique.
Jeux divers; jeux éducatifs et instructifs. Dessin (libre, d’après nature, de mémoire, etc.);
b) Abstraites : Langage;
Chant ;
Lecture, orthographe; Écriture.
Hygiène ; Morale.
vers l’école rénovée
Lecture et orthographe.
Nous devons dire un mot de la lecture et de Y orthographe. La question se pose anxieuse pour tous ceux qui ont le culte de l’école classique, celle qui semble répondre au vrai but pour lequel elle a été créée.
Dans les écoles actuelles, en effet, c’est aux exercices de lecture , à' orthographe et d’ écriture que l’on accorde le plus de temps. L’acquisition de ces techniques est en effet considérée avec celle des opérations arithmétiques comme le but principal de l’école populaire et comme le critère de sa valeur et de son rendement.
Nous ne contestons nullement V importance de ces techniques et nous les considérons aussi comme indispensables ; seulement nous nous posons quatre questions suggérées par l’expé rience :
1° Tous les enfants ont-ils d’égales aptitudes à acquérir ces techniques?
2° Faut-il apprécier les enfants d’après leurs progrès dans ces techniques seulement?
3° Doit-on enseigner ces techniques détachées des idées et, par conséquent, des raisons de leur existence et de leur emploi?
4° Est-il absolument nécessaire d’enseigner ces branches dès la lre année de l’école primaire à tous les enfants indistinctement?
Nous ne pouvons développer au long et au large les réponses que nous croyons pouvoir faire à ces questions et nous nous contentons d’exposer succinctement notre manière de voir.
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A la 'première question , nous répondons : non; tous les enfants ne sont pas également capables d’acquérir ces techniques, les différences individuelles sont très marquées.
A la deuxième question , nous donnons également une réponse négative ; le progrès intellectuel général n’est pas en corrélation directe avec le progrès dans ces techniques.
A la troisième question : il faut, pour des raisons de psychologie générale et de psychologie de l’enfant, associer l’usage et l’enseignement de ces techniques, à l’ensemble des exercices fondamentaux, qui ont pour but de favoriser le travail mental supérieur et la formation des idées.
Enfin à la quatrième question , nous répondons que la plupart des élèves, avant de pouvoir tirer un profit sérieux d’exercices de lecture systématisés, ont besoin d’apprendre à s’exprimer et à acquérir un vocabulaire plus riche. Ajoutons à cela, que dorénavant on n’a plus de raison pour être aussi pressé qu’autrefois de s’occuper de cette branche, puisque grâce à l’obligation scolaire étendue à huit années, on a plus de temps devant soi et qu’il vaut mieux bien établir les bases, qui permettront de faire un travail rapide et fructueux pour un plus grand nombre d’enfants (1).
Quoi qu’il en soit, en raison des arguments
(1) Remarquons encore que l’emploi de la méthode idée visuelle de lecture que nous préconisons donne des résultats plus rapides que les méthodes ordinaires.
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donnés plus haut, il faut réagir, avoir le courage de remonter le courant envers et contre l’opinion et la routine.
Notre programme et notre conception du rôle de l’école pour tous, nous forcent à prendre une autre attitude.
Tout d’abord, considérant que la formation en profondeur doit passer avant les acquisitions de surface et de forme, nous accordons dans l’horaire une place prépondérante aux activités qui favorisent la culture en profondeur; il nous reste naturellement moins de temps pour les acqusitions de surface.
En second lieu, nous ne jugeons pas l’enfant par les progrès dans celles-ci, mais bien par les progrès dans celles-là.
Sans doute, cela présente certains inconvénients et notamment celui de réunir en un groupe des élèves quelquefois très différents pour le côté orthographe, capacité de lire couramment et avec expression ou d’écrire spontanément la pensée; puis un autre inconvénient surtout, celui de donner aux parents l’impression que leur enfant est en tout point au niveau de ses condisciples alors qu’il ne l’est que pour sa mentalité générale.
Mais cela présente d’autre part des avantages si importants qu’ils nous poussent à maintenir jusqu’à nouvel ordre notre manière de procéder.
Et notre justification, la voici :
1° Grâce à la méthode de participation
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active et personnelle aux leçons, chaque enfant est en somme presque traité pour son compte ;
2° Nous considérons que le développement de l’esprit en général et des aptitudes de réalisation (dessin, travaux manuels) a autant de valeur pour juger des progrès d’un enfant à l’école primaire que les aptitudes en lecture ou en orthographe ;
3° Pour des raisons affectives, il n’est pas favorable, quand un groupe d’enfants a vécu pendant un temps plus ou moins long en communauté de travail et de jeux, de le disloquer. C’est un tort injustifié fait à l’amourpropre et aux sentiments de sympathie et de solidarité naissants dont le développement est autrement important que les progrès en orthographe ou en calcul dans un milieu qui a pour but de s’occuper bien plus d’éducation que d’instruction.
La seule difficulté, c’est qu’il faut organiser autrement tout le début de l’enseignement primaire en réduisant le nombre d’élèves par classe et surtout en opérant dès le début un triage sérieux et basé sur la psychologie de l’enfant, en appliquant des procédés d’enseignement qui, au lieu de s’inspirer des méthodes universitaires, s’imprègnent de l’esprit maternel et instaurent autant que possible les systèmes d’individualisation qui sont appliqués pour l’enseignement aux anormaux et pour certains enseignements spéciaux ; lecture, diction, instruments de musique, enseignements professionnels et artistiques.
D’école s’organisera en vue de préparer l’enfant à la vie telle qu’elle est. ... elle doit surtout habituer l’enfant à concevoir l’existence et à connaître le monde dans lequel elle se déroule.
Dr DEMOOR et JONCKHEERE.
(La Science de V Education.)