VI. Conclusion
Résumons les chapitres qui forment cette brochure.
L’école actuelle ne fournit pas le rendement qu’il faudrait, alors qu’elle exige la fréquentation obligatoire; plus de 80 % d’enfants ne profitent qu’imparfaitement des efforts et des sommes dépensées pour l’enseignement primaire (1).
Donc 800,000 enfants au moins ne reçoivent pas à Técole telle qu’elle est organisée actuellement les soins intellectuels et moraux qui leur sont dus.
Cela tient à de multiples causes, sociales, familiales et autres, parmi lesquelles il en est auxquelles nous ne pouvons rien modifier actuellement.
Mais cela tient aussi à des causes qui proviennent de l’école elle-même, et notamment
(1) Population scolaire : environ 1,200,000 enfants (en 1921).
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à remplacement, aux dispositions architecturales, à la multiplicité des classes et à la surpopulation des années de début, à la manière de concevoir le programme, aux méthodes, à la composition du personnel enseignant, à la conscience et à l’expérience des maîtres, etc.
Sans sous-évaluer aucun de ces facteurs, mais en tenant compte de ce qui est réalisable dès maintenant et en laissant pour plus tard ce qui ne peut être modifié actuellement, il semble que l’on puisse préconiser les mesures suivantes : *
1° Là où le nombre de classes le permet, grouper les élèves en tenant compte de l’âge mental, c’est-à-dire du développement des aptitudes intellectuelles ;
2° Là où ce nombre n’est pas suffisant, procéder également à un examen précoce, de manière à faire mieux connaître les élèves par le maître et à leur appliquer autant que possible un régime individuel;
3° Appliquer un programme d’idées associées basées sur les intérêts de l’enfant et la nécessité de se connaître et de connaître le milieu proche, éloigné, actuel et passé (1);
(1) Voir à ce sujet un tableau récapitulatif confectionné par des enfants de l’école Decroly et exposé dans une salle du Palais Mondial, à Bruxelles.
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4° Recourir autant que faire se peut à la méthode des centres d’intérêt, pour faciliter l’assimilation des notions qui font partie du programme ;
5° Donner la prépondérance aux exercices d’observation, de comparaison et d’expression concrète au début de l’enseignement et n’introduire que graduellement les exercices systématisés et indépendants d’association et d’expression abstraite ;
6° Se servir, pour individualiser les exercices et favoriser les répétitions nombreuses, des jeux éducatifs et instructifs;
7° Organiser une discipline de confiance, favoriser l’initiative, développer le sens de la responsabilité, entraîner à l’activité solidaire et pour cela éloigner les indisciplinés chroniques pour lesquels un régime d’intimidation peut être utile.
Telles sont les modifications que nous proposons pour préparer l’école à remplir son rôle social avec plus d’aisance et avec plus de succès ; nous souhaitons seulement que des hommes compétents veuillent les examiner sans parti pris et avec le seul souci du bien des enfants et de la nation.
L’enseignement fut d’abord verbal; il devint ensuite intuitif; il devient maintenant actif.
Dr DEMOOR ET JONCKHEERE.
{La Science de V Education.)