‹ Vers l'eterniteChapitre 13 sur 41 · V. Hugo. — Les Rayons et les Ombre · texte numérisé non relu

V. Hugo. — Les Rayons et les Ombre

VERS LA PATRIE. 4l

0 Patrie future, révèle-nous tes charmes, dégoûte nos âmes de cette terre lamentable et attire-nous enfin vers toi seule I

Et nous aussi, nous voulons te posséder un jour !

« Le Ciel est pour ceux qui y pensent, » a dit un sage.

— Qu'il soit pour nous !

« Nous savons que si cette maison de terre où nous habitons vient à se dissoudre, Dieu nous donnera dans le ciel une autre maison qui ne sera pas faite de main d'homme et qui durera éternellement.

« C'est ce qui nous fait soupirer dans le désir que nous avons d'être revêtus de la gloire de cette maison céleste.

« Si toutefois nous sommes trouvés vêtus et non pas nus.

« Car pendant que nous sommes dans ce corps comme dans une tente, nous soupirons sous sa pesanteur, parce que nous ne désirons pas d'en être dépouillés, mais d'être revêtus par-dessus(l), en sorte que ce qu'il y a de mortel en nous soit absorbé par la vie.

(1) Le corps est un vieil ami, un compagnon d'enfance :une des mélancolies de la mort, c'est de le quitter : nous ne désirons pas d'en être dépouillés.

« Or, c'est Dieu qui nous a formés pour cet état d'immortalité, et qui nous a donné pour arrhes son Esprit.

« Nous sommes donc toujours pleins de confiance; et, comme nous savons que pendant que nous habitons dans ce corps, nous sommes éloignés du Seigneur, et hors de notre patrie;

« (Parce que nous marchons vers Lui par la foi, et que nous n'en jouissons pas encore par la claire vue) ;

« Dans cette confiance que nous avons, nous aimons mieux sortir de la prison de ce corps, pour aller habiter avec le Seigneur.

« C'est pourquoi toute notre ambition est d'être agréables à Dieu, soit que nous habitions dans le corps, ou que nous en sortions pour aller à Lui (1). »

(1) II Cor., ▼ ., 1-0.

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