CHAPITRE XII devant m cRircira
CDAPITRE XII
Notre Dieu! notre ami!
Mais il est surtout notre Sauveur. Agenouilles devant un Christ, abîmés dans le grand souvenir, suivons, une fois de plus, avec Lui, la voie royale du Calvaire.
Quand Notre-Seigneur fut sorti de la salle où il avait institué le Très Saint Sacrement de l'Eucharistie, il s'en alla avec ses apôtres hors de Jérusalem, dans le jardin de Gethsémani. Là, prenant avec lui trois compagnons choisis : Pierre, Jacques et Jean, il s'avança plus loin sous les oliviers, dans la partie obscure du jardin. Jamais ses disciples ne l'avaient vu si triste que ce soir-là; l'effroi, l'abattement, une sorte de stupeur avait saisi son esprit. Il arrêta ses compagnons en disant : « Mon âme est triste jusqu'à la mort; demeurez, veillez et priez. » Et seul, s'avançant à la distance d'un jet de pierre, il entra dans une grotte obscure.
Avec ie sentiment d'une tendre compassion, avec une profonde douleur, joignons-nous donc à lui dans cette grotte où il agonise.
« Le temps (1) étant arrivé auquel il devait paraître comme criminel, Dieu commence à lui faire sentir le poids des péchés, parla peine qu'il se fait lui-même. Durant tout le cours de sa vie, il parle de sa passion avec joie, il désire continuellement cette heure dernière ; c'est ce qu'il appelle son heure par excellence, comme celle qui est la fin de sa mission, et qu'il attend par conséquent avec plus d'ardeur. Mais il ne faut pas, chrétiens, que son esprit soit toujours tranquille : c'est une secrète dispensation de la Providence divine, qu'il aille à la mort avec tremblement ; parce qu'il y doit aller comme un criminel ; parce qu'il doit s'affliger, se troubler lui-même. C'est pourquoi, sentant approcher ce temps ; « Maintenant, dit-il, mon âme est « troublée ; » c'est-à-dire, jusqu'à cette heure, elle n'avait encore senti aucun trouble ; maintenant que je dois paraître comme criminel, il est temps qu'elle soit troublée. Aussi est-il troublé sans mesure par quatre passions différentes : par l'ennui, par la crainte, par la tristesse et par
(1) Bossust, Sermon sur la Pasiion.
la langueur : Cœpit tœdere> et p avère, et contristari et mœstus esse,
« L'ennui jette l'âme dans un certain chagrin qui fait que la vie est insupportable, et que tous les moments en sont à charge ; la crainte ébranle l'âme jusqu'aux fondements, par l'image de mille tourments qui la menacent; la tristesse la couvre d'un nuage épais qui fait que tout lui semble une mort ; et enfin, cette langueur, cette défaillance, c'est une espèce d'accablement, et comme un abattement de toutes les forces.
« Voilà l'état du Sauveur des âmes, allant au jardin des Olives, tel qu'il est représenté dans son Evangile.
« La honte, en premier lieu, vient couvrir sa face ; la honte l'abat contre terre ; mais ce qui est le plus remarquable, la honte le rend tremblant devant son Père ; il ne lui parle plus avec cette douce familiarité, avec cette confiance d'un Fils unique qui s'assure sur la bonté de son Père : « Père, Père, s'il est possible ! » et qu'y a t-il d'impossible à Dieu ? Si possibile est. Eh bien ! Père, tout vous est possible, si vous voulez. Si vous voulez î et peut-il ne pas vouloir ce que lui demande un Fils si chéri ? Toutefois, écoutez la 6uite : « Détournez de moi ce calice ; et toutefois faites, mon Père, non ma volonté, mais la vôtre.
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i62 VERS L'ÉTERNITÉ.
« 0 Jésus, ô Jésus, est-ce là le langage d'un Fils bien-aimé?et vous disiez autrefois si assurément: « Mon Père, tout ce qui est à vous est à moi, « tout ce qui est à moi est à vous ; » et lorsque vous priiez autiefois, vous commenciez par l'action de grâces : « O Père, je vous remercie de ce que «vous m'avez écouté, et je le savais bien que votre « bonté paternelle m'écoute toujours. »
« Pourquoi parlez-vous d'une autre manière ? pourquoi entends-je ces tristes paroles : « Non « ma volonté, mais la vôtre » ? Depuis quand cette opposition entre la volonté du Père et du Fils ?
« Ne voyez-vous pas qu'il parle en tremblant, comme chargé des péchés des hommes ? La honte des crimes dont il est couvert combat cette liberté filiale. Quelle gêne ! quelle contrainte a ce Fils unique! Factusinagonia prolixius orabat : « Etant en agonie, il priait longtemps. » Autrefois un mot suffisait pour être assuré de tout emporter. Il disait en un mot : « Père, je le « veux l » Volo, Pater. Il a été un temps qu'il pouvait hardiment parler de la sorte ; maintenant que le Fils unique est couvert et enveloppé sou» le pécheur, il n'ose plus en user si librement : il prie, et il prie avec tremblement ; il prie, et priant longtemps, il boit tout seul, à longs traits, *oute la honte d'un long refus. Taisez-vous,
DEVANT UN CRUCIFIX. I6d
taisez-vous, caution des pécheurs ; il n'y a plus que la mort pour vous ! »
La première humiliation que Jésus eut à subir fut la trahison de Judas et l'abandon de ses disciples. Car dans cette soirée terrible du jeudi au vendredi saint, on vit tout à coup, dans le jardin des Oliviers, des flambeaux briller entre les arbres et des ombres se glisser vers l'endroit où était Jésus. C'était une troupe de soldats qui sur la dénonciation de Judas venaient arrêter le Sauveur; le traître les conduisait lui-même, car il s'était engagé à le leur livrer pour trente deniers.
Lorsqu'il fut arrivé devant Notre-Seigneur il s'approcha et lui dit : « Maître, je vous salue, » et en même temps il l'embrassa. Jésus, qui lisait dans son âme, se contenta de lui adresser ces paroles : « Mon ami, est-ce pour cela que tu es venu ici? Livrer le Fils de l'homme pour un baiser!
En même temps que Jésus dit ce mot :
Mon ami, il sentit son cœur se remplir d'amertume; c'était le commencement des affronts.
L'instant d'après, un à un, comme des hommes peureux et ingrats, tous les apôtres s'enfuirent, et Jésus resta seul au milieu des légionnaires, des ofliciers du sanhédrin, et des gardes du temple.
0 Jésus, comme votre cœur sensible dut saigner à cette heure, quand vos amis s'enfuirent et vous abandonnèrent sans consolation et sans secours!
Hélas! si nous avions été là, peut-être que nous aussi, malheureux, nous nous serions enfuis, vous laissant à votre misère et à votre passion, car il nous est arrivé plusieurs fois de rougir de vous et des commandements de votre Église, et d'abandonner votre service quand il nous semblait difficile. Du moins, nous vous faisons amende honorable et nous vous demandons pardon en ce moment.
Ce n'était que le commencement des maux.
On le traîne devant rassemblée des princes des prêtres et des docteurs de la loi, c'est-à-dire de ses ennemis déclarés. Ces fourbes, en voyant le Sauveur multiplier les miracles, n'avaient jamais osé en contester l'évidence, mais rien n'avait pu fléchir la dureté de leur cœur ; furieux et jaloux du succès de sa doctrine, de sa bonté et de sa puissance, ils lui vouèrent une haine sans pardon, une haine à mort. Bien des fois, sans y réussir» ils avaient tenté de l'emprisonner. — Et maintenant, le voilà entre leurs mains ! c'est l'heure où Satan reçoit le pouvoir de persécuter cruellement '*
On courut prévenir les Sanhédrites, et toiis, éveillés par la haine, se réunirent en conseil privé pour juger le Galiléen au milieu de la nuit.
Ce ne fut pas un jugement ; ce fut un réquisitoire continuel, une cohue, un orage d'injures et d'odieuses accusations, sans qu'il s'élevât une seule voix pour le défendre.
Lui, l'innocent, il était là, debout au milieu d'eux, sans fiel, sans colère, triste mais non pas abattu, plein de dignité, de simplicité et de grandeur jusque sous les chaînes, et, au milieu de ce torrent d'injures, patient comme un agneau devant celui qui le tond.
On en avait tant dit contre lui durant ces dernières années. On l'avait appelé gourmand, buveur de vin, fou, séducteur du peuple, ambitieux, possédé du démon. Tous les mensonges avaient été jetés sur sa tête innocente, et le désir de nous sauver lui fit tout accepter. On ne fait pas le bien sans qu'il en coûte; il faut se tenir prêt à essuyer les accusations du démon et tout le feu de la calomnie.
Mais, dans cette dernière nuit de sa vie, oh ! ce fut véritablement affreux ! aucune trêve à ses douleurs, pas un ami pour le consoler, pas un moment de calme pour se recueillir : c'était un feu roulant de questions insolentes et d'injure?.
Vous étiez là, ô Jésus, comme une brebis que Ton maltraite en la menant à la boucherie !
On vous mène de là chez Pilate, les mains couvertes des mêmes chaînes qu'un scélérat ou un conspirateur, et le lâche gouverneur, tremblant pour sa dignité et craignant de se compromettre auprès de l'Empereur, n'ose déclarer votre innocence, qu'il reconnaît pourtant.
On vous traîne alors chez Hérode, cet être abject, ce jouisseur, et toute sa cour se raille de vous ; ils vous revêtent de la robe blanche dont on habillait les fous. Hélas ! vous n'avez pas épuisé la coupe des affronts et des hontes ; la brutalité des soldats vous entraîne ; votre figure devient le crachoir de ces malheureux, et pendant toute la nuit, ô Dieu, ô mon Maître, ô Vous qui nous jugerez tous un jour, ils se jouent horriblement de votre auguste Personne.
Puis le jour vient, et l'on va mettre aux voix votre sort.
Le peuple, la foule immense, ce même peuple qui le jour des rameaux, quand vous entriez dans Jérusalem, jetait les palmes et les roses sous vos pas triomphants, en chantant: « Gloire à Dieu! » le voilà bien maintenant, tel qu'il est, inconstant, égaré ; hier enthousiaste, aujourd'hui furieux comme une mer houleuse et déchaînée 1
On lui demande ce qu'il faut faire de vous, et poussé par les meneurs il s'écrie : « Qu'on le mette en croix ! Otez-le ! Qu'on le crucifie ! »
— Qu'aimez- vous mieux de lui ou de l'assassin Barabbas ? demande Pilate.
— Nous aimons mieux Barabbas. Qu'on crucifie Jésus ! Enlevez-le !
Et ils criaient tous ensemble, montrant le poing, brandissant des bAtons, agitant la tète, jetant des clameurs incohérentes, au milieu desquelles on ne distinguait que des outrages et des cris de mort.
C'est par tous ces outrages que le Christ a voulu expier nos péchés, en particulier notre orgueil.
Hélas ! nous ne pouvons pas souffrir qu'on parle mal de nous. Si une âme à qui nous avons fait du bien nous trahit, nous ne savons plus pardonner, heureux de faire sentir notre colère, et nous ne nous gênons pas pour déverser d'amers et violents reproches ; nous ne reculons pas devant les plus sévères représailles.
Même les meilleurs, combien nous sommes peu généreux et peu patients ! Nous voilà bien loin de l'admirable miséricorde de Jésus-Christ! Que Jésus nous pardonne, qu'il touche nos cœurs, qu'il nous rende bons comme lui, afin que nous soyons ses vrais disciples 1
Et voici la seconde partie de la passion.
Notre-Seigneur ne sera plus seulement humilié et maltraité; il va être cruellement éprouvé dans son corps et condamné aux plus rudes tourments.
Pourquoi cela ? C'est que Dieu son Père le veut ainsi.
Nous avons péché, nous avons offensé Dieu sans cesse, nous avons violé à chaque instant ses commandements et ceux de son Eglise : nous avons entassé les iniquités sur les iniquités. Eh bien ! il faut que Notre-Seigneur, s'il veut nous sauver, paye entièrement notre dette, qu'il soit châtié pour nous tous, qu'il expie nos crimes.
11 me semble que je le vois, ce divin Sauveur, au moment où Pilate le condamne à être battu de verges.
Ah ! sans aucun doute, il souffre affreusement sous les déchirures de ces lanières de cuir armées de grains de plomb. Sur son dos mis à nu se forment de longues traces violacées et bleuâtres.
Son sang ruisselle.
Des bandes de chair meurtrie s'arrachent et se détachent.
lise tord sous les coups comme un misérable ver de terre.
Et quand les bourreaux sont las, Pilate montre
le martyr au peuple du haut d'une arcade, en criant: « Voilà l'homme ! » Et tout ce peuple, fermé au sentiment de la pitié, charge le Christ de malédictions.
N'est-il pas le bouc émissaire figuré dans l'ancienne loi?
Cependant, Pilate prétendait sauver Jésus; s'il l'avait réduit à cet état, c'était afin d'exciter la compassion du peuple.
Il était troublé. Les paroles de l'accusé : « Je suis roi, vous l'avez dit, mais mon royaume n'est pas de ce monde,» inquiétaient le Romain. Un avertissement de sa femme le bouleversait davantage. Le songe dont elle lui faisait part n'était pas pour calmer sa conscience.
Au fond, il estime cet homme, mais il se sent entraîné par le peuple.
Peur de se compromettre en sauvant Jésus- Christ.
Lâcheté, respect humain.
Il croit se disculper du sang du juste, en se lavant les mains.
Pilate, c'est peine inutile, ce sang restera éternellement sur tes mains !
Oh ! le respect humain ! trahir Jésus-Christ/ rougir de son Eglise parce qu'elle est comme une veuve désolée, honnie et méprisée de tous! Ne
pas pratiquer parce qu'un petit nombre pratique! Délaisser Jésus-Christ parce que tout le monde l'abandonne! Quelle indignité!...
Heureusement, tous ne l'abandonnent pas. Sa mère et quelques saintes femmes l'accompagnent. Leur cœur est bien pris ! Elles partagent ses affronts. Seules elles baiseront le pied de la croix dans l'abandon général. Magdeleine, Suzanne, la mère des enfants de Zébédée, quels noms historiques ! Ah ! vous avez été à l'affront, vous serez à l'honneur !
Cependant, c'en est fait, Pilate a livré l'innocente victime aux Juifs pour qu'ils la crucifient. On fabrique une longue et lourde croix, et Jésus luimême devra la traîner jusqu'au lieu du supplice.
Elle est si pesante, etilestsi fatigué, si épuisé par les mauvais traitements, qu'à peine il peut la soutenir. On contraint Simon de Cyrène à lui venir en aide. J'aurais bien voulu être cet homme, ô Jésus !
Las ! pendant qu'il traîne ainsi sa croix sur le chemin du Calvaire, ce n'est pas seulement ce lourd fardeau qui l'accable, ce sont nos péchés. Toutes les lâchetés et toutes les hontes sont amoncelées sur lui (i ). « Voyons, y a-t-il encore
(1) Iniquitates nostras ipse portavit.
quelque crime dont Jésus ne soit point chargé? Qu'on l'apporte et qu'on le jette sur lui ; pendant qu'il va au supplice, il ne faut pas qu'aucun lui échappe. Ah ! tout y est, la charge est complète. Approchons-nous, chrétiens, et pendant que nos continuelles désobéissances, nos passions, nos ingratitudes traînent Jésus-Christ au supplice et sont entassées sur ses épaules, que chacun de nous vienne reconnaître la part qu'il a dans ce fardeau. »
Il arrive enfin sur le Calvaire, après plusieurs chutes dans le chemin, et le voilà, debout auprès de la croix qui l'attend. Il la regarde et frémit ; son cœur s'épouvante et tout son corps frissonne. Mais son amour pour nous lui fait répéter avec courage : « Que votre volonté soit faite, ô mon Père, et non la mienne ! » 11 s'ap* proche donc sans murmurer du gibet. Et pourtant sa poitrine bat, ses genoux se dérobent sous lui, mais il doit, il veut mourir, il s'agenouille humblement sur la terre, lève un instant les yeux et les mains vers le ciel et s'étend sur ce lit de mort. Puis, dit sainte Brigitte, lui-môme présente son bras droit, ouvre sa main droite et attend que le fer cruel fasse son sanglant office.
Le bras sacré est attaché et maintenu au moyen de cordes, et l'un des exécuteurs place
le clou dans le creux de la main, mais vers la partie la plus rapprochée du poignet pour que les chairs ne déchirent pas sous le poids du corps.
L'exécuteur frappe le premier coup. Jésus jette un cri qui va se perdre dans le cœur de la très sainte Vierge. Le sang coule, et cette vue inspirant une sorte de fureur au bourreau, il redouble d'efforts, et sous les coups du marteau la pointe traverse les chairs, les os et le bois.
Main miséricordieuse et créatrice de mon Jésus, qui vous a réduite à cet état ? main adorée, je vous baise avec amour.
Cependant, les cruels attachent à la main gauche une autre corde, et tirant sur le bras gauche de la victime, ils forcent cette main malheureuse à atteindre l'endroit désigné. Le marteau retentit encore, le sang jaillit, un gémissement se fait entendre; puis le silence.
De la même façon les bourreaux fixent les pieds du Sauveur à la croix ensanglantée.
Et maintenant la victime est sur l'autel. Od la dresse dans l'air afin que tout le peuple la voie, qu'il puisse s'en amuser et lui lancer des injures. Dans toute cette toule qu'il domine du haut delà croix, Jésus n'aperçoit que des figures haineuses et des regards cruels. Les docteurs
juifs se moquent de lui ; les soldats l'insultent ; un des voleurs crucifiés à ses côtés se raille aussi de lui.
Pendu sur ses mains ensanglantées, la gorge brûlante, le front fiévreux, la poitrine agitée de soubresauts spasmodiques, les entrailles pantelantes, les os du corps perçant la peau, Jésus, tirant avec peine une respiration qui n'est plus qu'un râle, trouve pourtant la force de nous donner Marie pour mère et de nous pardonner encore : « Mon Père, dit-il, pardonnez-leur ; ils ne savent pas ce qu'ils font I »
Puis, quand il a assez souffert, quand la mesure des châtiments est à son comble et que nos fautes sont assez expiées, il réunit ses dernières forces dans ce grand cri :
«Tout est fini ! » Et après cette parole, il incline la tête et meurt.
L'Évangile raconte que la foule étonnée par les prodigesqui accompagnèrent la mort de l'Homme- Dieu, eut regret de son crime et qu'un grand nombre redescendirent à Jérusalem en se frappant la poitrine. Le chef des soldats lui-même, touché jusqu'au fond de l'âme, ne cachait plus ses impressions et disait : « Cet homme-là était vraiment le Fils de Dieu. »
Souvenons-nous du vendredi saint et du
Calvaire, et n'oublions jamais ce que notre salut a coûté de souffrances à l'Homme-Dieu.
Et si, par une vie désormais chrétienne et pénitente, nous nous efforçons de racheter les fautes du passé, nous mériterons un jour, comme le bon larron, d'entendre à notre lit de mort cette consolante parole du Sauveur au bon voleur converti sur la croix :
« Aujourd'hui, vous serez avec moi daDS le Paradis (1). »
(1) Hodiemecum eris in Paradiso.