CHAPITRE XVI
La lecture du saint Évangile repose l'âme et relève le courage, mais jamais ce livre n'est plus éloquent que lorsqu'on le parcourt en face de la mort. L'Esprit-Saint nous en explique les problèmes, et c'est lui-môme qui se charge de consoler nos cœurs devant un cercueil qui se ferme sur un bien-aimé à jamais perdu : « Ne sommes-nous pas les fils de la résurrection? N'est-il pas vrai que le môme Père tout-puissant, qui a brisé les portes du tombeau de son Fils, vivifiera nos corps mortels à cause de TEsprit-Saint qui habite en nous? » (1)
Nous ne devons pas pleurer nos morts comm c, ceux qui n'ont pas d'espérance.
Certes, la séparation est douloureuse (2). Le coup, porté avec violence, atteint parfois le fond de
* (1) Romains, vin, 11.
(2) Le soleil ni la mort ne peuvent se regarder fixement.
La Rochefoucauld, Réflexions morale».
('être et brise une vie pour jamais. On demeure eans pensée, comme abasourdi sous le choc, l'esprit se refuse à réfléchir, le cœur sent un abandon affreux.
Et vous vous demandez pourquoi vous vivez encore, si c'est bien vous qui êtes là, pourquoi vous parlez, pourquoi vous agissez...
Par moments, chez certaines âmes qui ne sont pas suffisamment chrétiennes, c'est le murmure, c'est la désolation; l'instant d'après l'indifférence, un accablement, une prostration de toutes les forces. Ces douleurs sans nom sont un des grands écueils de la vie chrétienne. Au fond, nous acceptons mieux la mort pour nous que pour les autres.
Qui n'a vécu ces heures troublées où l'irréparable se dresse tout à coup devant les yeux, où Ton touche de la main le néant des affections humaines.
Ainsi, voilà un être que vous aimiez, un cœur qui battait à l'unisson du vôtre, des yeux où vous saviez lire, une bouche qui s'ouvrait chaque jour pour vous communiquer des pensées chères, un visage dont vous connaissiez l'expression, où les moindres émotions se trahis- . saient et devenaient sensibles à vos regards familiers.
Vous viviez de cette vie aillant que de la vôtre : amour, crainte, espérance, tout vous était commun ; il vous paraissait que jamais vous ne pourriez être séparés, ou plutôt pas un instant vous ne faisiez cette hypothèse. Le présent vous suffisait, et le bonheur de votre ami lié vous berçait dans une sécurité trompeuse.
C'était un fils, un frère, un ami ; c'était une fille aimée, une sœur, une mère, une épouse.
Et la mort a passé! Brutalement, de sa faux cruelle, elle a supprimé cette existence, arraché de vos bras ce bien-aimé et labouré votre cœur avec la lame froide, acérée d'un poignard. Quand cela est arrivé, lorsque, retenant vos larmes pour ne pas affoler celui qui part, vous avez pu par un suprême effort lui donner les pieux soins de la dernière heure, fermer ses yeux, clore à jamais ses lèvres chères, nouer ses mains amaigries autour du crucifix qui reçut le dernier soupir, ah 1 n'est-il pas vrai, pauvre âme, à bout de forces, vous êtes tombée à genoux, vous ne saviez que dire ; la prière expirait sur vos lèvres.
Les dernières prières, les chants funèbres de
La mort de nos amis nous enseigne à ne pas tant redou er un passage frayé par eux et que quelques-uns rendent attrayant.
Maurice »b Gitèri».
l'église, la longue route du cimetière, la tombe ouverte et le cercueil y glissant tête première, tout au fond, dans le noir, dans l'humide, dans l'horrible solitude où il n'y a plus que les vers : tout cela défila à vos yeux, comme en un rêve. Ce fut à la fois très long et très court, car il y a des émotions simultanées qui semblent contraires...
Depuis, ' vous êtes retournée souvent au cimetière, et fidèlement vous êtes venue sur cette tombe. Devant cette pierre blanche et froide vous avez balbutié des prières, et puis vous reveniez le cœur plein d'amertume, n'osant vous demander ce qu'il advenait du bien-aimé disparu, sous cette couche de terre, dans l'affreux tombeau.
Oh I ce médaillon que vous avez dans l'esprit ? cette pâle figure de mort, blanche ivoire, reposant dans un grand calme auprès du cierge des trépassés, dans le silence religieux de la chambre mortuaire.
Cette image s'efface peu à peu avec les années , du moins elle s'atténue, et lentement, par l'œuvre du temps, une couche d'oubli se dépose et se forme sur les plus chères mémoires. De nouvelles morts font reculer les anciennes : c'est la loi des choses et c'est la loi du cœur.
A GENOUX SUR UNE TOMBE. 2i9
Mais vous, peut-être, vous avez réagi contre cette loi, et dans votre cœur fidèle comme dans le demi-jour d'une crypte sainte consacrée par Dieu lui-même, une lampe d'or se consume en perpétuant la flamme discrète du souvenir ; là se murmurent, comme en un moustier séculaire, la plainte éternelle et la prière sans fin.
Les années sont venues, les rides ont marqué votre front, vos cheveux ont blanchi, moins encore par la succession des ans que par le poids des peines, mille émotions ont émoussé la sensibilité de votre cœur, et cependant Fimage du pauvre mort est toujours là; l'empreinte en est comme fatiguée par l'usage, les contours ont perdu la netteté, la précision de la première heure; mais c'est toujours lui, ce sera lui jusqu'à la fin : vous vivante, on n'enlèvera pas de votre cœur la pieuse relique.
Devant ces grandes douleurs, les consolations humaines sont banales et impuissantes ; elles fatiguent et c'est une sorte de gêne que d'être obligé de les donner, comme c'est un fardeau d'être contraint de les entendre. Jamais on ne sent mieux la pénurie de l'expression, le néant des mots. Se taire, verser une larme, serrer douloureusement une main tendue, échanger un regard de commisération, c'est là vraiment tout
ce qui est possible. Le silence est doux à ceux qui souffrent et la solitude garde pour leurs cœurs ulcérés un baume secret; mais il faut que ce silence soit accessible à la parole de Dieu et que cette solitude s'éclaire de sa présence.
Les consolations efficaces viennent d'en haut. C'est à Dieu, auteur de la blessure, qu'il appartient de la guérir, mais le remède n'agit pas vivement et dans un instant; il faut quelquefois des semaines, des mois, des années, pour qu'il pénètre jusqu'au fond du cœur. Et toujours il reste un état de paisible et amère souffrance qui n'est pas sans charmes ; on garde la sensation de Texil ; on vit beaucoup par le passé, mais beaucoup plus encore par l'assurance toujours plus grande du prochain revoir. A mesure que la foi se fortifie, on aperçoit plus distinctement le ciel, on attend avec plus de fermeté l'autre vie, on se rapproche, par des élans plus vifs, de ceux qui sont partis les premiers. L'âme ne meurt point, leur âme n'est donc pas morte (1). Il est
(1) « Ils ont aussi passé sur cette terre ; ils ont descendu le fleuve du temps; on entendit leur voix sur ses bords, et puis l'on n'entendit plus rien. Où sont-ils? Qui nous le dira? Heureux les morts qui meurent dans le Seigneur.
« Pendant qu'ils passaient, mille ombres vaines se présentèrent à leurs regards : le monde que le Christ a maudit le>jr montra ses grandeurs, ses richesses, ses voluptés; ils le virent pi soudain ils ne virent plus que l'éternité. Où sont-ils? Qui
bien vrai qu'ici-bas, on ne verra plus ce visage, on n'entendra plus l'accent de cette voix, on ne
nous le dira? Heureux les morts qui meurent dans le Seigneur.
« Semblable à un rayon d'en haut, une croix, dans le lointain, apparaissait pour guider leur course : mais tous ne la regardaient pas. Où sont-ils? Qui nous le dira? Heureux les morts qui meurent dans le Seigneur.
« Il y en avait qui disaient: Qu'est-ce que ces flots qui nous emportent? Y a-t-il quelque chose après ce voyage rapide ? Nous ne le savons pas, nul ne le sait? et, comme ils disaient cela, les rives s'évanouissaient. Où sont-ils? Qui nous le dira? Heureux les morts qui meurent dans le Seigneur.
« Il y en avait aussi, qui semblaient, dans un recueillement profond, écouter une parole secrète, et puis, l'œil fixé sur le couchant, tout à coup ils chantaient une aurore invisible et un jour qui ne finit jamais. Où sont-ils? Qui nous le dira? Heureux les morts qui meurent dans le Seigneur.
a Entraînés pêle-mêle, jeunes et vieux, tous disparaissaient, tels que le vaisseau que chasse la tempête. On compterait plutôt les sables de la mer que le nombre de ceux qui se hâtaient de passer? Où sont-ils? Qui nous le dira? Heureux les morts qui meurent dans le Seigneur.
« Ceux qui les virent ont raconté qu'une grande tristesse était dans leur cœur : l'angoisse soulevait leur poitrine, et, comme fatigués du travail de vivre, levant les yeux au ciel, ils pleuraient. Où sont-ils? Qui nous le dira? Heureux lei morts qui meurent dans le Seigneur.
« Des lieux inconnus où le fleuve se perd, deux voix s'élè* vent sans cesse :
L'une dit : Du fond de l'abîme, j'ai crié vers vous, Seigneur l Seigneur, écoutez mes gémissements, prêtez l'oreille à ma prière. Si vous scrutez nos iniquités, qui soutiendra votre regard ? Mais près de vous est la miséricorde et une rédemption immense.
« Et l'autre : Nous vous louons, ô Dieu! nous vous bénissons : saint, saint, saint est le Seigneur Dieu des armées 1 La terre et les cieux sont remplis de votre gloire.
«« Et nous aussi, nous irons là, d'où partent ces plaintes ou ces chants de triomphe. Où serons-nous ? Qui nous le dira ? kieureux les morts qui meurent dans le Seigneur. »
Lamennais.
rencontrera jamais plus ce bon regard; la mort a tué ce cœur, anéanti cette vie puissante, si sympathique, mais l'âme est vivante, l'âme entend, voit, comprend, se souvient et aime encore. Plane-t-elle invisible mais présente sur la scène de deuil, puis sur le logis désolé ? vientelle aux heures amères assister dans leur souffrance ceux qui sont restés, et leur murmurer à l'oreille : « Courage » ? Est-elle un autre ange gardien attaché pour toujours au cœur fidèle? A toutes ces questions la foi ne défend pas de répondre Oui. En tout cas, elle nous montre ces âmes, aimant Dieu maintenant, le comprenant, le goûtant, ravies de sa présence ; elle noua les montre paisibles et joyeuses dans son sein* loin du tumulte de ce monde, loin de ses douleurs, loin de ses périls. Elles sont avec Dieu, elles y sont pour jamais, leur béatitude est parfaite. Ceux qui restent sont plus à plaindre. Toutefois la séparation n'a qu'un temps, l'isole* lement finira bientôt ; au ciel nous nous rêver rons tous un jour!
Le corps lui-même, enseveli au fond de la terre et mangé par les vers, le corps n'est pas perdu sans retour. L'ange de la résurrection veille sur la dépouille mortelle, et quaud viendra le jour suprême annoncé par Dieu, le grand jour
du Seigneur, alors tous les morts sortiront de leurs sépulcres, les éléments dispersés de leurs corps seront de nouveau réunis ; c'est là notre espérance invincible et un article de la foi chrétienne. Le Seigneur glorifiera ce corps lavé par les eaux du baptême et inondé de ses grâces, Ce corps qui fut le temple du Saint-Esprit et le tabernacle de l'Eucharistie, cette nature humaine que le divin Sauveur emprunta, ces membres qui ont souffert dans les martyrs, ont fait pénitence dans les saints, ont été nobles et chastes dans les vierges et dans tous les grands chrétiens; il refera cette langue qui jadis a publié sa gloire et fait bénir son nom.
Nous avons pour garantie de cette croyance la résurrection même du Sauveur Jésus. En sortant du tombeau, c'est pour nous comme pour lui qu'il a brisé les portes de la mort. Sa résurrection n'est pas seulement l'image, elle est le gage assuré de la nôtre, et vraiment s'il n'en était ainsit nous serions les plus misérables des hommes, puisqu'en vain nous aurions soumis notre corps à un joug pesantet nous l'aurions sevré jusqu'à la fin de tous les plaisirs. Aussi l'apôtre saint Paul fait de ce dogme un des points les plus importants de son enseignement, et l'Église le ramène sans cesse à notre pensée et sur nos lèvres peu-
dant la récitation du symbole de Nicée : « Je crois la résurrection des morts et la vie du siècle avenir. »
Mais peut-être celui que vous avez perdu est mort incroyant, ou du moins impénitent, peutêtre un coup subit l'a frappé et couehé dans la tombe et vous vous écriez alors : « Quelle pensée ! quel tourment! il est perdu pour jamais! Ces mêmes croyances, qui devraient me consoler, me condamnent. Hélas ! hélas ! ma prière peut-elle quelque chose? Son sort n'est-il pas fixé irrévocablement? »
Qu'en savez-vous? qui connaît les secrets de l'heure dernière, les desseins intimes de Dieu? Qui a scruté l'étendue infinie de sa miséricorde? Saint François de Sales, le doux et bon docteur, a écrit sur ce point des lignes consolantes.
Un jeune prince était mort en duel, tué sur le coup; immense était la désolation de ses parents, de ses amis.
Hélas! que pouvait-on penser de son éternité?... Le saint évoque de Genève eut connaissance qu'au fond d'un monastère, une religieuse d'une grande sainteté de vie venait d'avoir £ son sujet une révélation particulière de Dieu. Le Seigneur fit connaître que, dans l'instant suprême qui précéda sa mort, le jeune prince, d'une seule
pensée profonde et rapide, avait crié miséricorde et obtenu son pardon par un acte de contrition et d'amour. Il était condamné, si l'on ne venait à son secours, à rester dans le purgatoire jusqu'à la fin des temps.
Nous ignorons ce qui se passe dans la minute suprême de l'agonie, entre ces deux ou trois soupirs séparés par un intervalle. Peut-être que l'âme se recueille alors, peut-être que Dieu fait un dernier appel au pécheur et mette salut à portée de sa main dans une seconde. On a constaté une acuité de perception effrayante en certains dangers imminents de mort. Qui sait? Dieu a plus d'une voie pour sauver les âmes. Une porte est toujours ouverte à l'espérance.
Quoi qu'il en soit, les morts imprévues, les départs sans préparation ont leur enseignement redoutable dont nous devons profiter.
Dieu nous préserve de la mort subite !
Dieu nous préserve de l'impénitence finale I
Et fasse le Ciel que nous sachions profiter des leçons de la mort l
Descartes disait en montrant un squelette : Voilà mes livres. En effet, la mort est le phare lumineux qui éclaire la vie.
Les trépassés nous parlant du fond de leur
sépulcre et nous instruisent.
226 VERS L'ÉTERNITB.
— Hier, c'était mon tour, disent-ils; demain ce sera le vôtre. Rien de plus certain que la mort rien de plus inévitable.
Hélas ! on n'en tient pas compte. « Nous savons que nous devons mourir, dit un penseur, mais nous ne le croyons pas. Rien n'est plus assuré. Quelques précautions que l'on prenne, la mort a le dernier mot. Il faut veiller sans cesse pour l'écarter, car elle nous assiège. C'est elle que nous fuyons sans cesse en changeant d'occupations. Marcher toujours, c'est la mort; s'absorber trop dans le travail de la pensée, c'est la mort; aimer trop fortement c'est la mort. La mort nous guette chaque jour et n'arrête jamais ses cruelles embûches. »
Cette « réponse de mort » est douloureuse, mais combien elle est salutaire.
Saint François d'Assise, accompagné de frère Léon, dont il aimait l'esprit délicat et distingué, était assis un matin dans la plaine d'Assise, non loin de Notre-Dame des Anges, devant un de ces paysages lumineux et tendres dont le suave pinceau de Pérugin devait s'inspirer en tant de chefs-d'œuvre.
Jamais, au pied des sévères murailles de la vieille cité, la riante Ombrie n'avait déroulé tant de charmes. L'âme du saint, enthousiaste du
beau, vraiment artiste, sentait vivement la grandeur et le charme de l'Œuvre divine.
Il aimait profondément la nature. Le voilà debout, l'œil inspiré ; il chante :
« 0 mon Dieu, soyez béni pour notre frère le soleil. Il est chaud, il est bienfaisant, il répand la vie et la fécondité, il enchante la nature. Il est le pâle reflet, mais si beau encore, de votre indéfectible lumière !... »
Puis entendant le murmure d'un ruisseau qui court en serpentant, harmonieux, sur des cail-» loux blancs.
« Seigneur, soyez béni pour notre sœur l'eau! Elle est limpide, elle est fraîche, elle est chaste, elle est pure. »
A ce moment l'on entend tinter au loin la cloche du monastère. Un frère accourt, les traits bouleversés, et il annonce la mort d'un religieux.
François se lève, des larmes perlent à sa paupière. Il rabat sa cagoule sur son front en signe de deuil, puis tendant vers le ciel ses bras décharnés.
« 0 Dieu ! soyez béni pour notre sœur la mort! Elle est hideuse à voir, effrayante. Mais elle est bonne et profitable au cœur chrétien. G est la messagère de votre éternité. »
La mort nous rend tangible la vanité des biens
présents. Richesses, plaisirs, honneurs, le château de cartes s'écroule.
Elle nous engage à ne point idolâtrer notre corps destiné à finir dans la corruption du cercueil. Combien frappante, cette grande leçon de la tombe : « J'ai dit aux vers, vous êtes mes frères, et à la pourriture, vous êtes ma mère. »
François de Borgia, ayant à reconnaître le cadavre d'une grande reine d'Espagne, poussa un cri d'horreur en voyant la décomposition de ce visage autrefois si gracieux. Il se convertit et devint un grand saint.
Combien d'hommes ont trouvé dans la pensée des fins dernières le principe de leur conversion. La mort nous révèle le prix et la juste valeur de la vie. Elle nous prêche avec efficacité le bon emploi du temps. Pas une minute à perdre, car demain nous ne pourrons plus agir. Je meurs tous les jours, dit saint Paul. Cette parole a été ramenée à une formule scientifique par es maîtres de la science contemporaine : La vie. dit Bichat, n'est que V ensemble des forces qui nous protègent contre la mort. Et Claude Bernard, observant qu'il n'y a pas de vie sans une consomption perpétuelle, conclut : La vie, c'est la mort.
Q mort! ton jugement est aussi pour cel»»i qui
met toutes ses satisfactions dans les biens de ce monde. Tu viendras, comme un voleur, pour le surprendre, car nul ne sait le jour ni l'heure. Tu le sépareras de tout, et tu le jetteras, épouvanté, dans l'éternité.
Bienheureux le chrétien toujours prôtî