CHAPITRE XXV
Ceux qu'il aime, Jésus les garde fidèles jusqu'à la mort, en étendant ses mains sur eux comme sur son bien, dans ce dernier et redoutable passage. Aussi, loin que la mort soit un épouvantail pour un véritable enfant de Jésus- Christ, elle se fait paisible, assurée, douce môme; c'est la porte de vie par où passent les âmes justes pour entrer dans la gloire (1).
Arrêtons-nous un moment devant cet aspect aimable de la mort. 11 y a du fruit pour notre âme à se persuader que l'amour de Jésus, après avoir endormi la souffrance ici-bas, change même la mort en un ravissant passage.
L'homme juste, en effet, trouve dans la mort : la fin de ses maux, la rencontre de Jésus-Christ, l'entrée du Ciel.
Si un grand écrivain a pu dire que : « C'est
f\) Hœc porta Domini,justi intrabunt in eam, (Ps. CXV1I.)
une chose horrible de sentir s'écouler tout ce qu'on possède (1) », et s'il est vrai que la pensée de la mort est dure pour celui qui met son repos et sa joie dans les biens de ce monde, il est certain aussi que l'homme pauvre d'esprit et détaché de tout meurt sans déchirement, car s'é>ant exercé à vivre ici-bas au-dessus de la chair et à n'user de ce monde comme n'en usant pas, il quitte sans grand sentiment ce qu'il n'a pas aimé, et souffre peu d'une séparation qui l'affranchit plutôt qu'elle ne îe prive.
Aux yeux du juste, l'argent et le plaisir se sont révélés dès longtemps sous leur vrai jour. Il en a senti le vide, le rien. Un jour môme est venu peut-être où son âme a considéré comme un vil fumier ce que le commun des hommes estime, et ce dont les mondains font leurs trésors (2). Ce jour est celui même où il a connu parfaitement et compris enfin Jésus-Christ (3).
C'est la récompense de l'âme qui a renoncé de cœur à toutes choses durant sa vie, de n'avoir plus à renoncer à rien quand vient la mort.
Jésus ! quelle paix, quelle sérénité sur le visage du juste, à cette heure décisive où tant
(1) Pascal.
(2) Arbilror xi stercora. (Phil., ni, 8.)
($) Propiù einmentorn sGienliam fesu Chruli, (Pbil., m, 8.)
d'autres sont dans l'inquiétude et l'angoisse!
Les pleurs mômes de parents chéris et la pensée d'une cruelle séparation ne sauraient le troubler, car s'il les a aimés de toute son âme, c'était en Dieu ; il ne les quittera que pour Lui, les confiant à une Providence dont il connaît si bien les miséricordes et la puissance. Du sein d'une vie meilleure, en môme temps qu'il distinguera plus clairement leur état, il pourvoira aussi plus efficacement à leurs vrais besoins.
Mais la mort, si on la considère avec les yeux delà foi, c'est la fin de la lutte et la délivrance des tentations. « Tant que je suis dans cette vie, disait saint Pierre d'Àlcantara, je puis pécher. » « Prenez garde, Seigneur, s'écriaitunautresaint, je pourrais vous trahir. »
Plusieurs, après avoir été de grands saints, sont tombés : témoin David, Salomon et d'autres. Qu'y a-t-il de plus triste pour une âme aimante que cette incertitude? Les biens du monde, quelque mépris qu'on en fasse, tendent toujours à plaire ; le démon ne désarmera jamais tant qu'il nous restera un souffle de vie ; la nature a beau ôtre humiliée, réduite, forcée à obéir ; par moments elle a des soubresauts terribles, de ces révoltes qui ébranlent tout l'être et qui font peur.
La mort est l'heure bénie qui marque la fin du combat, le messager de paix annonçant le repos, le héraut désiré proclamant le succès final ; oui, car la mort vient consacrer la victoire ; ange de gloire, sur un front blanc d'innocence conservée ou reconquise, elle pose la couronne avec un baiser.
Otez-nous ce hideux squelette armé d'une faux! montrez-nous, comme le veut l'Église, saint Michel archange qui descend radieux, avec la cohorte brillante des princes du ciel, pour terminer l'exil et découvrir à l'âme les splendeurs de l'éternelle aurore ! Oh ! oui, bienheureux sont ceux qui meurent dans le Seigneur ! (1)
Rapprocher une autre douceur de la mort, pour l'âme chrétienne, vient de l'union habituelle qu'elle n'a cessé d'entretenir ici-bas avec Jésus- Christ. Car, d'une part, le juste a mis tout son soin à suivre et à imiter le Sauveur, toute sa joie à lui plaire; de l'autre, il est insatiable de Lui, en sorte que Jésus-Christ est devenu pour son âme l'air vital qu'elle respire, le pain de chaque jour dont elle s'alimente, la lumière dont elle s'inonde, enfin son Unique. Les créatures ne sont plus rien pour ce juste. C'est ce que saint
(î) Beati morlui gui in Domino moriuntur. (Apoc, xjv, 13-)
Paul exprime bien quand il dit que Jésus-Christ est sa vie (1).
Tel maître, tel disciple. On a une tendance naturelle à imiter ceux que Ton aime. Si donc cette communication de principes et d'amour influe sur les principaux actes de l'existence, dirons-nous qu'elle ne produit plus d'effet dans la plus grave, la plus décisive des actions de la vie, celle qui consacre toutes les autres et les fixe pour l'éternité, je veux dire la mort ?
Convenons au contraire que la fidélité jusqu'à la mort est le suprême effort de l'imitation, et que l'imitation poussée jusque-là est le dernier mot de l'amour.
Le juste donc, celui qui aime Jésus-Christ, par là même qu'il est son disciple, se fait une joie d'imiter un tel Maître dans sa mort après l'avoir suivi dans toutes les actions de sa vie. Sa conformité avec le Sauveur veut qu'il l'accompagne jusque-là, qu'il monte avec lui sur le Calvaire, qu'il embrasse sa croix, et qu'il meure percé des mêmes clous.
Il le sait, et c'est ce qui adoucit sa mort.
Cette mort qu'il nous faut subir tous, notre divin Modèle l'a d'abord endurée ; il s'est engagé
(1) Mihi vivere Christus est. (Phil, I, 21.)
le premier dans cette route obscure, il a franchi avant nous ces formidables passes. Et lui aussi, il a senti sa chair fléchir sous le fardeau de l'angoisse jusqu'à suer du sang ; et lui aussi il a senti en lui le sourd travail qui mine l'être et les atteintes successives qui préparent lasuprême agonie. Ses joues se sont creusées comme se creuseront les nôtres, le même éclat vitreux qui s'éteindra un jour dans nos regards a pâli dans les siens ; la crainte même de la mort, il a voulu en sentir quelque chose: « Père, père, disait-il, que ce calice s'éloigne de moi s'il est possible ! »
Comme une mère qui veut faire accepter à son enfant un remède amer et pénible, le goûte d'abord elle-même afin de l'encourager par là, ainsi Notre-Seigneur a goûté l'agonie, les souffrances et la mort, voulant nous fortifier par son exemple.
L'union habituelle avec Jésus-Christ nous adoucit donc l'amertume du fatal breuvage et nous fait même désirer de le boire ; nous le fait désirer, oui, car après tout, cette mort, c'est le voile qui nous cache à Jésus et nous tient loin de lui, et cevoile, quelle joie de l'arracher, d'apercevoir le Maître, le Père, l'Ami, l'Epoux. Le voilà donc enfin dans sa rayonnante beauté ! A peine notre âme est-elle sortie de sa prison, Jésus lu:
apparaît; Jésus, qui était tout pour nous en ce monde, Jésus, qui nous dégoûtait du reste, et nous suffisait à lui seul, le voici pour jamais. 0 rencontre sans précédent ! ô ivresse ! Le ciel s'ouvre, c'est Lui-même ! il me reçoit dans ses bras ; je repose à jamais sur ce Cœur comme autrefois saint Jean
Qui redira cette heure de réveil et d'amour? Tant que nous demeurions dans la prison du corps, nous restions loin de lui, et notre âme voulait rompre ses liens pour être avec le Christ ; mais maintenant notre âme a trouvé celui qu'elle aime, elle le tient, elle ne le quittera jamais.
Avec le Christ c'est l'autre vie que l'âme aborde, et elle exulte 1
Comme on conduisait saint Pionius au lieu de son supplice, les gardes lui demandèrent comment il pouvait aller à la mort avec tant de joie : « Vous vous trompez, dit-il, ce n'est pas à la mort que je vais, c'est à la vie ! »
Plus forte que la mort, plus vivace que l'appréhension des supplices mêmes, son espérance lui découvrait sous des traits faseinateurs la réalité de l'autre vie, de ce monde supérieur qui lui tendait les bras, et ii disait : « Je vais à la vie. »
Aux regards des mondains, ce juste paraissait
mourir, mais lui, sentait bien qu'il entrait clans le repos et la joie; sa foi lui faisait de la mort le splendide portique du palais éternel, la porte glorieuse, témoin d'un triomphe sans lendemain.
« Non, je ne croyais pas qu'il fût si doux de mourir, disait Suarez à celte même pensée, et telle en fut l'inQuence heureuse sur l'esprit du cardinal Fisher, que, conduit àl'échafaud pour la foi, ce grand homme entonna le Te Deum.
François d'Assise mourant se mit à chanter. Et n'aurait-il pas pu s'approprier ces paroles d'un autre saint à son heure dernière : « Entre Dieu et moi il n'y a plus que la muraille de mon corps ; je ia vois maintenant tomber morceau par morceau ; c'est ma prison qui s'écroule et je vais voir Dieu î » (\)
(1) « O vous qui avez écrit le l'hédony vous le peintre à jamais admiré d'une immortelle agonie, que ne vous est-il donné d'être le témoin de ce que nous voyons de nos yeux, de ce que nous entendons de nos oreilles, de ce que nous saisissons de tous les sens intimes de lame, lorsque, par un concours de circonstances que Dieu a faites, par une complication rare de joie et de douleur, la mort chrétienne, se révélant sous un demi-jour nouveau, ressemble à ces soirées extraordinaires dont le crépuscule a des teintes inconnue» et sans nom 1 Quels tableaux alors 1 quelles apparitions 1 Vous en citerai-je une, ô Platon ? Oui, au nom du ciel, je vous la dirai. Je l'ai vue i' y a quelques jours ; mais dans cent ans, je dirais encore qu'il n'y a que quelques jours que je l'ai vue. Vous ne comprendrez pas tout ce que je vais vous dire : je ne peux vous parler de ces choses que dans une langue nouvelle que le Christianisme a faite; niais vous en comprendrez toujours assez. Sachez donc que de deux âmes qui s'étaient attendues
OU LA MORT S'ILLUMhNE. 351
Ainsi le juste expire, le sourire sur les lèvres, la joie au cœur. Il a servi Dieu toute sa vie, il
sur la terre, et qui s'y étaient rencontrées, et que Dieu avait unies par le nom d'époux et d'épouse en ouvrant devant elles uDe longue perspective de ce qu'on appelle bonheur; que de ces deux âmes, l'une arrivait, par une volonté pure, à la vraie foi, au moment où l'autre arrivait, par une sainte mort, à la vraie vie ; l'une sortait des ombres de l'erreur, comme l'autre était près de sortir des ombres de la terre ; l'une se disposait à participer, pour la première fois, au plus auguste mystère du Christ, lorsque l'autre allait le recevoir comme une transition dernière à la communion éternelle. Or, c'était une chose sainte, consolante, désirée des anges et des hommes, que ces deux âmes pussent accomplir chacune sa communion, ou plutôt cette communion une et double dans le même lieu, à la même heure, à côté l'une de l'autre, comme, à la veille d'un voyage qui sépare, on prend en commun un dernier repas de famille. Il était juste qu'il vît, de ses derniers regards, descendre eu elle le Dieu qu'il allait rejoindre, afin qu'il pût dire dans toute l'étendue de son cœur : Maintenant, Seigneur, laissez aller votre serviteur en paix, puisque mes yeux ont vu votre salut, qui n'est ni le mien, ni le sien, mais le vôtre, ô mon Dieu! Et comme le pauvre malade ne pouvait aller à l'église assister au saint sacrifice, le sacrifice vint à lui; et, par une dispense miséricordieuse, sa chambre, presque funèbre, fut transformée en sanctuaire. En face de ce lit, qui était déjà comme une espèce d'autel où l'ami mourant du Christ offrait à Dieu sa propre mort, on éleva un crucifix et un autel, où le mystère du Christ mourant allait se renouveler. Elle y suspendit des ornements et des fleurs, car une première communion est toujours une fête. Mais les broderies que sa main attacha au-devant de fautel rappelaient une autre fête ; elles avaient été portées dans une autre cérémonie, dans un autre jour que le jour de la séparation ; et après avoir été depuis mises à l'écart, elles sortaient de nouveau, elles reparaissaient là comme pour nous dire que la joie de ce monde n'est qu'un tissu à jour, bien frêle, et que nos espérances ne sont guère qu'une parure qui se déchire.
Tout à coup cette chambre, sombre jusqu'alors, s'éclaira de la lumière qui jaillissait des flambeaux de l'autel, comme Ja mort la plus ténébreuse s'illumine pour le juste des rayons
s'est efforcé de lui plaire; quelle joie lorsqu'il entend enfin le lointain appel du repos et ces paroles
que Dieu tient en réserve pour ses derniers regards. Le sacrifice commença, et il était minuit. Pourquoi fut-il commencé à cette heure? Je vous en dirais bien une raison que les hommes savent ; mais je crois que les anges de Dieu en savent d'autres encore, parce qu'ils connaissent toutes les mystérieuses concordances des moments, des heures et des nombres sacrés. C'était l'heure de la naissance du Christ, consommateur de notre foi, auteur de notre ciel, et il y avait là aussi, je vous l'ai dit, entre ce lit de mort et cet autel, une double naissance, l'une au ciel, l'autre à la loi : réunion rare et privilégiée. Je crois à ces harmonies des heures en faveur de certaines âmes ; je crois que le temps, si fantasque, si souveat rebelle à nos arrangements profanes, est, sous la main de Dieu, un rythme souple et docile, qui obéit mieux que nous le pensons, aux convenances des élus. Le sacrifice, donc, commença à minuit. Toute une famille y assistait, et, avec elle, un ami fidèle à toutes les douleurs. De vous dire quelles pensées, quelles émotions passèrent alors dans toutes ces âmes, je ne l'essayerai point ; nulle d'entre elles ne sait elle-même tout ce que Dieu iui a fait sentir. Gomme en un jour où le ciel est moitié sombre, moitié serein, un éclair n'en traverse pas moins en un Instant tout l'espace d'un pôle à l'autre ; ainsi en était-il du sentiment et de la prière, au milieu de cette admirable scène. Ces éclairs de l'âme étuient en quelque sorte présents à la fois sur tous les points de l'étendue que Dieu a donnée au cœur de l'homme, depuis les pensées les plus douces jusqu'aux plus déchirantes ; car tous les contrastes étaient réunis dans cette chambre sacrée, ils y étaient représentés, sensibles, vivants ; cet autel paré, qui semblait adossé à un cercueil; ces fleurs qui prédisaient, parmi les glaces de la mort, l'approche de l'éternel et invisible printemps ; cette garde-malade au sombre habit, qui se tenait, comme une morte voilée, en face de l'aube et de l'étole du prêtre, symbole d'immortalité; ces vêtements blancs de la première communion de l'épouse de Dieu, qui allaient se changer en la robe noire de la veuve de l'homme, cette première et cette dernière communion mêlées ensemble; ces sanglots et ces actions de grâces qui se confondaient dans chaque âme ; cette hostie partagée entre l'époux et l'épouse, double viatique, pour lui de la mort, pour elle de la douleur;
OU U MORT SULLUM1N2. 353
qu'un ange murmure à son oreille : « Bon et fidèle serviteur, entre dans la joie de ton Maître. »
toute cette famille ensevelie dans un pieux silence, ou îon n'entendait que des larmes qui tombaient sur les livres de prière, et, au milieu de ce prosternement général, la tête seule du mourant soulevée sur sa couche, dominant, calme et sereine, toutes ces têtes inclinées par la douleur I Et si ce divin spectacle, si expressif, si parlant, n'était lui-même qu'un voile qui couvrait d'autres merveilles saintes ; si je vous disais que celle qui restait avait demandé la foi au lieu du bonheur, et que celui qui partait avait, jeune et. heureux, offert sa vie pour lui obtenir la foi ; si, lorsqu'il vit cette grâce descendre enfin du ciel, mais comme une tlamme qui venait, en consumant sa vie, accomplir l'holocauste qu'il avait préparé; si, dis-je, à cette vue, recueillant ses forces défaillantes, il avait tracé en quelques lignes, et sous la forme d'une élévation vers Dieu, un des plus sublimes testaments de résignation tendre et d'héroïque amour que l'âme d'un chrétien ait jamais inspirés au cœur d'un époux; si, portant tour à tour ses pensées vers les anges du ciel, et ses regards sur les êtres chéris qui entouraient son lit de mort, ces deux apparitions se confondaient parfois dans son esprit, de telle sorte qu'il semblait prendre les unes pour les autres, Dieu permettant cette douce méprise pour que la transition de ce monde à l'autre lui fût plus unie et plus simple ; si, au moment où il venait de quitter la terre, son image, peinte sous des traits si beaux dans tous les cœurs qui le connaissaient intimement, commença à y grandir encore, à s'y transfigurer, parce qu'ils découvrirent tout à coup dans de modestes papiers qu'il avait cachés, des traces, des reflets de son âme jusqu'alors inconnus, semblables à ces sillons de lumière qui laisse après elle une apparition qui s'évanouit! Non, je ne puis vous dire ce que j'ai vu et senti. J'ai lu autrefois les méditations des sages sur le monde futur, je les ai interrogés sur les secrets de la mort et de lt vie ; mais les clartés que j'en ai reçues sont bien ternes prèf des révélations qui ont éclairé cette sainte et grande nuit Jamais je n'ai senti si vivement, en deçà de la tombe, la présence de ce qui est au delà; jamais le voile qui s'étend entu tes deux mondes ne m'a paru si transparent ; jamais je n'a eu une pareille intuition de notre immortalité ! » (Extrait d'ut dialogue entre Fénelon et Platon. — Abbé Gbrssï.)
Le possédant, ce Maître, on acquiert le ciel, et par la même route qui nous mène à un si aimable Sauveur, nous entrons dans les bienheureuses demeures du Paradis. Sous les tristes voiles qui nous assombrissent en un jour de deuil, se cache en effet tout un monde ; des mystères glorieux s'accomplissent hors des rayons de notre vue; aux lents échos de nos églises résonnant leDies irœ, répondent àtraversl'espace des voix qui chantent un triomphe, voix suaves comme le souffle d'une brise de printemps, harmonieuses comme le murmure des fontaines. C'est le départ du juste que célèbrent les anges. Semblable au jeune oiseau qui, après avoir longuement voleté sur la terre, essayé et fortifié ses ailes, s'élève enfin, d'un rapide et majestueux élan, le juste, qu'une prison de chair retenait captif en ce monde, vient enfin de rompre sa chaîne et de sentir la liberté de Dieu !
Mais le juste seul a droit à cette paisible fin; à lui seul la résignation certaine devant la séparation imminente et sur le bord du tombeau qui s'ouvre. Seules, les lèvres qui se sont ouvertes pour la prière, l'aveu des fautes et pour le bien; connaîtront le dernier sourire
Ohl vivons donc comme nous voulons un jour mourir. Pour que la mort dépouille ennotre
faveur ses sinistres épouvantails et devienne un ange de lumière, pour qu'elle soit un jour la fin de nos maux, la rencontre de Jésus-Christ et l'entrée du ciel, mourons au péché, vivons pour Dieu.
Tout passe, la vie du Ciel viendra bientôt compléter celle-ci, éternisant l'union avec Jésus- Christ commencée sur la terre