LE RÊVE
toutes les incamatioiiB, tous les mystàres imaginés pour rapprocher de nous la vérité étemelle ne font que la dénaturer et l'amoindrir. ■
— Il y aurait à discuter beaucoup sur ce point, Momdflur Loétmol.
— Qu'au lieu de discuter. Monsieur l'abbé, sur des expériences dont j'ai, pour ma part, éprouvé tout- le bienfait, qu'au lieu même de tant cherober, et si vainement d'ailleurs, a donner un sens nouveau aux endos si compliqués de notre enfance, nous ferions mieux de les simplifier en les ramenant au symbole primitif qui résume toute la foi humaine au divin, en la débarrassant de toutes les conceptions métaphysiques qui compliquent la croyance sans éclaircir son objet et de toutes les superfétations mystiques ou cultuelles qui dénaturent la vérité divine sans enrichir la foi. Si le cathohcisme veut garder toute la vertu de son principe et se renouveler luimême par un travail d'accommodation à des milieux différents, il ne peut acquérir cette plasticité qu'en revenant au Judaïsme. C'est alors qu'il deviendra la religion idéale, c'est alors seulement qu'il sera vraiment le catholicisme.
Un silence qui aurait paru froid si le milieu eût ité moins cordial accueillit la déclaration de foi uive de M. Lofitmol. Ce silence avait d'ailleurs son
éloquence car il tre les la forte impresf l'ai^umentation ce Comme s'il eût eu ] son orthodoxie ébn regard te regard de cet historien, ce pH défense du catholit présent à souligner ses une discussion ( de Jésus jusqu'à t réserve pouvait sui de prime-saut te) i Et le regard de M.
supplication et un ego qui s'obstinait ( vait guère adoiirer
Mais chez cet h des têtes froides !'< pulsions d'une nal était grand constr concilier les opinîc dessus, à trouver le par où on les peut i mule son opinion, adversaires n'avaie aliments. Sa tac objections de M. Ji
— Notre ami Ld
Lr RfcVE SI
ntrerdans le Judaïsme la Religion mère du me et de l'Islamisme qui prétendent l'une
la catholicité. Le caractère universaliste )n d'Israël lui parait d'essence supérieure
que le Judaïsme fait convei^er tous les es vers le culte du Dieu unique. C'est otre cher Loétmo) se plaît à saluer dans ception divine des prophètes la foi future lité, le catholicisme de demain.
; l'on prend cependant en pitié tous ces
mahométan et chrétien dans leurs prénproques à un régne universel, quand on *e des hauteurs de cette religion boudhi-
aujourdhui de plus de deux mille ans.
'edos prétendus universels supposent la ieu personnel et juste, ils excluent de ce es qui se désintéressent du mystère de mière. Effacez de la théologie du Judalsamisme ou du Christianisme la notion du nel, les trois systèmes s'écroulent comme çues, ces mosquées, ces cathédrales dont )rofane aurait renversé la clef de voûte.
contraire ce Uen entre Dieu et les hom- 1 religion du Boudha, il en reste un autre, î tous les êtres, lien de pitié et d'amour is les vivants entre eux et toutes les géné- ■e elles.
oudhiste s'accommode aussi bien d'un s Dieu que d'un monde régi par un Dieu
M LE titn
d'amour et de justice. Elle n'i personnel et juste pour faire charité la toi nécessaire de ce Elle la trouve dans cette saint pour les victimes le mal, la i Qu'il soit déiste ou athée, moni celui-ci est un homme religieu la règle de sa vie. Pas de m< pas de théologie raffinée, malt comme l'idéal de l'homme qu' du cœur substituée à la sde Boudhisme.
N'est-ce pas le modèle de ce et étemelle qui peut rallier à de cœur et de bonne volonté
A ce moment. Nounou, la vi qui sommeillait à mes pieds [ cieux engourdissement où elle de ma cheminée. Elle s'étin pour ménager une douce tram et la veille. On la vit ensuite a l'autre, aller hésitante, avec l'un à l'autre, vers mes chei eniin, sa décision prise, sautei Loëtmol, s'y blottir en soyeu et exhaler de son âme satisfait bien-être.
(1) Jean Lalior. OaneHum, n° 3.
M. Loetmol, tout offensé de cette liberté, et il repoussa doucemeat Nounou, ne gardant de cette familiarité d'autre souvenir pénible qu'un large paquet de duvet blanc et rouK sur son pantalon noir.
— Le chat, dit M. Renold, eat-il au nombre des animaux impurs, excommuniés par le Pentateuque, pour que voua repoussiez ainsi cette innocente bête, si affectueuse d'ailleurs de sa personne. Pauvre Nounou I que réclame-t-elle qu'on ne puisse lui accorder sans réconduire : un peu de sympathie vraie et la caresse d'une main amie I
Le Boudha, dans sa compassion universelle pour la misère de tous les êtres vivants, n'avait point craint d'étendre à toutes les douleurs cette pitié que le Cbriatianisme semble avoir réservée seulement à la douleur humaine. Sa bonté sut embrasser la na-, ture entière, i il nourrissait des sentiments d'affection pour tous tes êtres, comme s'ils étaient son fils unique ■». (1). Souvent, tandis qu'il méditait, aussi immobile que le roc immuable qui lui servait de siège, l'écureuil sautait sur ses genoux, la timide caille conduisait sa couvée sous ses pieds, et les colombes bleues picoraient les grains de riz dans l'écuelle, à côté de sa main (2). C'est ainsi qu'il devait élargir, par ce rayonnement de bienveillance sur nos frères
(1) Lalùa yûlura,cb. XII.
(2) Sir Ëdwia Arnold. La Lumière <U VÀiù, livra V.
LE Ri:VE
mp de l'universalisme religieux et de violeoce et d'animalité, un monet de bonté (1). 4Ti clamant ces hautes vérités, Joseph it doucement sa main sur la fourhetée de Nounou qui, assurée cette ition sincère, promenait à son tour ite jusque dans la forêt hlonde qui notre philosophe.
\3, répondit Monsieur LoAmol, exae cette large Eglise du Boudhisme i monopole de la pitié et de l'amour réatures. La religion d'Israél cherextirper du cœur de l'homme tout oisser l'instinct naturel. C'est ainsi ue défend d'égorger une vache avec ndre dans le nid la mère avec les ire le chevreau dans le lait de sa pas qu'on relève l'fine ahattu sous an muséle le bœuf qui foule le blé.
iction traditionnelle entre les ani- ) animaux impurs, elle n'intéresse de prohibitions alimentaires, et ces îience médicale ne saurait les con- ) furent chez les Israélites comme iène. Le Pentateuque voulait faire e sain et saint, sanus et sanetus. Sa
i Hlmnda. livre IV. ch. Ul. ieo. 35.
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la substance et de la force, sur versel qui emporte, crée, fait et c aoat à peu près identiques à c Quelle autre religion peut se dn au grand jour de la raison ? Lm sur un terrain plus ferme et p] réunit plus de titres à la catholii affirme un plus grand respect ji conscience individuelle? « Ne en dha, parce que je l'ai dit, mais ] miné en vous, même, vous l't Soyez chacun l'artisan de votre Est-ce & dire que le Boudhism mense majorité du peuple chin jusque parmi nous, deviendra li manité ? Je ne sais, mais comni la candeur de sa conception co compassion universelle pour la misère des êtres, par son esprit de large tolérance qui n'impose pas la foi, « qui n'apporte pas dans la religion un esprit querelleur » (1) et « ne dénigre pas les autres sectes a (2) qui demande enfin de n'admettre aucune vérité sans l'acceptation complète de l'intelligeDce ; oui, comme cette vieille religion de l'Inde fait songer à la vanité de nos étroits systèmes théologiques et à cette vanité encore plus grande de leurs prétentions adverses à
(I) QuMlù>it*i{uro(iftiùida, livre IV, ch. I.sftc. 9. (3| Intcriptioni iltr le rae tCAêcala.
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ie monde, c Meilleure en effet que la souvem ce monde, meilleure qae la domination ?ers entier est la récompense du premier pas ainteté ». Voilà l'humilité du fidèle du Bou- £t je pense avec les sages de l'Inde que à manger à un seul bomme de bien est inllilus méritoire que de s'appliquer aux quesle ciel et la terre, les esprits et les démons, peut ordinairement les hommes » (2).
isimisme était ancré dans l'âme de Joseph On le savait et l'on pardonnait aisément à ilosophe l'amertune de ses conclusions. La on philosophique ou religieuse n'était pour 1 amusement de l'esprit. Cet homme avait tvoir <t le mensonge de tout hors de ces réa- [iques qui suhstateront éternellement pour la mort, la souffrance et le mal, et hors aussi ïitié, de cette chose étrange et sublime, que re pour les victimes le mal, la souffrance et .(3)
our notre ami Renold tous les systèmes ains et vains aussi les plus beaux discours, t pu lui rappeler que la charité dispense ses
nmapoda, t. 17B.
i<JwJ3mcii<»u(mc.10}.
Labof.
lommes sous des formes multiples, Epansion de la pensée et de l'amou]* le le flux de l'argent et qu'un homme nt et enrichit la communauté, quand a Bur une page blanche pour y verser 'idée dont la lumière éclairera la route mmes, fera resplendir à leurs yeux té et de justice et jettera l'éclat de ses irs sur le deuil des heures brumeuses.
jsimÎBte aurait jugé sans doute cette L trop subtile et l'on était sûr qu'il son compte cette boutade d'un autre 1 connaissance : h Tout ce qui est sujet nt divise les hommes, et l'humanité ne la condition de ne point réfléchir sur itiel à son existence ».
ruyère recherchait, au contraire, la 'aimait pour le plaisir de réconcilier mettant en relation les points de contaient s'ignorer. Il avait du reste au ré l'adresse diplomatique qui appripropre et calme les défiances. Nos t bien repousser ses prémisses, mais it pas refuser de le suivre sur le pacie conciliation où sa politique de con- I ménagements était l'art d'effacer
9 pas, Messieurs, dit l'abbé Labruyérc, ifficile de conclure un accord sur cette
question de f'universalisme religieux, grandes reliions se disent universelles, d'elles peut appuyer ses prétentions à la sur les paroles de son fondateur.
ha, ni Mahomet, ni Jésus n'ont voulu ienfait de leur « bonne nouvelle » dans sa avers le monde. « Allez, mes Frères, et ' le monde pour le bien de la foule, le bonfoule, allez en compassion pour le bien, )fit, pour le bonheur des hommes... Pu- Frères, la doctrine glorieuse... Prêchez ite... parfaite et pure (1). Allez donc par onvertir ceux qui ne sont pas convertis».
lel boudhiste au salut universel. 11 est 1 et aussi explicite que l'ordre donné par disciples de faire l'Eglise en convertissant Ma loi, disait encore Boudha, est une loi lur tous. »
lytisme islamite est celui de la main forte, isélytisme cherche, comme le Christianisler l'unité. C'est ainsi que Mahomet fait )ieu : « Combattez les infidèles jusqu'à ce : plus de schismes et que la religion sainte niversellement ». Nous voilà donc en face ons identiques et par conséquent rivales icité. Ces prétentions ne m'embarrassent les explique tout d'abord par ce fait que
tgga Gkkandhaka.
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notre ami Loëtmol ne saurait démentir, c'est que toutes les religions révèlent l'unité d'un fond commun, toutes sont l'expression d'un type universel qui doit imprimer à leur action une direction et des effets analogues.
« Faut-il chercher les forces môres et les principes de la croyance religieuse dans ^*' ces lumières infusées, suivant la foi catholique, à l'âme de chaque créature venant au monde" et dana l'autorité de la révélation faite au peuple d'Israël qui a précédé dans le monde la révélation messianique ? Faut-il encore voir dans ce fond commun le développement d'une révélation interne ou externe faite à nos premiers parents, ou simplement la satisfaction du besoin permanent de la nature religieuse de l'homme ? Toutes ces versions se complètent plutôt qu'elles ne se contredisent.
« C'est pa^rce que les religions ont le même fondement, qu'elles se révèlent par des effets analogues, malgré la diversité de leurs rites et de leurs institutions. Elles tendent au même but : régler les rapports de l'homme avec Dieu, et par voie de conséquence, les rapports de l'homme avec ses semblables. Ces rapports sont d'ordre général, ils constituent un fait universel pour tous les temps* et pour tous les lieux. Telle est la raison d'être de l'universalisme religieux.
(( Le prosélytisme est d'ailleurs la règle, chaque fois que l'homme se trouve en face de ces vérités simples, indiscutables qui, sorties du patrimoine de
r. C'est l'h Ils (Icvaien i les plis gl
les retigio ans doute
même cai r leur aspi îeure, ellei toire du bi ^ale valeur même som nés élémei
tre accord, ore M. Lo «isioD la p es des cro;
instincst a oseph Reu' , Monsieur '.
1 là, sera d' B à la domi e manière < de ton troj
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rien, vous remplacerez ma politîq universelle par cette puissance il lion, qui caractérise selon vous la et doit lui permettre de traverser semblant dans un même ordre de rieurs les hommes de toute race et tion. Voyez-vous, en d'autres tern tianisme catholique la religion un
— Ma réponse sera très simple e sieur Loëtmol. Je ne suis pas, tou!
qui méconnaissent la valeur des do étrangères au catholicisme. D'aillc la diversité des races, des tradition la diversité des religions est presqi d'elles répond ainsi providentielle spéciaux d'un peuple, au génie race, au caractère général d'une < conditions, la supériorité intrinsèq licisme serait-elle unanimement rei pas que cette suréminence aurait nécessaire de rassembler dans un< les hommes de toute race et de 1 L'unité de religion a contre elle I riques, géographiques, ethniques < le développement religieux, et ci diversifié par toutes les particular sent la vie intellectuelle et senti rents peuples.
L'homme s'est posé, il est vrai
monde et sur la vie, iliqué à rcsDudre le destinée. Les répons questions, âes conlature et l'esprit, la ontingent ont fourni gies. Chacune d'elles ihyaique, une science t certaines religions, e unique la philososout autant d'obftaeligieuse.
uère prêtes à opérer sur le simple terrain rent, par exemple, à js que de différences t de la sanction inséi Hindous ont chers la transmigration ée dans la perpétuité chrétiens l'assurent réprouvés. Essayez SB en dehors de la
s, observa M. Léon B mesure, par le libre diverses civilisations !s doctrine religieu- . du libre arbitre, de