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CHAPITRE XI Les obstacles au recueillement

En lisant la description du recueillement et rémunération de ses immenses avantages, plusieurs d'entre vous, Mesdames, se sont senties pressées d'entrer dans cette voie, de réaliser un idéal de vie intérieure qui leur est apparu très séduisant, et, somme toute, assez facile. Peut-être ont-elles été jusqu'à s'imaginer qu'une semblable entreprise pouvait être menée à bien, sans grands efforts, dans l'espace de quelques semaines.

L'optimisme, quand il atteint certaines proportions, frise la naïveté et a ses dangers : les personnes qui nous occupent rapprendront, hélas! à leurs dépens. Il est bien à craindre qu'après être parties d'un pied léger, avec l'espoir d'arriver d'un bond au terme convoité, elles ne se découragent au premier échec et ne renoncent à la lutte.

Remettons pour elles les choses au point. Le recueillement ne s'acclimate pas dans

une âme sur une simple sommation de la volonté, et il n'atteint sa perfection qu'après avoir passé par plusieurs étapes, longues parfois et toujours difficiles. Vous devrez débuter par offrir à Dieu vos principales actions de la journée. Puis, quand ce résultat sera obtenu, proposezvous d'avoir pour Dieu un souvenir affectueux à chacune des heures de la journée. Voilà une pratique qui, à l'énoncé, vous semble bien simple, bien facile. Je crains qu'à l'essai vous ne changiez bientôt d'opinion. Beaucoup se sont efforcés de sanctifier par ce retour vers Dieu chacune des heures de leurs journées et n'y ont jamais réussi. Proposez-vous donc de pratiquer le recueillement dans cette mesure, et estimez, si vous avez acquis ce résultat, que vous avez fait un pas très considérable.

Il s'agira ensuite d'être recueillies durant l'heure ainsi offerte à Dieu. Et ici le champ s'ouvre illimité à votre générosité. Travaillez à ne perdre de vue que le moins possible la présence de Dieu dans vos diverses actions; vivez de plus en plus en sa compagnie intime, aimant à converser avec lui, bannissant toute pensée frivole, supprimant toute rêverie suides sujets profanes, et revenant sans cesse à lui quand le poids de votre nature

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