COMMENT ON DEVIENT HUMBLE
l'orgueil. Mais, au moment fixé dans les desseins de Dieu, un soir, dans l'enivrement d'une fête, la figure ensanglantée du Christ a passé sous leurs yeux; leur cœur s'est épris d'un immense amour; et on les vit, le lendemain, demander au cloître de satisfaire une passion nouvelle, la passion de servir et de mourir inconnues ».
Voilà ce que la vision des humiliations de Jésus peut produire, la transformation sublime qu'elle est capable d'opérer. Quel encouragement à vous nourrir du souvenir de Jésus humilié, lorsque vous vous sentirez faiblir devant une légère humiliation! Jésus, à deux genoux devant ses disciples, ceint d'un linge, leur lavant lui-même les pieds; ou Jésus devant Pilate, le regard humblement baissé, dans l'attitude d'un criminel : voilà votre modèle dans ces heures où la révolte gronde clans votre cœur. Apprenez à son exemple à garder le silence devant l'injure ou devant la calomnie, et, chose peut-être plus difficile encore, le silence dans l'intérieur de la famille, devant des observations ou des critiques qui froissent d'autant plus votre orgueil qu'elles sont mieux justifiées.
Un exnmen de conscience sur l'humilité n'est pas toujours chose très facile. Dans quelle mesure cette vertu existe-t-elle en moi? Il semble que la réponse à cette question soit tout entière dans une analyse d'âme, dans une étude de nos pensées, de nos affections, de nos penchants, en un mot, de tout le mouvement de notre vie intime. C'est vrai quelquefois; mais ne peut-il arriver aussi que la poussée de l'orgueil soit telle à l'intérieur qu'une âme ne sache plus au juste où elle en est, qu'elle voie trouble quand il s'agit de décider si elle a opposé à ce débordement d'orgueil intérieur une résistance victorieuse? Existe-t-il quelques indices extérieurs qui soient de nature à rassurer cette âme, et à lui permettre de formuler sur son propre cas un diagnostic motivé?
Oui, ces indices d'humilité existent, et je vais les étudier avec vous dans ce chapitre.
L'indice le plus sûr de l'humilité intérieure, celui qui révèle, à ne pouvoir s'y méprendre, la présence de l'humilité (huis une âme, est l'habitude de juger le prochain avec bienveillance.
Qu'un orgueilleux se montre impitoyable dans ses jugements, le phénomène n'est pas pour étonner. L'élévation que rêve l'orgueil est chose relative : elle résulte de l'abaissement de tout ce qui l'entoure. Je serai élevé si je tiens tout le monde sous mes pieds : tel est le raisonnement de l'orgueil et tel est le mobile avoué ou secret qui le met en mouvement. On conçoit, dès lors, que son instinct soit de rabaisser tout ce qui, autour de lui, dépasse le niveau de la médiocrité. Avec quelle injustice et quelle brutalité il mène l'opération, il est facile de le deviner. Les qualités les plus séduisantes se transforment, à ses yeux, en affreux défauts; et, quand le bien est trop évident pour qu'il le puisse nier, il le diminue au point de n'en laisser presque rien. Bref, il ne souffre autour de lui aucune personnalité qui le dépasse, et, dans ses jugements sans appel, il abat tout ce qui a l'apparence d'une supériorité.
Voici, en regard de cette âme orgueilleuse, une autre âme qui se montre inva-
riablement bonne dans ses jugements, prompte à excuser, empressée à plaider les circonstances atténuantes, maîtresse de son indignation devant les faits les plus répréhensibles, ingénieuse à interpréter dans le sens de la bienveillance les intentions du prochain. Si L'on vous disait de cette âme qu'elle est une orgueilleuse, vous vous révolteriez : cette bienveillance dans les jugements est un indice que vous estimez infaillible : vous vous sentez, et avec raison, en présence de la véritable humilité. Si vous nourrissez réellement l'ambition de devenir humbles, je vous en conjure, Mesdames, surveillez de très près cette manie d'appeler tout le monde à votre barre, et de formuler de ces arrêts hâtifs, non motivés, qui ne sont dictés ni par l'équité, ni par le bon sens. Cette sévérité dans les jugements vous rendrait impossible la pratique de l'humilité; elle stériliserait tous les efforts que vous feriez pour atteindre à cette vertu.
Vous rendez-vous compte aussi que la bienveillance dans les jugements est un facteur d'importance capitale dans toute œuvre d'éducation? On se sent attiré vers une personne qui se révèle en toute occasion indulgente dans ses appréciations;
on ne peut se défendre de subir sou ascendant; il semble, qu'à son contact, les caractères les plus aigris et les natures les plus ingrates perdent de leur rugosité et se réforment sur L modèle de cette bonté qui ne se dément jamais. Aussi, tenez pour certain qu'une mère qui pratique cette bienveillance à L'égard du prochain est toujours adorée de ses enfants et qu'elle est l'éducatrice idéale. Les âmes qu'elle aura formées se distingueront par l'élévation de leurs sentiments et par la virilité de leurs vertus
Imaginez maintenant un foyer où, sous l'inspiration et à l'exemple de la mère, chacun fait montre de bel esprit aux dépens du prochain. Les repas et les réunions de famille sont des tournois où tous font assaut de méchanceté, où la conversation s'alimente de moqueries de mauvais goût et de dénigrements indignes de retenir l'attention d'une personne sérieuse. Les excentricités de toilette d'une amie, le chapeau de celle-ci, la robe de celle-là, et, chose plus grave, la réputation de cette troisième, les bruits méchants qui courent sur son compte : voilà la menue mon-v naie des conversations dans cette famille, les intéressantes questions pour lesquelles on se passionne!
A voir les choses du seul point de vue de la raison, il faut plaindre ces mères qui
QUELQUES INDICES D'HUMILITÉ 1 f>7
descendent ainsi de leur piédestal et s'indigner contre ces éducatrices qui rapetissent à ce point les âmes de leurs enfants; qui, au lieu de les nourrir d'idées nobles, élevées, généreuses, leur donnent en pâture tous les bruits méchants ou absurdes qui circulent, toutes les calomnies qui sont dans l'air. Oui, au regard de la raison, il y a là un abaissement pénible à constater de la dignité maternelle. Mais que dire, si nous envisageons la question à la lumière de la foi, et quel sera, à votre avis, le jugement de Dieu sur ces éducatrices si indignes de la mission qui leur a été confiée?
Vous êtes, ne l'oubliez pas, Mesdames, la conscience de la famille : chacun se modèlera sur vous. Conscientes de la responsabilité qui vous incombe, promettezvous donc de faire régner à votre foyer la charité, de prêcher toujours d'exemple en cette matière, et de rappeler à l'ordre avec une douce fermeté ceux qui autour de vous manifesteraient quelque tendance à juger défavorablement le prochain.
Voici un second indice d'humilité : la fuite des contestations inutiles. L'orgueil, en effet, ne souffre pas la contradiction : il énonce d'un ton tranchant des maxi-
mes auxquelles il veut que tout le monde croie comme à des paroles d'Evangile.
Aussi lorsque vous rencontrez une personne qui se range facilement à l'opinion des autres, qui défend avec modération ses idées même lorsqu'elle est convaincue de leur justesse, vous pouvez sans crainte affirmer de cette personne qu'elle est humble, humble d'une humilité de bon aloi.
Soyez sûres aussi que celte personne a une qualité que tout le monde croit posséder, dit La Bruyère, et qui est cependant assez rare : du bon sens. Ces questions pour lesquelles on se passionne le plus souvent et que l'on discute avec tant de chaleur, que sont-elles, en effet? des bagatelles, des minuties, de vrais riens qu'une personne d'esprit devrait tenir pour indignes de son attention.
Interrogez vos souvenirs. Mesdames.
Quels sont ces graves sujets pour lesquels vous vous enflammez et que vous discutez si âprement avec vos amies? La coupe plus ou moins réussie d'un vêtement, tel menu fait sur lequel vous prétendez avoir des souvenirs plus précis que votre interlocutrice, telle conversation que que vous croyez rapporter d'une façon plus exacte : voilà pourtant ce qui provoque des discussions interminables, avec éclats de voix à la clef. Est-ce assez sot?
Evitez désormais ces discussions ridicules et habituez-vous à vous montrer pleines de déférence pour une opinion qu'on soutient devant vous et qui n'est pas la vôtre.
Oh! je sais qu'il y a certaines théories, certaines affirmations que vous ne pouvez laisser passer sans protestations. Si l'on attaque devant vous la religion, par exemple, ou si l'on préconise en votre présence une morale anti-chrétienne, votre devoir est de protester : le silence équivaudrait le plus souvent à une complicité. Mais ne pouvez-vous ici encore user d'une certaine courtoisie? Est-il impossible de défendre les principes sans blesser les personnes? Est-il impossible surtout, quand l'erreur a été réfutée, de couper court et de ne pas laisser la discussion s'éterniser, s'envenimer, dégénérer enfin en dispute?
Rappelez-vous l'avertissement sévère donné par Notre-Seigneur à ces apôtres qui appelaient le feu du ciel sur une ville qui venait de leur fermer ses portes : « Vous ne savez de quel esprit vous êtes », leur dit le Sauveur. Prenez garde que le même reproche ne vous atteigne. Il est si facile, sous prétexte de venger la cause de Dieu, de se faire le champion de ses intérêts personnels. Que votre zèle, même quand Dieu est en cause, soit contenu par la prudence; et l'humilité aussi
bien que la charité y trouveront toujours leur avantage.
Je veux vous signaler un troisième indice d'humilité : la simplicité dans le langage. La simplicité dont il s'agit n'a rien de commun avec la vulgarité ou avec la trivialité. Elle n'exclut pas cette distinction de langage qui est le fruit d'une bonne éducation ou que l'on trouve chez des esprits cultivés. Les saints ne le cèdent à personne en celte matière : leur langage, sans trahir la moindre recherche, reste toujours noble, agréable, élevé.
La simplicité que je réclame, loin d'exclure aucune des qualités qui font l'homme distingué et l'homme de commerce agréable, suppose plutôt ces qualités. Elle a pour note caractéristique la fuite de ce qui peut donner la réputation de bel esprit, le dédain des phrases creuses, l'horreur de l'afféterie. Parler sa pensée simplement, sans viser à l'effet, sans chercher à éblouir personne : telle est l'ambition qui est chez une âme l'indice certain de l'humilité.
Il se trouve qu'en voulant s'imposer à l'admiration, un bel esprit ne réussit qu'à se rendre ridicule. Une personne simple et vraie dans son langage atteint au contraire un résultat qu'elle n'avait nulle-
ment escompté : elle s'attire l'estime de tous et aussi l'affection de beaucoup.
Nous savons toujours gré à quelqu'un de s'éclipser dans la conversation pour nous laisser la bonne place; nous reconnaissons à ce trait la véritable urbanité et la vraie bonté, deux choses que nous apprécions à leur prix et que nous aimons connue d'instinct. Et quelle puissance pour le bien que cette influence d'une âme humble sur tous ceux qui l'approchent ! Puissance enviable que je souhaite à chacune d'entre vous, Mesdames, de posséder, pour la plus grande gloire de Dieu, dans son cercle d'action.
Parmi les variétés qui se rattachent à L'orgueil comme à leur source commune, et que l'humilité a pour fonction de supplanter, il en est une qui mérite de retenir spécialement notre attention : c'esj la susceptibilité. Que cette sorte de maladie d'âme soit très fréquente, vous ne l'ignorez pas. Bien rares sont les personnes qui, grâce à un heureux naturel ou à une vertu soutenue, sont immunisées contre ce mal. Il ne sera donc pas inutile de mettre en garde contre ce défaut très peu sympathique les âmes qui tendent à la perfection.
La susceptibilité me paraît être une sorte de nervosité de l'orgueil. Il y a des personnes qui, au physique, s'impressionnent d'un rien, et qui, pour un vulgaire accident de la vie, pour une contrariété de nulle importance, se donnent le luxe d'une
attaque de nerfs. Cette infirmité n'est pas très bien portée; elle est toujours un peu ridicule; et c'est d'un sourire un peu narquois que l'on ponctue la phrase sacramentelle : « Madame ou Mademoiselle a ses nerfs ».
Eh bien! dans la galerie de l'orgueil, il y a aussi des nerveux, des gens qui ont au moral une impressionnabilité maladive, et qui, pour un mot, pour un regard, pour une simple expression de physionomie, s'attristent, broient du noir, se paient une petite crise ou de larmes ou de colère, parfois des deux ensemble. Qu'une semblable excitabilité porte plus au rire qu'à la compassion, vous le savez d'expérience. Que de fois vous avez haussé les épaules de pitié devant le chagrin exagéré ou la colère nullement motivée d'une personne susceptible!
Vous avez beau représenter à celte personne qui se croit très malheureuse qu'elle trouve toutes les conditions du bonheur réunies autour d'elle; que mille autres envieraient son sort : peine perdue; elle ne songe qu'à cette parole de blâme qui tout à l'heure lui a été dite, à ce léger reproche quelle a subi, à cette critique insignifiante qu'elle a entendue : et la voilà plongée dans un chagrin noir, dans une profonde mélancolie. Si vous ajoutez que sa souffrance est disproportionnée
avec la cause qui lui a donné naissance, vous ne ferez que l'irriter davantage : elle vous accusera de ne pas la comprendre.
Le grief qui a provoqué cette crise de désespoir n'existe parfois que dans l'imagination de la personne susceptible : c'est un regard qui lui a paru malveillant, une attitude où elle a vu de la fierté, un procédé qui lui a semblé peu aimable. Sur ce, l'imagination se monte, prête au prochain les pires intentions et bâtit un roman ou l'on voit une pauvre victime se débattant contre des perfidies et des trahisons... qui n'ont jamais existé.
Suivez au confessionnal cette personne susceptible et écoutez-la parler : « Mon Père, je vous en prie, dites-moi bien tous mes défauts ». Oui, et à la première critique formulée par le confesseur, c'est un déluge de larmes, à moins que les larmes ne soient remplacées par une sourde irritation. Vous ne savez donc pas, confesseur inexpérimenté, qu'il faut mettre des gants pour parler à une personne susceptible, sous peine d'être qualifié par elle de rustre ou de paysan du Danube!
Quel bien voulez-vous, Mesdames, que nous fassions à une àme qu'il faut trai-
ter avec ces ménagements? Jamais elle n'arrivera à un résultat sérieux dans la vie spirituelle si elle ne marche sur son amourpropre, si elle ne conjure son confesseur de n'avoir nul souci de sa sensibilité, et si elle ne l'encourage par ses remerciements à lui dire toute la vérité. Le confesseur, par crainte d'un plus grand mal, se taira et laissera cette âme à ses illusions.
Quand vous voulez connaître la pente d'une âme et saisir pour ainsi dire sur le fait ses tendances intimes, c'est à son réveil qu'il faut l'étudier. Dès qu'elle renaît à la vie, l'âme qui aime un peu son Dieu se transporte par la pensée auprès du tabernacle; le tabernacle exerce sur elle une sorte d'attraction : c'est le centre de sa vie. Ecoutez la première parole qui sort de son cœur : « Mon Dieu, que ferai-je bien aujourd'hui pour vous? Par quels actes difficiles à ma nature, par quels sacrifices pourrai-je bien vous manifester mon amour, ma générosité? Essayez maintenant de lire dans ce pauvre cœur qui ne vit que pour légoïsme.
Voici les questions qu'il se pose au réveil et dont il cherche anxieusement la solution : « Que va-t-il m'arriver aujourd'hui? Comment va se conduire vis-à vis
de moi telle personne? Et cette autre, quelle attitude aura-t-elle à mon égard? Que va-t-elle me faire? Que va-t-elle me dire? » Puis elle s'affermit dans la résolution de se défendre énergiquement, de ne pas se laisser écraser sans répondre. Et la voilà partie en guerre contre tout le genre humain; la voilà qui se débite à elle-même la litanie interminable de ses récriminations : la fatigue de sa tâche quotidienne, la froideur de ses amies, l'ingratitude de ceux qu'elle oblige : tout y passe;... elle, toujours elle!
Ai-je besoin d'ajouter, Mesdames, que la susceptibilité est une source de manquements à la charité? Celles d'entre vous qui ont ce joli défaut le savent bien : elles deviennent intraitables dès qu'on blesse leur amour-propre; leur conscience ne connaît plus alors aucun frein et leur langue fait des blessures terribles. La limite qui sépare le péché véniel d'avec le péché mortel s'efface à leurs yeux, et c'est d'un pied léger qu'elles franchissent cette limite; c'est presque sans remords qu'elles attentent d'une façon grave à la réputation du prochain.
Ne leur arrivera-t-il pas parfois de glisser jusqu'à la calomnie? Je ne voudrais
pas en répondre. Sans doute elles ne consentiraient jamais de sang-froid à devenir des calomniatrices; elles portent trop haut le respect d'elles-mêmes pour tomber si bas. Mais il est des pentes sur lesquelles on ne s'arrête pas à volonté. Toute personne susceptible voit rouge dans une crise d'orgueil, et elle fonce sur ce qu'elle nomme L'ennemi, sans s'inquiéter si les armes employées contre lui sont légitimes ou non. Quelle boute Lorsque, après la crise, s'éveillant comme d'un mauvais rêve, elle constate, la rougeur au front, qu'elle est descendue jusqu'à la calomnie! Que celles d'entre vous, Mesdames, qui sont susceptibles à haute dose, disent si ce n'est pas leur histoire que je viens de retracer.
Les remèdes à ce mal? Il n'y en a guère lorsqu'il a pris les proportions d'une maladie ou plus exactement d'une manie. Aussi n'est-ce pas pour les âmes entièrement gangrenées par cet égoïsme féroce que je viens d'écrire. Le bon sens est tellement obscurci chez elles que je ne les crois guérissables que par un miracle de la grâce. J'ai écrit pour celles d'entre vous, Mesdames, qui sentent le mal à l'état de germe.
Comment donc enrayer les progrès de
ce mal? Par la prière d'abord, et plus encore par la réception fréquente de l'Eucharistie. Notre âme se revêt par la communion des dispositions et des vertus de L'âme de Jésus; dans la mesure où elle laisse le champ libre à Jésus, elle perd son égoïsme, sa tendance à tout rapporter à elle-même, à ne se préoccuper que d'ellemême, pour revêtir la générosité, les ardeurs de dévouement, l'oubli de sa personnalité, toutes qualités qui furent comme les traits distinctifs de la physionomie du Sauveur.
Si vous constatez en vous quelques manifestations de la susceptibilité, une pente à vous froisser pour des vétilles, portez votre attention sur ces points au cours de vos examens de conscience; puis, dans les moments qui suivent la communion, indiquez comme du doigt à Jésus la forme d'orgueil dont souffre votre âme, en lui disant : « Voilà matière à exercer votre pouvoir. Vous seul pouvez me guérir de ma susceptibilité, me débarrasser de toutes mes préoccupations si mesquines d'amour-propre, m'infuser un peu de votre amour pour toutes les nobles et saintes causes ». Jésus ne résiste jamais à une prière semblable : je veux espérer que celles d'entre vous pour qui ces lignes furent écrites en feront bientôt 1Y\ périence.