M. SCHEURER-KESTNER
M. Scheurer-Kestner.
Certes, lorsque M. Scheurer-Kestner est entré dans la vie politique il savait à quoi expose le désir de servir son pays, mais qui aurait pu croire qu'il se verrait traité de traître ?
M. Scheurer-Kestner est l'un de ces hommes qui ne relèvent que de la conscience et dont les lèvres ne savent pas mentir. Le jour où la vérité s'est faite dans son esprit, alors qu'il a été convaincu de l'innocence de Dreyfus, il s'est levé, allant, avec un héroïque courage, au devant des calomnies.
Ne pouvait-il, en vérité, plus prudent et plus avisé, garder pour lui sa conviction et ne point troubler le repos et la tranquillité de sa vie? C'était Thonneur de son nom qui allait être en jeu, pourquoi donc s'engager dans une telle aventure ? Mais il avait les vertus de l'Alsace qui sont loyauté et courage et ne voulait rien savoir des compromissions des politiciens.
M. Scheurer-Kestner n'était pas de ceux qui organisent le silence dans l'espoir insensé que la vérité ne se fera pas jour. Il a parlé parce qu'il savait.
N'importent ses opinions, le devoir était de s^incliner devant une détermination où ce fidèle serviteur de la France, engageait, dans une partie suprême, et la paix de sa vie et l'honneur de son nom.