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LE SILENCE DU GOUVERNEMENT

ne doutons pas qu'après les avoir lues, chacun ne dise : si la parole d'un tel homme avait été écoutée, nous ne nous trouverions pas en présence d'une situation aussi troublée.

Signai (2,9 novembre 1897).

Le silence du gouvernement.

Essayons de préciser, d'après les renseignements acquis au débat, la position respective du colonel Picquart et de ses chefs immédiats, MM. Billot, de Boisdefïre et Gonse.

Le colonel Picquart appelé à la direction du service des renseignements, arrive à la conviction intime, basée sur l'enquête la plus sévère et à l'aide de documents du premier ordre, que Dreyfus est victime d'une erreur judiciaire.

Homme de devoir et de conscience il s'adresse à ses chefs pour leur faire part de sa certitude. Ceux-ci furent donc prévenus, dès le milieu de l'année 1896, des résultats de l'enquête du colonel et durent en être d'autant plus frappés que celuici avait été à l'origine, convaincu de la culpabilité de Dreyfus.

En agissant, comme il le faisait, le colonel mesurait certainement toute la portée de ses affirmations. Pour qu'il se soit décidé à parler, il lui a fallu obéir aux motifs les plus impérieux de conscience. Il sentait le danger qui menaçait le pays, par le maintien d'une odieuse m^u^Wc^^ ^\»

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