ESTERHAZY AU CONSEIL DE GUERRE
qu'il est impossible qu'une ordonnance de nonlieu mette fin à l'afYaire Dreyfus. La question, en effet, resterait entière devant 1 opinion et nous devons, une fois de plus, la préciser dans sa simplicité. Toutes les polémiques de presse, toutes les injures, toutes les diffamations ne feront pas qu'elle ne soit posée et qu'elle n'exige une réponse.
S'il est un fait acquis au débat, c'est que Dreyfus a été condamné officiellement comme étant l'auteur d'une pièce produite au procès. Sur ce point, nul doute n'est possible.
M. Mathieu Dreyfus est intervenu et a dénoncé M. Esterhazy, comme le véritable auteur du bordereau cause de la condamnation de son frère. Devant cette dénonciation précise et dont il s'offre à faire la preuve, il est évident, pour tout esprit non prévenu, qu'une contre-expertise s'impose et que la refuser, serait manquer aux droits sacrés de la défense.
Nulle tergiversation n'est possible, nulle concession n'est acceptable, il faut que le débat ait toute son ampleur. Si le général de Pellieux ne se croit pas en droit de faire procéder à une expertise, il appartient au général Saussier de l'ordonner. Mais si elle était éludée, toute la procédure suivie serait infirmée et la question resterait entière.
On estimera que ce raisonnement, étranger à tout esprit de parti, vaut et qu'il n'est au pouvoir de personne d'en dénier le bien fondé. Il importe de préciser la position de la question car, dans