‹ Vers la justiceChapitre 4 sur 100 · IV PRÉFACE · texte numérisé non relu

IV PRÉFACE

// a fallu que Leblois mît sous les yeux de Scheurer-Kestner la preuve tangible de la culpabilité d' Ester ha:{}r pour que Scheurer s*avouât à lui-même sa conviction de l'innocence de Dreyfus, et encore se fit-il scrupule de fournir au frère du condamné les moyens de déchirer immédiatement tous les voiles, et accepta-t-il les délais que le genéral Billot lui demandait pour le berner et le paralyser.

Notre ami Gibert avait appris, dès février i8g5, de la bouche de Félix Faure, qu'Alfred Dreyfus avait été condamné par un acte de félonie judi" ciaire^ sur des pièces secrètes restées inconnues de lui et de son avocat (pièces reconnues fausses depuis); il en avait averti Mathieu Dreyfus dès le jour méme^ mais il n'en avait rien dit à personne d'autre, pas même à ses plus chers amis; et moi^ qui étais de ce nombre, qui depuis la condamnation de Dreyfus^ étais en proie à la torture du doute, je ne sus qu'en novembre iSgj que Gibert prenait à la cause de Dreyfus un intérêt passionné. Jamais nous n'avions échangé une parole sur ce sujet que je croyais lui être indifférent. Et vous vous rap^ pelei, cher ami, combien j'étais malade de corps et d'âme au moment oiije me décidai à dire publiquement, le 5 novembre iSgj, que Dreyfus ne pouvait pas être l'auteur du bordereau ; malade par la crainte de me tromper, malade surtout par la prévision de l'ébranlement que la découverte de cet abominable crime judiciaire allait produire dans notre pays. Et pourtant je doutais depuis la j?n cie décembre i8g4^ depuis que j'avais su qu'Ha^

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