NOTRE ATTITUDE
Or c'est ici qu'une garantie sacrée, celle de la défense a été mise en péril.
Nous aurions cru manquer à toutes les traditions françaises de générosité et de justice, en ne protestant pas, avec énergie, contre un pareil oubli des droits de la défense.
Qu'un tel précédent puisse s'établir et les bases mêmes de la justice sont compromises. Si d'odieuses polémiques ont tenté de dénaturer le débat, nous devons revenir, avec fermeté, à ce point de départ. Qu'on ne s'y méprenne donc pas, il y a un principe engagé, celui des droits de la défense et c'est pour le maintien de ces droits que nous nous sommes prononcé.
Que ces droits soient entièrement sauvegardés et l'horizon s'éclaircira rapidement.
C'est en vain que l'on tenterait de faire de cette affaire une question politique ou confessionnelle. Sans doute, avec une extrême perfidie, on a tenté et on tente encore de le faire. Mais jamais on ne vit personnes, plus différentes d'opinions et de croyances, engagées dans un débat. Si Dreyfus est un juif comment oublier qu'Esterhazy est un ancien zouave- pontifical. M. de Cassagnac qui attaque, avec une si persévérante énergie, la légalité du procès, se rencontre avec M. Clemenceau qui met en cause toute la procédure de l'Affaire. Si l'on parle du protestant Scheurer-Kestner comment ne pas nommer Zola si hostile à l'esprit protestant. A côté de M. Mathieu Dreyfus ne voyons-nou^ pas se placer M® Démange et V Aurore radicale ne fait-elle pas campagne avec le Figaxo conservateur!