NOTRE LIGNE DE CONDUITE
qui avait pour nous l'autorité de la chose jugée, mais nous devions affirmer, pour la sauvegarde d'un droit sacré, qu'il était impossible d'empêcher des citoyens de réclamer la revision d'un procès, s'ils estimaient, dans la droiture de leur conscience et à leurs risques et périls, qu'une erreur judiciaire avait pu se produire.
Telle a été, dès le premier jour, notre conviction, et c'est, en lui demeurant invariablement fidèle, que nous avons examiné les événements qui depuis se sont produits.
Comme nous l'avons dit : la question de la culpabilité de Dreyfus, jetée, avec une si déplorable passion dans le débat, n'aurait pas dû être soulevée, seule celle de la revision du procès réclamait une discussion.
Nous avons voulu rester sur ce terrain très solide et très sûr. On a pu voir à quel point jusqu'ici, nos prévisions se sont réalisées et comment s'est justifiée la demande de revision.
Nous avons étudié de très près la documentation qui nous était soumise et par là nous avons été amenés à mettre, sans cesse, en lumière la campagne de diffamation et de mensonges qui se poursuivait avec la dernière des impudeurs.
Notre tâche malheureusement n'est pas finie.
Signai (14 décembre 1897).