M. BERTILLON
M. Bertillon.
Nous avons' le droit d'examiner les preuves de la culpabilité du capitaine Dreyfus que Ton nous sert et d'en déterminer le bien fondé. Après avoir lu la déclaration attribuée à M. Bertillon, il nous a paru intéressant d'examiner le bordereau.
« Les mots, est-il dit, empruntés à une autre écriture et répétés plusieurs fois dans le bordereau sont absolument identiques, ils se superposent aussi exactement que possible. Ces mots sont corps j msLuœuvres^ armée ».
Que vaut cette affirmation?
L'examen nous a révélé que les mots corps et manœuvres sont répétés, non pas plusieurs fois, mais deux fois chacun, et cet examen attentif nous a montré qu'il était impossible de les superposer, car ils ne sont pas identiques.
Reste, il est vrai le mot armée.... qui a ceci de très particulier et de très significatif, c'est qu'il est impossible de le trouver dans le bordereau, où il ne se rencontre pas plusieurs fois, mais pas une seule fois... Il serait nécessaire que, dans des circonstances aussi graves, on voulut bien ne pas lancer en avant des déclarations aussi fantaisistes et dont le premier examen démontre la grossière erreur.
Signal (16 décembre \S^"l\.
42 où EST LA JUSTICE
Où est la justice ?
La Politique Colonisile publie l'information suivante :
a La chancellerie de Berlin serait disposée à demander, dans les formes autorisées par les usages diplomatiques, que rien ne soit négligé pour que la vérité s'étale au grand jour et fixe enfin l'opinion européenne sur le rôle prêté, à tort selon nos voisins d'Outre-Rhin, à leurs agents du service des renseignements, à leurs représentants en France et aux personnalités les plus hautes de l'Empire. »
Nous devons reproduire une pareille information avec les réserves nécessaires, seulement nous ne pouvons pas oublier qu'en effet, à maintes reprises, les journaux allemands ont déclaré que leur gouvernement était absolument étranger à l'affaire Dreyfus. Nous savons très bien, d'autre part, que ces déclarations ne peuvent être versées au débat qui doit rester entre nous, mais nous avons à constater qu'à l'étranger on estime, en général, sans y attacher d'autre importance, que l'on se trouve en présence d'une erreur judiciaire comme il s'en est présenté dans tous les temps et dans tous les pays.
Les juges du conseil de guerre ont prononcé, en leur âme et conscience, sur les preuves qu'on leur apportait, ils ont fait leur devoir, tout leur devoir, qui donc pourrait en douter? mais si
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l'on apportait d'autres preuves que Ton est en droit absolu de rechercher et de servir, preuves plus fortes et plus décisives, ils jugeraient sans doute autrement.
Il n'y a rien autre chose en cette malheureuse affaire sinon ce que la plus haineuse des passions y a introduit. Nous devons tous nous attacher à repousser ces violences pour envisager la question, avec un esprit de véritable droiture, en voulant fermement la victoire de la justice à laquelle rien ne peut être préféré en ce monde.
On peut, il est vrai, remporter des victoires passagères en foulant aux pieds le droit, mais rien de permanent ne s'établit sans la justice. On se demanderait pourquoi il faut rappeller de telles vérités, dans ce pays de bon sens qu'est la France, si Ton ne pouvait en montrer la nécessité, par suite de cette odieuse et stupide campagne de l'antisémitisme qui a bouleversé les esprits à ce point que les notions les plus élémentaires du droit sont violemment faussées.
Nous louons Pierre Vaux d'avoir, avec un zèle et un courage admirables, poursuivi la réhabilitation de son malheureux père, victime non pas seulement d'une erreur, mais d'un crime judiciaire. La mémoire d'un magistrat a dû être flétrie publiquement, mais qui donc a songé à mettre en cause et à rendre solidaire de son infamie, notre magistrature? Et cependant son honneur vaut certes l'honneur de l'armée ? Mais par le plus violent des contrastes M. Mathieu Dreyfus persuadé, non pas qu'un crime i\id\c\a\.t^ ^. ^\»^