FIN d'année
être la vérité et la justice. C'est le devoir du journaliste, conscient de sa mission, étranger aux passions sectaires, prêt à saluer toute conquête du bien» toute victoire du progrès.
. Dans la rude mêlée de ce temps, alors que se réveillent avec ardeur les passions les plus sectaires, nous sommes sur la brèche pour la défense de droits sacrés.
Nous disons un dernier adieu à cette année qui fut pour nous un temps de labeurs difficiles mais non de labeurs sans récompense.
. Rien n'est plus éloigné de notre esprit que le. scepticisme. Malgré rires et moqueries nous sommes des croyants. En un temps où se meurt,: dit-on l'idéalisme, nous restons fidèles au culte de Tidéal. C'est notre bon droit pensons-nous» Dieu n'est pas mort comme récrivait Pelletan.
Notre ambition est de dégager l'idée religieuse de l'action politique, afin de lui rendre le véritable empire qu'elle doit exercer sur les âmes. Doctrine de justice et de liberté, aujourd'hui méconnue, mais qui assurera seule le développement et la stabilité des sociétés humaines.
Il ne faut pas regarder au nombre mais à la vérité, et si faible que soit la voix ne point se lasser de la faire entendre, car la vérité, malgré les haines et les violences, exerce toujours son empire..
Nous avons bonne confiance parce que nous avons bonne conscience.
Nous serons demain ce que nous étions hier, les ouvriers obscurs mais fidèles d'une grande œuvre,
Sigfnai(l«^ janvier 1898). .
COMMENCEMENT d'aNNÉE 53
Commencement d'année.
' Il ne faut pas être pessimiste, surtout aux premiers jours d'une année. Non que lefe perspectives des temps nouveaux soient brillantes, mais nous avons connu des heures plus sombres. Sans doute, les satisfactions glorieuses sont interdites, et, depuis quelques semaines surtout, la fierté n'est pas de commande ; mais de là à prophétiser misères sur misères, il y a loin. Pour raisonner justement il faut comparer équitablement. A l'honneur de ce temps, nous avons la liberté de tout dire, tout le mal mais aussi tout le bien.
Ceux-ci poussent un cri de détresse ; ils manquent de foi.
L'époque est-elle si éloignée de nous, où la moindre critique ouvrait un procès de presse? Sans parler du second empire, où la pensée française était captive, comment oublier les mauvais jours de l'Ordre moral ?
La lutte est engagée, nous le savons. La vérité doit l'emporter, non par la force, mais par sa seule vertu.
Nous regardons avec confiance à Tavenir, parce que désormais il faudra compter, non avec Thabileté, mais avec la vérité. Mépriser les habiles non, ils sont plus nécessaires que jamais, mais ils devront avoir la droiture de l'habileté et ne pas demander service au silence, encore moins au mensonge.