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UN SOUVENIR

a le procès des ennemis publics qui se plaide « encore assez pacifiquement dans les prétoires, a ne finisse par se régler à coups de fusil. » (1)

A coups de fusil, on a bien lu, et la parole criminelle s'étale avec impudeur dans le Soleil, organe du parti royaliste, du grand parti conservateur.

M. Hanotaux saura gré à son éminent collègue, M. Hervé, d'avoir permis à M. Maurras de lui faire parier la langue d'un Trestaillon.

Quant aux protestants Français, ils se souviendront que M. Hervé, oublieux de la mémoire des Guizot, des Delessert, des de Witt, des Chabaud- Latour, les défenseurs de la cause royaliste, oublieux même du respect dû à la mémoire de la duchesse d'Orléans, a laissé diriger contre eux dans son journal les plus odieuses insultes et les plus criminelles provocations.

De M. Maurras, ne parlons pas ; il n'y a à lui répondre ni à coups de fusil, ni autrement.

Signai (26 avril 1898).

Un Souvenir.

Un de nos lecteurs, l'un de ces Alsaciens qui iDortent fidèlement le deuil de nos provinces perc5ues, nous écrivait dernièrement pour exprimer

(1) Les protestants devaient célébrer dans cette ville l'anniversaire trois fois séculaire de l'Edil àe "^anV^?».

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son regret de n'avoir pas vu opposer à la parole désormais célèbre de M. de Vogiié, la parole vengeresse de Gambetta.

A celui qui a vu l'étranger s'emparer de la terre natale, les paroles dédaigneuses de l'académicien traitant le coup d'Etat « d'opération de police un peu rude » apparaissent coupables autant que cruelles. Il ne peut les entendre sans élever sa protestation, car il sait que si de la justice du présent naît la justice de l'avenir, des fautes du passé naissent les condamnations du présent. Il sait qu'il y a une relation étroite entre cette nuit de décembre qui vit la ruine des libertés publiques et le jour de Sedan qui vit nos inoubliables malheurs. Il ne se résout pas à penser que dans notre académie française, siège de tant de gloires, la voix d'un homme s'élève pour effacer, d'un trait de plume, de si cruels souvenirs et réduire à je ne sais quelle basse opération de police une date qui fut celle d'un crime. Il désire que, dominant cette voix légère, résonne la voix puissante de celui qui, en des jours de deuil et de désespérance, incarna l'âme même de la patrie.

Dans les tristes souvenirs de l'année terrible, il a cherché pieusement la proclamation qui sortit brûlante du cœur du grand patriote, et il nous demande de la publier afin de venger la mémoire de ceux qui moururent à la suite de cette « opération de police un peu rude, qui un matin de décembre rassura la société effarée. »

Nous devons vivre du passé si nous voulons ne pas repasser par les chemins de douleur des temps

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