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LA QUESTION DE L AMNISTIE

testation ; plus tard, c'est Picquart jeté en prison, Zola contraint de fuir, Grimaux destitué, mais pourquoi insister, le souvenir de ces événements n'est-il pas présent à tous les esprits ?

Deux ans ont passé, le président du Conseil est à la tribune du Sénat, et, soutenant la cause de l'amnistie, il dit : « A ceux qui pensent que c'est trop d'indulgence et que nous risquons d'affaiblir dans Tâme de la nation le sentiment des responsabilités, je me borne à répondre qu'il y a des châtiments plus sévères que certaines des peines que prononce la loi et que la justice qui siège dans les prétoires, n'est pas toute la justice, qu'il en est une autre formée par la conscience publique qui traverse les âges, qui est l'enseignement des peuples et qui déjà entre dans l'histoire. »

Le Sénat applaudit ces paroles vengeresses et décide que le discours du président du Conseil aura les honneurs de l'affichage public.

Au général Mercier qui avait osé dire qu'il referait ce qu'il avait fait, M. Waldeck-Rousseau répond : « Je ne puis pas ne pas élever une protestation contre les paroles qui ont été prononcées hier à cette tribune. Non, il n'y a pas de devoir supérieur à la sauvegarde des formes judiciaires et à cette loi de la civilisation qui veut qu'un accusé, fût-ce un coupable, ne soit pas frappé à son insu, dans l'ombre et par derrière. »

Dans cette même séance, M. Trarieux, avec ce courage qui ne s'est jamais démenti aux heures les plus sombres, a pu dire aux applaudissements répétés du Sénat reconquis : « Noua «»OYccKvfc'^

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