LA QUESTION DE L AMNISTIE
l'avenir autant que le présent. Nous sommes pour l'égalité devant la loi, pour la liberté de la conscience et de la pensée, pour tous les principes qui sont nécessaires à une véritable démocratie. »
Quel chemin parcouru depuis le premier jour ! C'est en le mesurant que la confiance renaît et que l'espérance est rendue légitime. Quelles dures leçons réservées à ceux qui ont lutté contre le triomphe de la vérité! Hier, le conseil municipal de liochefort donnait le nom de Grimaux à l'une des plus grandes rues de sa ville natale, et le colonel Picquart obtenait de la neuvième chambre la condamnation éclatante d'adversaires qui avaient cru pouvoir impunément l'outrager.
S'il n'était question que de rivalités politiques, si ardentes qu'elles fussent, depuis longtemps déjà la tourmente serait apaisée, mais si la souffrance, pour être moins aiguë, n'en subsiste pas moins, comment ne pas l'attribuer à une cause morale ? Il y a, pour parler le langage de la Bible, un interdit sur notre peuple, et, aussi longtemps qu'il ne sera pas levé, la vraie paix nous sera refusée. Toutes les habiletés politiques ne résoudront pas le problème; la justice, cette base fondamentale des sociétés, n'est jamais impunément offensée. Les regrets du passé sont aussi douloureux qu'ils sont stériles, c'est l'avenir qu'il faut assurer. L'heure de la réparation sonnera, le devoir est de la préparer, non par les agitations dangereuses mais dans le recueillement.
Revue chrétienne (27 juin 19Ô0).