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UNE VICTOIRE 2S

Une victoire.

Qui aurait cru, au lendmain du jour où un magistrat, au mépris des insultes, écrivit ce célèbre rapport qui donna, avec éclat, la preuve de l'innocence du capitaine Dreyfus, que ce même magistrat se verrait sippelé à la première présidence de la Cour de cassation? Nous avons entendu M. le procureur général Laferrière rendre à M. Ballot-Baupré le plus bel hommage en évoquant le souvenir d'un procès qu'il a appelé a le plus grand procès du siècle ».

Qui ne se souvient des attaques odieuses dirigées contre M. Manau, le procureur général?

Dans l'audience solennelle de rentrée, M. le conseiller Duboin montra M. Manau « ferme et impassible sur son siège, élevant son âme si haut que les outrages ne pouvaient l'atteindre. Il a droit, dit-il, aux respectueuses sympathies de tous les citoyens épris de justice qui mettent, au-dessus des intérêts de parti, la patrie grande, forte, honorée ».

Mais l'arrêt du Conseil de guerre de Rennes, de ce tribunal d'exception où siégèrent des magistrats d'un jour, a réduit à néant l'œuvre de la Cour de cassation. Celui qu'elle a déclaré innocent est reconnu coupable; si Dreyfus est frappé, c'est aussi la plus haute juridiction du pays qui est atteinte* Se courbera-t-elle devant l'arrêt? Il n'en sera rien, nulle allusion ne sera faite a.w

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