UNE VICTOIRE
verdict de Rennes, mais devant la Cour, M. le conseiller Duboin parlera de la revision du procès Dreyfus comme de l'un des actes qui ont le plus honoré la magistrature française, il fera de l'enquête de la Chambre criminelle un acte de foi inébranlable en la puissance de la vérité, il dira i'absolue confiance témoignée par la Cour suprême en l'absolue loyauté de tous ses membres, « par la proclamation inusitée mais combien justifiée de l'unanimité du vote de la revision. » N'apparaît-il pas ainsi que la Cour de cassation reste inébranlable dans sa décision, et les plus prévenus, s'ils veulent raisonner froidement, lie comprendront-ils pas enfin que c'est la justice qui triomphera? On a beaucoup parlé, dans ces derniers temps, de la reprise de rAfîaire, mais il n'a pas été difficile de connaître les mobiles de ceux qui tentaient d'ouvrir à nouveau la campagne. Il s'agissait non pas de faire reviser un procès, mais de réveiller les passions qui s'apaisaient. Il n'en sera pas ainsi, comme l'écrivait le capitaine Dreyfus à M. Trarieux, son admirable défenseur, « justice n'est pas faite, les effets moraux de l'iniquité subsistent, le supplice intérieur est toujours aussi grand, je poursuis donc le même but jusqu'à ce qu'il soit atteint, la révision légale de mon procès ». On pèsera toute la valeur de cette déclaration : revision légale, c'est-à-dire celle que la loi autorise et qui se poursuit devant la justice et devant la seule justice. Là est le droit contre lequel ne pourront prévaloir ni les déclamations^ ni les violences.