L'HONNEUR DE L'ARMÉE
5 juillet 1898.
Nous avons dit que M. Esterhazy s'était rendu, le d6 octobre 1897, chez le colonel de Schwarzkoppen pour le supplier de le sauver et d'aller affirmer à Mme Dreyfus que son mari était coupable; nous avons dit que le colonel de Schwarzkoppen avait repoussé avec dégoût cette infâme proposition.
Toute la presse européenne a reproduit ce récit. // n'a pas été démenti.
Nous avons dit que, parmi les 162 pièces, notes et bordereaux qui ont été vendus par M. Esterh;izy à la Prusse, se trouvent les copies de certains dessins cou-
fidentiels, qui avaient été faits au printemps de 1896, de certains fusils.
Toute la presse a reproduit ce récit. // n'a pas élé démenli.
Nous avons dit que, parmi ces mêmes pièces dont les originaux sont à Berlin et les fac-similés photographiques à Rome, se trouve la copie de certains cours faits à l'Ecole de tir du camp de Chàlons, et que cette copie avait été fournie au colonel de Schwarzkoppen par M. Esterhazy.
Toute la presse a reproduit ce récit. Il n'a pas été démenli.
Nous avons dit que des notes relatives à la mobilisation du troisième corps d'armée, dont le siège est à Rouen, avaient été fournies par M. Esterhazy, alors en garnison dans cette ville, au colonel de Schwarzkoppen.
Nous pouvons ajouter que cette trahison a valu à M. Esterhazy une gratification spéciale, en dehors de ses 2,000 francs d'appointement mensuel.
Toute la presse a reproduit ce récit. Ihi'apasélé démenli.
Nous avons publié la lettre de M. Conybeare, affirmant que, de 1892 à 1896, M. Esterhazy recevait du colonel de Schwarzkoppen une mensualité de deux mille francs.
Toute la presse, (h l'exception du Figaro), a reproduit la lettre de M. Conybeare. Ce récit n'a pas été démenti.
M. Esterhazy a nié l'authenticité de la lettre, dite du uhlan, oii il écrivait à Mme de Boulancy « qu'il ferait tuer avec plaisir cent mille Français » et (( qu'il rêvait de cette fête: Paris pris d'assaut et livré au pillage de cent mille soldats ivres »,
M. le juge d'instruction Bertulus a convaincu Esterhazy de mensonge.
La lettre du Uhlan est authentique.
Des protecteurs de M. Esterhazy ou de nous, qui défend l'honneur de l'armée?