C'est Pascal qui souligne. Ed. Faugère, p
Maintenant, monsieur, que vous me cribliez de vos épigrammes en compagnie de Trarieux et de Jaurès, ce dont je me sens fort honoré, cela ne tire pas à conséquence. Nous sommes, selon vous, de « malheureux intf^llectuels ». Il n'en reste pas moins que « ces malheureux intellectuels «ont dénoncé comme un faux, dès qu'il a été produità la Cour d'assises par le général de Pellieux, le document fabriqué par Henr\^ J'écrivais que cette pièce « puait le faux » alors que vous y voyiez avec le général de Boisdeffre et le général Gonse, plus tard avec M. Cavaignac, la preuve décisive de la culpabilité d'un innocent. Qui donc l'événement a-t-i^ justifié?
Or, il en sera de même pour tout le reste. Nous n'avons pas été dupes de votre preuve décisive. Nous ne le sommes pas davantage de la version qui fait du colonel Henry le bouc émissaire de l'Etat-Major. Nous sommes certains que ce misérable' n'a pas gardé pour lui seul « la gloire w de cet acte infâme, qu'il a eu des complices. Ni la mort étrange de Lemercier-Picard, qui a été probablement l'auteur même du faux, ni celle du colonel Henry, ne sauveront ces scélérats. A côté de ces scélérats, qu'attend le bagne, au-dessus d'eux, il y a des dupes, plus ou moins volontaires, dont la responsabilité devra être établie. Le destin, qui n'est que la logique, selon le mot du poète, les tient. Ils ne lui échapperont pas, On n'échappe pas au destin, on n'échappe pas à la logique. Il y a eu, au ministère de la Guerre, depuis plusieurs années un nid de faussaires et de faux témoins. Ce nid sera ex-
terminé. Deux ou trois bandits galonnés, qui ont sali leur uniforme, a'-cumulé les crimes, menti à leurs chefs, trompé la justice, trompé le pays, failli conduire la France à un Sedan moral, ne sont que l'écume de l'armée. Ces « malheureux intellectuels » n'ont pas combattu seulement pour la vérité et pour le droit éternel. C'est la cause sacrée de l'armée qu'ils ont défendue.
Il ne vous restera bientôt, monsieur, que le remords d'avoir crié : « Vive Esterhazy! » et d'avoir glorifié des faussaires. Très sincèrement, je vous plains.