ET LES AUTRES
Et du Paty de Clam? Et les autres? Qu en faisonsnou s'il vous plaît? Je sais bien quM est convenu par U volonté de^illot, de Cavalgnac, de Bo.sdeffre Te ie, qu'ils sont innocents, puisqu'on supprime e Preuves Vi se dressent contre eux, a mesure qu elles Cara ssent. Mais ce petit jeu-la ne peut pas durer o'i^oiu-s. Billot estpa^ti : avec l-> ---^xC Cav-Aionac se retire, dans la pleine gloire du taux par UrpiCosé a la co^ifiance du suffrage universel aux il audissements de la Chambre unanime. Boisdeffie îi -même nous a faussé compagnie, en Prenant la pi ciution de nous laisser a sa place son ancien souscbfd Etat-Major pour représenter les traditions dont il ne veut pas emporter les secrets dans la tombe '' Voila doL BrisLn redevenu une taçon de chef d gouvernement. S'il ne saisit pas cette chance de ^le prévaloir sa volonté - suppose qu il en ait une - ^It irrévocablement perdu. C-aignac deja lui ava imposé des complicités assez lourdes, d«»t i\ ne pe«^ espérer de se disculper que par un viril effoit de jus
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tice totale. L'arrestation de Picquart offrant à M Brisson la vérité, alors (ju'il suffisait de l'entendre pour épargner au Gouvernement et h la Chambre l'acte qui les couvre h la lois de ridicule et de honte, doit être pour notre président du Conseil un assez «rros remords. Je veux croire, jusqu'à la fin, que no^îis n'aurons pas le spectacle de Picquart condamné pour avoir dit vrai Ce serait vraiment une trop cruelle infamie Avant d endosser ce crime, Brisson réfléchira Mais du Paty de Clam, mais Esterhazy? qu'en faisons-nous? hsterhazy est un bandit de la pire espèce, en dépit de ses belles notes militaires. C'est même un traître avéré, cela n'est plus discutable aujourd'hui. Et tous ceux qui l'ont défendu, félicité, acclamé — prince d Orléans en tête — sont obligés de se taire présentement n'ayant pour se rabattre que la glorification de Henry le faussa*re. Esterhazy est l'auteur du bordereau malgré le jugement officiel qui dit le contraire. On a affirmé qu'il touchait 2.000 francs par mois de 1 Allemagne II n'a pas osé démentir le fait, par crainte quon nen fournisse la preuve. Ses rapports avee bchwarskoppen nous sont connus. Tout cela s'étale dans les journaux sans qu'il ait pu balbutier une parole de défense. ^
Sans doute, on ne peut le poursuivre pour le bordereau, puisque ceux qui devaient à la patrie de le condamner pour espionnage l'ont acquitté suivant les tormes de la loi. Sans doute, on ne peut le poursuivre pour le faux commis au détriment du colonel Picquart avec du Paty de Clam et la fille Pavs, puisque le procureur général Bertrand et le procureur de la République Feuilloley, pour couvrir de hautes complicités ont fait mettre ces criminels hors de cause, par des violations impudentes de la loi que la Cour suprême a stigmatisées.
Mais qui ne sait qu'il y a d'autres preuves que le
boijdereau et que les faux Blanche et Speranza Contre
ui.'' Sans parler des reçus d'argent et des pièces dont
1 existence est proclamée par ceux-là mêmes qui en
sont détenteurs, comment expliquer « les relations i-cpctces )), comme dit le juge Bertulus, ,du traître avec (les officiers supérieurs de lEtat-Major? Comment explifjuer l'incuriosité des juges sur ce point décisif.' Rappelez-vous reffort éperdu qui fut fait à la êpur d'assises par le général Gonse et le général de Pellieux pour nous prouver qu'Esterhazy n'avait pas pu se procurer les documents dont il est question dans le bordereau. Aujourd'hui (jue les rapports constants de l'espion avec le colonel du Paty de Clam et le colonel Henry sont établis de façon indiscutable, aujourd'hui que la complicité qui les unissait dans le faux en faveur d'Ksterhazy et contre Dreyfus est prouvée, aujourd'hui que l'empressement de certains chefs à les couvrir coûte que coûte apparaît dans son évidence, aujourd'hui que la recherche des complicités latérales ou supérieures s'impose à tout esprit animé delà plus élémentaire justice, le gouvernement va-t-il se faire complice lui-même de ces hontes en empêchant, comme il la fait cyniquement jusqu'ici, la pleine \umière sur des crimes contre la patrie ?
Henrv étant faussaire, que deviennent ses faux Mnoignages ? Mentait-il lorsqu'il établissait les prétendues indiscrétions de Picquart par un récit que contredisaient et les dates et les dispositions mêmes de ses partenaires ? Mentait-il lorsqu'il osait, lui, menteur, jeter un démenti à la face de Picquart, qui disait la vérité ? Mentait-il lorsqu'il croisait le fer, en vertu de son mensonge, au nom de 1 honneur de l'armée? !Mentait-il dans tout ce qu'il a dit, dans tout ce qu il a voulu prouver contre Picquart, qui souleva contre lui tant de haines par l'unique raison qu il ne voulut pas mentir? Et, s'il mentait, comme l'atteste, avec son aveu, le coup de rasoir qui lui parut préférable à l'éternelle flétrissure, que deviennent les témoignages identiques de tous ceux qui livraient la même bataille, alors surtout qu'un autre faussaire apparaît dans la troupe, du Paty de Clam — l'ouvrier diabolique de l'affaire Dreyfus, ainsi que dit Zola —
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(lu Paty de Clam, le sombre complice de Heniy d'Fsteiiiazy et d'autres encore qui, jusqu'ici, ne sont que soupçonnes. '
Tout ce monde mentait-il quand il fabriqua, pour etayer 1 interpellation Castelin, la publication de l hclaij', qui était un faux?
Tout ce monde mentait-il quand inspirateurs de laux et faussaires fabriquèrent les trois faux dont triomphèrent et Cavaignac et sa Chambre — pour un jour. Mentaient-ils ceux qui, ayant été prévenus que la pièce était fausse, la donnèrent comme vraie, après avoir promis sur leur parole d'honneur, de ne pas s en servir .' Mentent-ils ceux de nos présents ministres qui se prononcent pour la revision et prennent en sous-main toutes les mesures pour la faire échouer' Comment se reconnaître au milieu de cette avalanche de mensonges, sinon par un déblaiement général de toutes ces ignominies, pour faire une grande voie de lumière vers la justice et la vérité ? Cela, le gouvernement de M. Brisson le veut-il? Hélas! je m'efforce de le croire. Mais je ne vois rien jusqu'ici pour ■ me contirmer dans cette espérance.
On continue les mêmes poursuites contre Picquart qui sont un crime de M. Cavaignac dont M. Brisson' parait-il, revendique décidément sa part. Esterhazv dehe toutes les lois d'Etat, avec du Paty de Clam son complice, et une agence officieuse nous fait savoir que le cousin de M. Cavaignac ne sera pas inquiété parce qu Henry a déclaré h M. Cavaignac (qu'est-ce donc qui le prouve.) qu il avait été seul à perpétrer son crime Alors la parole de Henry le faussaire fait foi? C'est admirable. Et sur l'attestation du faussaire, son complice, qui est aussi le complice du traître, qui a peutêtre aide, plus ou moins consciemment, à lui fournir les documents que l'autre a vendus, échappera au châtiment que réclament h la foi^ l'honneur et l'intérêt de la patrie ?
^ Ehbien! nonCelaneserapas.SilesjugesdeDrevfus SI les juges d Esterhazy, si les hauts complices dé
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Henry, deduPaty dv Clam, crEslcrhazy, si les Ministres de la Guerre, si les gouvernants ont peur de la lumière, et si les Chambres, imbéciles et lâches, n'osent rien dire, voici que l'opinion se réveille. La défense du traître par les prétendus patriotes, l'aveu du faux par les plus farouches représentants de « l'honneur de l'armée », l'apologie du faux et la glorification du faussaire par « les honnêtes gens » de l'Eglise, ont tini par ouvrir les yeux des hommes de bonne foi, abusés par les mensonges systématiques de tous les pouvoirs sociaux en bataille contre la justice et contre la vérité. L'opinion publique se fait, vengeresse de tout cet amas d'infamies.
Que M. Brisson se réveille k son tour, et qu'il se hâte! Il n'a que trop dormi. Sinon, le sort commun l'attend, de tous ceux que la France trouvera du côté du mensonge et de l'iniquité.
10 septembre 1898.