‹ Vers la Terre-Sainte [microforme]Chapitre 18 sur 105 · CO E · texte numérisé non relu

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VERS LA TERRE-SAINTE soleil sont interceptées par des toiles en lambeaux, par des paillassons de chanvre et des étoffes délabrées. Sous ces vélums d'un mauvais goût, vous trouverez des boutiques à tout mettre, à tout faire et à tout vendre. Dans un petit local, à peine de dix pieds carrés; dans un enfoncement de murs simplement nus, vous trouvez le maître et ses apprentis, le matériel et les outils pour la main-d'œuvre; un coin pour le travail, l’autre pour la réserve: tandis que sur le devant on trouve le moyen de placer une étagère et de faire une installation très alléchante. Vous trouvez tous les genres de travail, depuis la confection d'objets riches et dispendieux jusqu'aux menus articles de fantaisie et des bric-à-brac qui n'ont de valeur que ce que les étrangers leur donnent comme curiosités et souvenirs du pays. Ici vous avez des gens qui martèlent des argenteries, bossent des cuivres, vernissent des bronzes, incrustent des nacres, polissent des cristaux, sculptent l’ivoire; vous en voyez d'autres qui imitent des antiquités, moulent des monnaies sans valeur, tressent des petites corbeilles de jonc et de foin de senteur, dans lesquelles on n'oublie pas de coucher le petit Moïse sauvé des eaux. C’est typique!

On donne tout pour rien à Moussu Baroné, à Moussu Doctoré; quitte à dépouiller cette noblesse, si les remerciements ne sont pas accompagnés d’espèces sonnantes.

Notre marmouchre nous conduit par des sentiers obscurs jusqu'à la Cour du palais de Gamaldine- Zäabi; c'est une fondation du cinquième siècle où l'architecture et la décoration arabes valent la peine d'être examinées. Les pièces intérieures sont bien conservées.

On retourne à l'hôtel au moment où les gens rentrent avec leurs montures. Une foule de bourriquets nous frôlent sans Cérémonies pendant que les petits gars nous fendent la tête avec leurs cris: Ri-

— Véminah!... Avance donc!.— Passe par ici! — Passe par là! — disaient-ils à leurs baudets paresseux. C'est épatant, disait une bonne Française de notre groupe !!

Après le dîner (huit heures du soir), je sens le besoin d'aller me reposer. Instinctivement, je me laisse choir sur le premier fauteuil du salon; laissant les amis se rendre sous les feuillages de l'Esbékieh, le jardin d'en face de l'Eden-Palace.

Je jouis de la musique -entraînante du parc, j'écoute les conversations Sans y comprendre un mot, j'étudie les mœurs de ces gens aux allures drôlatiques, je m'amuse à voir les fleuristes se dandiner en offrant aux dames leurs gerbes de fleurs, lorsque, tout à coup, un tout petit, m'observant depuis longtemps par la fenêtre, s'enhardit à me tenter de sa brassée de roses aux différentes nuances et dont le parfum était si délicieux qu'il embaumait les alen-

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