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Le 4 avril 1909, Dimanche des Rameaux.
Nous passons la semaine sainte à Jérusalem !
Ceci est bien propre à éveiller une idée d'envie chez nos amis. Combien, parmi eux, animés d’une grande piété, seraient heureux de partager notre bonheur. Puisse le récit des belles cérémonies que nous aurons au Saint-Sépulsre et à Notre-Dame de France leur apporter quelque dédommagement !
Jésus-Christ, après avoir ressuscité Lazare, retourne à Jéricho, mais il revient à Béthanie six jours avant la Pâque.' Il soupe chez Simon le lésreux. Marthe s'occupait du service, Lazare le ressuscité était un des convives, Marie-Madeleine en cette occasion versait sur la tête de Jésus un parfum précieux, ce qui provoqua les murmures de Judas.
Le lendemain du sabbat, au lieu de suivre la route ordinaire, Notre Seigneur se rend à Jérusalem en faisant un détour par le village de Bethphagé. C'est de làqu'il envoiechercher l’ânesse et son petit, sur laquelle les disciples, après avoir étendu leurs manteaux, y firent asseoir Jésus pour entrer dans la’ ville. En arrivant près de Jérusalem, sur le penchant du Mont des Oliviers, Jésus, regardant la ville, pleura sur elle! Qui pourrait dire ce que le Maître ressentit à la vue de la ville déicide ! Elles furent amères les larmes qu'il versa à la pensée que ce peuple tant aimé, tant favorisé, allait couvrir la voix de ses bienfaits par des cris de rage et des blasphèmes sacrilèges.
Où, Jésus pleura on a élevé une petite chapelle qu'on appelle le Dominus flevit.
«La foule immense qui était dans la ville pour la fête de Pâque, apprenant que Jésus venait à Jérusalem, accourut au-devant de lui jusqu’à la descente du mont des Oliviers. Les uns coupaient des branches d'arbres et en jonchaient Je chemin ; les autres, en grand nombre, étendaient leurs Manteaux sur son Passage ; d'autres portaient des rameaux de palmier.’ (S. Jean, XII, 12.)
Le cortège traversa le torrent de Cédron, la vallée de Josaphat, et Jésus, dit-on, entra par la Porte dorée, dans la ville de Jérusalem. Cette porte est aujourd’hui murée.
«<Hosannah ! Béni soit Celui qui vient au nom du Seigneur! criaient les foules qui précédaient et qui suivaient Jésus. Hosannah au fils de David ! criaient les enfants.» (S. Math. XXI, 15.) Dans leur bouche la louange était parfaite, elle n’avait pas l'ironie des masses qui acclamaient aujourd'hui, pour injurier demain.
Meaux. Malgré l'heure matinale de la cérémonie, On nous avait avertis qu'il serait difficile d'entrer dans la Basilique à cause du grand nombre d’étran- 8ers Venus de tous les côtés Pour la semaine sainte.
Le parvis du Saint-Sépulcre était tout couvert d'une foule bariolée et déjà les pories du temple étaient fermées. Plus de 10,000 catholiques: russes, grecs, arméniens, arabes, avaient trouvé place dans le temple et attendaient l'heure de la cérémonie:
Vous le concevez, j'étais bien chagrin de ne pouvoir entrer et, au moment où je songeais à retourner à Notre-Dame de France, voilà que je vois les portes s'ouvrir et des soldats turcs former la haie. C'était le représentant officiel de la France qui venait en grande tenue assister aux saints offices. Ce fut ma bonne étoile ; un des fils du Consul, en voyant mon embarras, m'offre de faire partie du consulat! je ne fus pas lent à accepter l'invitation, j'eus l'honneur d'un fauteuil tout près du saint Édicule. où j'étais protégé contre la foule compacte qui menaçait de tout envahir.
Son Excellence Mgr Camassée, accompagné d’un grand nombre de Franciscains, sur les marches du saint Édicule qui lui servaient de trône, fit la bénédiction solennelle des palmes qui d'avance avaient été déposées dans la chapelle de l’Ange.
Après la distribution faite au clergé, le peuple fut admis à recevoir un rameau des mains du pontife. Ily eut alors un mouvement général vers l'Édicule sacré, et, sans respect pour la sainteté du lieu, la foule se précipite, pêle-mêle ; poussée en
me RS de,
avant par le flot irrésistible, elle eut bientôt fait de briser la haie de soldats. Je crus, un moment, à un grand danger, et j'étais certain, à entendre les cris, qu'on piétinait des femmes ou des enfants. Au commandement d'un officier, la foule est repoussée à la baionnette ; il a bien fallu céder et reculer. Pour calmer le peuple qui voulait des rameaux, les Franciscans sortirent du saint Tombeau avecdes brassées de palmes bénites et ils en firent une distribution générale,
La procession se fit trois fois autour du saint
lcre en chantant les belles antiennes qui rap-
Meaux de palmiers, dans m!!
J'emporte avec bonheur la palme bénite que j'ai reçue des mains du vénérable Patriarche. Je la conserverai comme un des plus précieux souvenirs de mon voyage.
Les Latins se hâtent de donner la place aux Grecs qui doivent avoir la même cérémonie à 9 heures. Nous nous retirons à l'endroit où Jésus apparut à Madeleine, propriété des Franciscains, et ]à, une grand'messe pontificale est célébrée, pendant laquelle trois diacres ont chanté solennellement la passion.