‹ Vers la Terre-Sainte [microforme]Chapitre 39 sur 105 · LES JUIFS · texte numérisé non relu

LES JUIFS

Parmi les foules de Jérusalem nous rencontrons peu de Juifs, bien qu'ils soient nombreux et qu'ils forment le gros de la population. Jamais l’esplanade du Moriah ne les voit, puisque ce lieu leur est interdit sous les peines les plus sévères ; d’ailleurs, ils ne voudraient jamais aller fouler de leurs pieds le Saintdes-Saints ; ce serait pour eux la plus grande profanation. Nous ne les voyons pas aussi aux environs du Saint-Sépulcre. Iraient-ils vénérer la tombe du Christ, eux qui attendent encore sa venue comme aux jours de Motse! Ils sentent que c’est de là que “celui qui parlait au nom de Belzébuth» lança contre eux l'anathème ; victimes des sortilèges de ce puissant, ils doivent errer à jamais, sans jouir du bonheur de la patrie. Quelle malédiction ! Le sang du « Roi des Juifs», est retombé sur eux et sur leurs enfants.

Les Juifs avaient un attachement si profond à la

loi de Moïse qu'ils repoussèrent celle de Jésus-Christ, ils ne voulaient pas d’une substitution qui froissait leur orgueil et nuirait à leur influence. Leur jalousie leur fit redouter ce compétiteur dangereux : « Voyez, disaient-ils, le peuple entier court après lui». Leur loi était celle de la patrie ; ils refusèrent de partager une religion avec les autres peuples de la terre. Par-dessus tout, les Juifs, charnels, pouvaient-ils se soumettre à un évangile qui était esprit et vie et s'élever aux hauteurs de la loi surnaturelle et divine? Cette opposition à tout ce qui était de la loi nouvelle se traduisit par une haine implacable contre Jésus-Christ et son Église. (L'abbé Doublet.)

Que penser des Juifs d'aujourd'hui? Les Pharisiens, les Saducéens et les Esséniens du temps de Notre Seigneur se sont divisés et subdivisés en diffé. rentes sectes. On rencontre maintenant : des Pharisiens accablés sous la loi, des Pharisiens intéressés à l'argent. Il y a aussi des Juifs prétentieux, des dévots, des sournois, des craintifs; mais, quels qu'ils soient, la mentalité générale est toujours la même : fidélité aux vieilles observances du talmud, guerre au christianisme et efforts continuels pour accaparer le pouvoir ; dominer, c’est la vie et le bonheur du vrai Juif. |

À Jérusalem, les Hébreux vivent dans des quartiers retirés. Nous voyons là des nez crochus, des dos voûtés, des figures blêmes. Il ya des jeunes

176 VERS LA TERRE-SAINTE gens dont la débilité effraie, et, outre la dégénérescence propre à leur race, il est facile de trouver la raison de leur dépérissement. Ilss’étiolent dans des taudis remplis de vermine, sous des haiïllons crasseux, d'où s'échappent des émanations, des miasmes qui engendrent la peste etla mort. Les familles pauvres sont logées et entretenues aux frais de certaines sociétés sionistes ; c'est parmi elles qu'on trouve de ces mendiants réguliers qui se tiennent au bord des chemins fréquentés. Un sac à sel avec des ouvertures pour la tête et les bras forine le complet de ces gueux ; cet accoutrement est bien propre à attirer les symphathies, et l’on refuse difficilement à ces voix geignantes qui supplient, à ces long bras décharnés qui s’avancent vers vous pour recevoir. En retour on priera le Dieu d'Abraham, d’Isaac et de Jacob de vous porter bonheur. ‘ Les riches sont vêtus de cafetans de velours cramoisie, de velours jaune vieil or avec des toques bordées de fourrure, ou des chapeaux de feutre à larges bords. Je les ai vus se rendant au Mur des Pleurs. Après avoir longé une ruelle très étroite, ils arrivent à un pan de mur qui forme l'enceinte de la mosquée d’'Omar ; ce sont les restes des pierres sacrées qui ont servi aux fondations du temple de Salomon. Ces vestiges de leur temple détruit, de leur culte aboli, de leur patrie abandonnée leur rappellent les temps heureux où Jéhovah leur manifestait sa gloire;

maintenant accablés sous les maux qui les affigent depuis dix-neuf siècles, ils viennent ici gémir sur leurs péchés et pleurer au souvenir de leur triste destinée. Ils prient d'un ton langoureux, se frappent la tête sur les pierres et les arrosent de leurs larmes. C'est un spectacle affligeant, et nous les plaingnons. Ah! que ne voient-ils ce messie attendu depuis des siècles afin d'être délivrés de cette terrible servitude !

Une lueur d'espérance vient de luir pour ces pauvres Juifs. La nouvelle constitution amenée par la chute d'Abdul-Hamid, sultan de Turquie, ouvre la Palestine à tous les Juifs de l’univers. La liberté que tous les conquérants leur avaient enlevée est de nouveau reprise et ils vivront sans être molestés dans le pays de leurs ancêtres.

Combien de temps Ahasvèrus (le juif errant) se

#Pposera-t-il ?

ne

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