SE 208 VERS LA TERRE-SAINTE
Notre-Seigneur, suivi des personnes qui s'attachaient à ses pas, soit pour l'écouter, soit pour voir ses prodiges, soit pour obtenir leur guérison, arrivait à la porte de la ville où déjà étaient un grand nombre de citoyens, réunis sur le forum. Il veut, devant cette multitude de témoins, accomplir un grand miracle. Le cortège funèbre d'un adolescent, fils unique d’une matrone distinguée, passait. Le Sauveur fut touché de compassion à la vue de cette par vre mère éplorée, accompagnant le corps de son enfant qu'on portait en terre: Ne pleurez point, lui dit-il. Puis s'étant approché, il toucha le cercueil; ceux qui le portaient s’arrêtèrent, et il dit: « Jeune homme,levez-vous, je vous le commande». En même temps le mort se leva sur son séant et commença à parler, et Jésus le rendit à sa mère. Tous les assistants, saisis de crainte, glorifiaient le Seigneur en disant: Un grand prophète a paru au milieu de nous et Dieu a visité son peuple. (Luc, VII, 11-16.)
Il ne reste plus à Naim que quelques masures au milieu desquelles est une petite chapelle, depuis 1880 la propriété des Pères Francisc ains.
Nous suivons les sentiers de chèvres à travers les aspérités d'une dernière montagne, lorsque Nazareth, disparue pour quelque temps à nos yeux, vient cette fois, sans nous tromper, se montrer à nous toute souriante. Elle est 1à, à dix minutes de nous, prête à nous offrir la plus aimable hospitalité, parmi
men nn nn
ses beautés et ses fleurs; car Nazareth est appelée la ville des fleurs.
Nous
répondent à haute voix. Nous étions à l'Ave Maris Stella, lorsque les Pères de la Casa- Nova vinrent nous saluer et nous aider à quitter nos montures. Quel soulagement! Dieu soit béni! Nous sommes à Nazareth. Bien que tous contents, les Samaritains sont heureux d’être au terme de ce long voyage. Toutes ces angoisses, ces anxiétés et aussi ces fatigues corporelles que nous avons ressenties vont disparaître et nous allons jouir d’une nuit et d’un jour de repos dans la ville de la sainte Famille.
Le groupe du Carmel n'arriva que deux heures après nous. C'était une joie de se revoir, on aurait dit que nous ne nous étions pas vus depuis longtemps. J'aurais voulu savoir leurs impressions de voyage, Sans trop leur faire part des miennes. Bien que leur bon cœur me fût Connu, je craignais leur œil malin... Ils ont vu à ma démarche que mes impressions n'étaient pas les leurs... Ce sont là des impressions profondes, dit un intime? Vous en ferez part à votre journal pour la publication ? Le Moniteur Acadien en régalera ses lecteurs!! — Ah! les Pèlerins du Carmel, le feu de la montagne d’Élie n’a Pas enflammé votre cœur de charité fraternelle!! Dès la descente de voi-