MILAN
Le 27 mai, 1909.
La préoccupation toute naturelle du voyaeur en arrivant à Milan est la visite de la
Duomo, c'est-à-dire de la cathédrale : c’est
vers elle qu’on dirige sa première course, afin d’examiner le plus beau monument gothique qui existe. Le dessin de la façade semble tout à fait
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ordinaire, si ce n’est une profusion de flèches régulières, de consoles et de niches remplies de statues de saints et de figures d'anges. Quand on regarde cette église de profil, on voit toute ne forêt de clochetons, des pinacles on des îMinarets qui sont unis par des bouts de dentelles aux’ découpures les plus fines ; on dirait des congélations cristallisées qui sont suspendues aux multiples arceaux. La Vierge Immaculée debout sur le croissant se tient à une hauteur effroyable ; elle est bien la Reine de tous les Saints au milieu de ce groupe composé de- 7,600 statues de toutes les dénominations célestes.
La cathédrale de Milan, toute en marbre blanc, est réputée une des plus riches du monde : l’intérieur est majestueux et noble, au centre est une balustrade qui permet de j2te- un regard dans la crypte où repose, dans un cercueil de cristal recouvert de lames d’argent, le corpsdesaint Charles Borromée.
Saint Charles est le saint le plus vénéré du Pays. Sa conduite pendant la grande peste de Milan l’a rendu populaire et son souvenir sera toujours vivant chez les Milanais.
La sacristie renferme le plus riche trésor que nous ayons vu jusqu'ici ; il vaut des millions : les statues de saint Charles et de saint Ambroise, grandeur naturelle, toutes en argent avec pierres précieuses aux bordures de leurs vêtements ; les.
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bustes du martyr saint Sébastien, de la vierge sainte Thècle et de plusieurs évêques de Milan constellés de rubis et de topazes; une croix de pro- <ession en or, étoilée de saphirs et de grenats ; une parure d'autel Comprenant la croix de huit Pieds et les six chandeliers de cinq pieds en argent le plus pur. Les dimensions de ces précieux Objets n'ont point effrayé les pieux donateurs si semble qu’on s’est plu à entasser ici des richesses énormes, toujours Pour embellir et orner les saints autels.
En passant près du baptistère, nous voyons ‘qu'on se prépare à administrer le Baptême: nous Voulons être témoins curieux de la cérémonie. Un petit autel spécial, sur lequel brûlent six cierges, es: élevé en face des fonts; il est couvert de plats d’argent, rangés avec ordre comme dans un dressoir ; à côté, un petit lit avec couvrepied et oreillers en soie blanche et garnis de franges d'or Sur des tapis, il y a trois prie- Dieu et trois fauteuils. Bientôt arrive le compérage : c’est le Parrain qui tient l'enfant sur un Coussin bordé de dentel- Jes, pendant que la Marraine touche légèrement les plis de la longue robe baptismale. Une bonne à costume blanc et bleu et toque enrubannée se tient prête à rendre des petits services à l'enfant et à le recevoir après le baptême l'heureux père se tient debout près du prêtre, il sourit à tous
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les mouvements de cette scène qui le comble de bonheur.
Les riches peuvent se payer des honneurs: mais ils n'ont rien de plus que cela. L'enfant du pauvre . baptisé dans l’humble église d'nn hameau a le ciel Ouvert comme celui qu'on vient de baptiseraux fonts d’albâtre e. sous les voûtes de la grande: cathédral e de Milan.
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