D'ITALIE EN SUISSE
Nous voilà en route pour Lausanne en Suisse.
Nous sommes bientôt à Arona, la patrie de saint Charles Barromée: on aperçoit le monument élevé en: son honneur; il domine le lac Majeur.
La statue de saint Charles, érigée en 1624, au: prix d'environ 200,000 piastres (e costô la somma di circa un milione di lire), a quatre-vingt-quinze pieds. de hauteur sans son piédesta] quien a déjà quarante, Elle est reconnue comme la plus grosse statue après le colosse de Rhodes; or, comme celui-ci est disparu, à elle revient donc l'honneur du premier rang.
Ici les maisons ont des toits qui descendent sur: des balcons en saillie : on voit des grilles aux fené-. tres très basses, des encadrements colorés, des christs. et des madories peints sur les murs extérieurs. En:
ER VERS LA TERRE-SAINTE 383 mn
SEE) face de NOUS, nous avons les îles Borromées. au nombre de trois, ce sont l'Isola Madre, l'Isola Bella et l'Ile des Pêcheurs ; elles forment une espèce de corne
Sont abruptes, Perpendiculaires, quelquefois même ils surplombent leurs parois et montrent partout la trace de la mine : c'est-à-dire qu'ils n'ont livré pas-
Quintaux d’explosifs avant de faire à l'âpre flanc de
la montagne cette imperceptible raie souterraine, Avant 1905, on entrait en Suisse par le tunnel
du mont Saint-Gothard, depuis on peut passer par
384 VERS LA TERRE-SAINTE NS de plus en plus élevés: ils sont si hauts que leurs sommets sont chargés de neiges éternelles. Ça change le paysage, et la bise nous apporte dans. la plaine une température bien différente de celle de: la douce Italie.
Le lac Léman nous apparaît avec ses rives toutes animées : les élégants petits vapeurs courent d’un flot à l'autre, secouent en passant les barquettes des gais promeneurs et envoient aux jolis bambins jouant sur les grèves la vague grossie qui inonde leurs petits villages en miniature : les baigneurs fatigués flânent sur les sables: les amateurs tendent leurs lignes au fretin; les vieux se reposent à l’ombredes saules tandis que les jeunes font doucement la promenade en égrenant les marguerites, ou jasent d'amour, en causant d'avenir.
C'est ici l’endroit idéal pour les villégiatures, et les gens semblent s'amuser fort bien, dans ce milieu où le climat n’a guère de variations durant les mois de mai juin et juillet.
La Suisse à ses châlets particuliers dont la renommée court le monde: ils ont l'avantage d'un décor dont le pittoresque ne saurait être surpassé. Ils dominent des sites propres à satisfaire les gens avides de bon air et à contenter les chercheurs de grands horizons ; mais je dois dire que nos cottages d'Amérique ont plus d'élégance et, dans leurs toilettes si belles, ils mettraient ici le comble aux fantaisies des touristes. .
— VERS LA TERRE-SAINTE 385 nn en ou.
Nous logeons à l'hôtel Continental, près de la &are de Lausanne. Après le bon repas du soir, nous
» NOUS quitterons Lausanne, et, par Pontarlier-Dijon, nous rentrerons à Paris. Nous devions Passer quinze jours dans]la Ville-Lumière, mais ayant faitunséjour pPluslong Auenousl’avions prévu à Rome, il faut simplifier ici. Le 5 juin, nous Suivrons les
Boulogne, Londres et Liverpool où nous nous embarquerons pour le Canada le 11 juin.
Nous voulons bien Profiter du temps relative.
386 VERS LA TERRE-SAINTE ———— savourer le plaisir de retrouver ceux que nous avons quittés, il y a bien longtemps. En attendant, que les parents, les paroissiens et les amis ne nous ou- * blient pas, afin que la traversée soit heureuse.