LE LOUVRE
Le 1er juin, 1909.
En se rendant au Louvre, nous voulons jouir d'une belle promenade Sur les boulevards. Nous montons à pied l'allée dela Grande-Armée, et passons Sous le monumental Arc de l'Etoile, commencé par Napoléon et terminé sous Louis-Philippe. Douze avenues bordées des plus belles plantations rayonnent de cette place et s'étendent dans les plus beaux quartiers de la ville. Nous suivons les Champs- Elysées, nous allons à la place de la Concordeet nous arrivons en face d’un vaste Palais qui longe les bords de la Seine; c'est le Louvre, le plus important des édifices publics de Paris, au point de vue de l’architecture et à cause des précieuses collections qu'il renferme. Je n'en finirais Pas, si j'entreprenais de Vous nommer les différents musées qui sont installés ici; nous visitons seulement les salles de sculptures, de peintures et d'antiquités. Le scrupule serait de trop dans ces visites des musées romains et fran. Sais; car l'art prend la permission d’exhiber toutes choses dans l'état naturel, souvent au dépens de ja saine morale et toujours contre tout principe de pudeur et de modestie.
J'avais hâte d'arriver à la galerie des peintures
pour admirer la fameuse toile de l’Immaculée-Conception, de Murillo, d'abord parce que les Acadiens ont choisi ce beau sujet pour représenter la glorieuse Assomption de leur sainte patronne, et ensuite parce que je possède, dans mon église de Cocagne, un grand tableau, bonne copie de la Vierge du grand peintre espagnol. Murillo qui a exécuté le tableau du Louvre, en 1678, s'est évidemment inspiré du passage suivant de l’Apocalypse: «ll parut un grand prodige dans le ciel: une ferme revêtue du soleil, qui avait la lune sous les pieds, et sur la tête une couronne de douze étoiles.» La délicatesse du coloris, l'élégance de la Vierge, avecses beaux yeux vivants, avec ce groupe de petits chérubins qui la transportent au ciel sur des nuages, forment ce qu'il ya de plus merveilleux et de plus charmant. C'est la plus belle apothéose des gloires de la Bonne Vierge Marie ! :
Le musée des antiquités nous dit peu de choses. Ce serait montrer peu de connaissar. :s et beaucoup d'orgueil si je ne m'expliquais immédiatement : pour ceux à qui il est donné de ne visiter que le seul musée du Louvre, il y a de quoi étonner; mais pour nous qui voyageons depuis quatre mois, ayant parcouru les vieux pays, et les vieilles citées, nous pouvons nous vanter d'avoir vu avtant, et plus au Caire, à Rome, à Athènes et à Venise. Cela n’empêche pas de conserver au m .ée du Louvre son
importance Première et de le considérer comme le plus bean du monde.
Nos :0mmes sur Pieds depuis six longues heures ; il y a bien de quoi ôter le goût des choses les plus belles, n'est-ce Pas? Allons nous reposer; l'esprit et le corps en ont grandement besoin. Demain, nous
toutes les beautés que Célèbre de Paris.