‹ Vers la victoireChapitre 8 sur 17 · LE PRE;?TIG E DE LA VI CTO 1RE · texte numérisé non relu

LE PRE;?TIG E DE LA VI CTO 1RE

ajitres à l’hemre des comptes siiprômes, quand, kssés' pa-F l'a longueur et ratiocité de la lutte, nous serons tentés de mollir, de ne plus écouter la voix des morts qui nous crieront : Rappelez-vous ! Entre ceux-là et les vivants, il faut cfue rbarmonie survive à la durée des hostilités, et la seule façon d’y atteindre, cest de la vivifier, de rentretenir, non par des idées — car l’Idée n’est cfu’un substitut, inisuffîsant en la circonstance — mais par des images associées en commun !

U Unité de vision, c’est ce 'qu’il faut de tous nos^ efforts créer et maintenir parmi les âmes qui eurent cette fortune de se sentir rapprochées par l’imminence du danger. C’est dans ces- conditions seulement que l’effet survivra à la cause, et qu’un meilleur équilibre moral succédera à la grande crise dont fut agité tout le corps social. On comprendra alors cette' interversion logique et nécessaire des valeurs que certains habiles déjà, parmi les-intéressés au maintien du stadm quo, voudraient 's’efforcer de cacher, comme si rattitude du perdreau, dissimulant -sa tête dans le' sillon, avait jamais détourné le flair du chien une fois mis sur sa trace !

A suivre de près le cours des événements, à A'oir la façon dont ils se sont enchaînés et continuent de se lier entre eux, on ne peut écarter cette idée du rôle prépondérant tenu en de telles

circonstances par la psychologie collective. Combien Taine, s’il vivait encore, trouverait, dans la guerre actuelle, une confirmation de ses chères théories, et combien nous, ses disciples, qui, à certaines heures, avons pu douter de leur valeur, nous percevons aujourd’hui les fortes raisons qu’il avait d’y rester fidèle ! Un écrivain de mes amis, voyageant à l’étranger durant la période qui précéda cette guerre, me racontait le trait suivant * Un jour qu’il se trouvait assis, à table d’hôte, auprès d’un Allemand, celui-ci, qui avait lié conversation, lui demanda : « — Quelle est vôtre pro~ fession. Monsieur ? — Je suis homme de lettres. Et vous-même ? — Moi, fit l’alitre en se rengorgeant, ie suis espion. » Il avait prononcé ce mot du ton dont un de nos compatriotes aurait dit : ((Je suis sénateur ou membre de l’Institut. »

Quelle lumière, quelle triste et pourtant éclatante lumière une pareille réplique jette sur les événements actuels! Surtout si on la rapproche des instructions militaires données, voilà plus de cent ans, par leur maître et leur éducateur à tous, le Grand Frédéric, d’où l’on peut extraire le trait suivant :

— (( Si l’on ne .peut trouver aucun moyen dans le pays de l’ennemi pour avoir de ses nouvelles, il y a un autre expédient, quoique dur et cruel. On choisit un riche bourgeois, qui a des fonds de terre, et une

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