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LE SALUT DES FEUX

Des feux! des feux! feux fixes, feux intermittents ; prunelles démesurées dardant dans la nuit leurs flamboyants regards; phares tournants, de leurs gerbes balayant Thorizon. Flammes et flammes encore, rouges, vertes. Cest toute la symphonie des signaux, imitant les étoiles, les comètes, les bolides, les éclairs les torches !

Quelle féerie d'arriver ainsi de nuit et d'être salué par de la lumière ! Et cette lumière c'est de l'humanité. Que dans les ténèbres de l'Océan, loin de la terre, dans l'immense et morne soli-

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tude des flotS; un simple falot apparaisse: immédiatement cette lumière nous fait penser: un homme est là. A travers toutes les mers du globe, les lumières qui vacillent par la nuit, annoncent des hommes. Elles disent les unes aux autres : voici ton semblable ! Que de pensées dans ces tremblants fanaux !

Et voici la terre ! Rien ne l'indique aux regards, car c'est l'obscurité. Minuit rend semblables et confond dans le même noir le large et le rivage, la plage sablée aux pentes insensibles et la falaise abrupte aux menaçantes arêtes. Sans les hommes, maintenant nous ne verrions que de l'ombre, ombre redoutable où des dangers s'accumulent. Les hommes ont fait de la clarté. Cette clarté oriente et dirige les navires. Toutes ces lumières, c'est de la bonne volonté. Elles renseignent et saluent. Elles disent : voici le chemin, venez et soyez les bienvenus ! Elles annoncent les demeures et les tables de famille, les rues populeuses et les ruches

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